Né le 16 février 1917 à La Navas de Tolosa (Espagne), fusillé le 8 juin 1944 à la caserne du Colombier à Rennes (Ille-et-Vilaine) ; mineur ; dirigeant du groupe FTP-MOI de l’UNE (Union nacional española, Union nationale espagnole).

SOURCE : memoiresdeguerre.free
Sur la stèle des fusillés </br>de la caserne du Colombier
Sur la stèle des fusillés
de la caserne du Colombier
Square Pedro Flores Cano à Rennes
Square Pedro Flores Cano à Rennes
Dans la nécropole nationale</br> de Sainte-Anne-d'Auray
Dans la nécropole nationale
de Sainte-Anne-d’Auray
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Pedro Flores Cano, qui était le fils d’un forgeron, exerçait la profession de mineur dans les mines de plomb d’El Centenillo en Andalousie. Militant de l’UGT, il participa aux grèves de 1932 et de 1934. Le 19 septembre 1936, il s’engagea dans les forces républicaines au sein du bataillon Victoria. Le 6 février 1939, il franchit la frontière au Perthus (Pyrénées-Orientales). Après un long séjour au camp d’Argelès, il arriva à Rennes où les milieux espagnols l’appelaient « le lieutenant ». Habitant Rennes, après avoir obtenu le 5 novembre une carte d’identité de travailleur étranger, il travailla au camp d’aviation de Saint-Jacques-de-la-Lande.
Domicilié à Rennes 14 rue Alexandre Duval, Pedro Flores Cano a été arrêté fin mars 1944 en Ille-et-Vilaine lors d’une vaste opération de la Sipo-SD qui aboutit à l’arrestation de presque une centaine de républicains espagnols sur l’ensemble de la Bretagne. Ces arrestations furent consécutives à la trahison de deux membres du réseau. Pedro Flores Cano était membre de l’UNE, responsable depuis septembre 1943 des groupes armés espagnols pour les départements d’Ille-et-Vilaine, Mayenne et Sarthe. Le groupe de l’UNE, branche des FTP-MOI, lié organiquement au PCF espagnol clandestin, était placé sous ses ordres et ceux d’Antonio Barrios Ures, selon un rapport de Louis Pétri. Capitaine FTP, il dirigea les groupes armés du réseau « Deportistas » qui fut impliqué dans les attentats contre les cinémas de Rennes (Royal et Select), l’hôtel du Commerce et contre des transformateurs électriques à Nantes et à Rennes. Le groupe opéra également trois déraillements de trains. Neuf résistants espagnols furent impliqués dans cette affaire. Incarcéré à la prison Jacques-Cartier de Rennes, Pedro Flores Cano a été condamné à mort le 7 juin 1944 pour « actes de franc-tireur » par le tribunal militaire FK 748 de Rennes. Il a été fusillé le lendemain, 8 juin 1944, au Colombier à Rennes avec ses huit autres camarades (Leoncio Molina Cabre, Tomas Hernandez Diaz, Ramon Nieto Granero, Antonio Sebastian Molero, Lorenzo Montori Romeo, Dionisio Garcia Rubio, Teofilo Turcado Arenas et Antonio Barrios Ures).
Pedro Flores Cano, qui figure sur la liste des fusillés de la caserne du Colombier dressée par la Feldkommandantur de Rennes sous le nom de « Pedro Flores Carco », a été déclaré par erreur fusillé le 7 juin à 7 heures 21 du matin à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) par un jugement du tribunal civil de Rennes daté du 26 juillet 1944 et retranscrit en mairie de Rennes et de Saint-Jacques-de-la Lande. Ce jugement déclaratif de décès se fondait sur une information erronée adressée le 22 juillet 1944 au Procureur de la République de Rennes par le préfet délégué d’Ille-et-Vilaine. Pedro Flores Cano figurait sous le nom de « Pedro Garco » sur la première stèle des fusillés de la Maltière, nom qui ne figure plus sur la stèle inaugurée en décembre 2017.
Pedro Flores-Cano est inhumé dans la nécropole nationale de Sainte-Anne-d’Auray (Morbihan).
Il a obtenu la mention « Mort pour la France ».

En Ille-et-Vilaine à Rennes, le nom de Pedro Flores Cano est inscrit sur la stèle des fusillés de la caserne du Colombier et sur le monument de la Résistance érigé dans le cimetière de l’Est.
Pedro Florès Cano eut deux enfants d’une liaison avec une Française : Pedrito et Gabrielle, née alors qu’il était à la prison Jacques-Cartier. Ils habitent aujourd’hui dans le sud-ouest de la France. Grâce à l’aide de Gabrielle Garcia, la fille de Pedro Flores Cano a pu faire reconnaître sa filiation en s’appuyant sur des documents retrouvés aux archives par les amis rennais de la République espagnole. Chaque année, des membres de la famille de Pedro Flores Cano viennent à la cérémonie du 8 juin au Colombier.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Ille-et-Vilaine 1045W50. — DAVCC, Caen, Liste S1744 (Notes Thomas Pouty et Jean-Pierre Besse). — J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés. Répression et exécutions pendant l’Occupation (1940-1944), Éd. de l’Atelier, 2005. — Gabrielle Garcia, Isabelle Matas, La mémoire retrouvée des Républicains espagnols. Paroles d’exilés d’Ille-et-Vilaine, Rennes, Éd. Ouest-France, 2005. — Renée Thouanel (sous la dir.), La Maltière (1940-1944), Saint-Jacques-de-la-Lande, 2012. — Notes et photographies de Jean-Pierre et Jocelyne Husson. — État civil (transcription du jugement déclaratif de décès du tribunal civil de Rennes).

Alain Prigent, Renée Thouanel, Serge Tilly

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