Né le 29 juillet 1900 à Lille (Nord), fusillé le 28 mars 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; cheminot ; résistant Organisation civile et militaire (OCM), Résistance-Fer.

Julien Quertigniez
Archives de Robert Chaussois propriété de Monsieur Aucoin.
Cliché communiqué par René Vandenkoornhuyse
Domicilié à Calais (Pas-de-Calais), marié, sans enfant, sous-chef de gare à la SNCF auprès de la direction allemande d’exploitation à la gare de Calais, Julien Quertigniez était membre du réseau Centurie depuis le juillet 1942. Il était sous les ordres de Jean Delvallée, inspecteur du mouvement à la SNCF et chef départemental de l’OCM. C’était à lui qu’il transmettait des informations sur les transports militaires, les batteries, les blockhaus et également les rampes de lancement des armes secrètes allemandes, les fameux V1 et V2. Arrêté pour « espionnage » et activité résistante dans le cadre de l’OCM, il fut trouvé porteur d’une demande de renseignements « sur les chantiers allemands de Watten, Setques et Pihem ». Il était également lié à Résistance-Fer.
Julien Quertigniez fut arrêté, le 28 décembre 1943, sur son lieu de travail à Calais. Soumis à un premier interrogatoire à la prison de Pont-Lottin de Calais, il fut transféré à Arras (Pas-de-Calais), pour être incarcéré à la prison Saint-Nicaise. Avec Julien Erhold, il passa sous l’autorité de l’Abwehr d’Arras, dit « ange gardien des V1 ». Inculpés pour espionnage, Julien Quertigniez, Julien Erhold et un autre résistant de l’OCM, Clovis Wallon, furent embarqués le 7 février 1944 en gare d’Arras pour rejoindre la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Tous les trois devaient comparaître devant le tribunal spécial du 65e corps d’armée allemand. Le procès eut lieu le jour même. Les trois hommes furent condamnés à la peine capitale, et le jugement confirmé le 13 février par le maréchal Rommel en personne. Mais le juge autorisa le dépôt d’un recours en grâce auprès du haut commandement de l’armée de terre à Berlin (Allemagne). Julien Quertigniez, Julien Erhold et Clovis Wallon se retrouvèrent alors dans une cellule commune à Fresnes, la 466, en attendant de connaître leur sort. Le 16 février, Clovis Wallon était emporté pour être fusillé. Julien Erhold vit sa peine commuée en travaux forcés et fut déporté, mais le recours en grâce déposé par Julien Quertigniez fut rejeté.
Le 28 mars 1944, Julien Quertigniez fut emmené discrètement au Mont-Valérien, et fusillé. Son corps fut ensuite inhumé secrètement au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), 40e division, 47e ligne, tombe 70. L’information ne sera connue qu’en 1946 par sa femme, quand son corps fut enfin identifié. Exhumé, Julien Quertigniez fut ramené à Calais en novembre 1947.
Une rue de la cité des Cheminots, au Pont-de-Leu, à Calais, aujourd’hui disparue, porta son nom.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 5 (Notes Thomas Pouty). – Fonds « Michel Rousseau » (La Coupole). – Laurent Thiery, La Répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256.

Claude Pennetier, Laurent Thiery

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