Né le 30 mars 1924 à Quessy-Cité — auj. comm. de Tergnier (Aisne), fusillé le 19 avril 1944 à Laon (Aisne) ; employé à la SNCF ; résistant FTP (détachement Wodli, groupe « Guy Môquet »).

André Soveaux était ouvrier (ferreur) au service du matériel aux ateliers « voitures et wagons », au dépôt de Tergnier.
Le 8 avril 1944, après 20 heures, deux résistants se présentèrent à la porte d’entrée de la prison de Laon. Sous la menace d’armes, ils tentèrent de libérer des camarades des Francs-tireurs et partisans (FTP) : Pierre Payen, André Barisi, Edmond Courtois, Robert Comet, Henri Lempernesse, tous employés à la SNCF dans le secteur de Tergnier ; le sixième était Maurice Blanche (dit Régnier), membre d’un groupe de Résistance en Haute-Savoie avant d’être interpellé pour une attaque à main armée d’un bureau de tabac à Brunehamel (Aisne). Tous ces résistants (ainsi que ceux qui restèrent à l’extérieur) appartenaient au détachement FTP Wodli (groupe « Guy Môquet », secteur de Tergnier), sauf Maurice Blanche.
L’opération fut un échec, et les deux individus furent rapidement capturés. Il s’agissait d’Henri Béguin, ajusteur à la SNCF, habitant Tergnier, chef du groupe, et de René Gobeaut, de Quessy-Centre, manœuvre à la SNCF.
Deux autres individus à l’extérieur de la prison s’enfuirent, mais furent interpellés rue Saint-Martin, pris entre deux feux : des policiers français et des soldats allemands en faction. Il s’agissait de Pierre Fauquet et d’André Soveaux, tous deux employés à la SNCF et demeurant à Quessy-Cité. Il n’y eut pas effusion de sang.
Le 19 avril 1944, à 11 heures, les quatre prévenus comparurent devant une cour martiale itinérante, installée dans la prison de Laon et présidée par Jocelyn Maret, sous-directeur de l’administration pénitentiaire, l’un de ses assesseurs étant le milicien Dexhemer. Elle prononça l’exécution immédiate d’André Soveaux, et la mise à disposition des trois autres au procureur de l’État français. Ils furent transférés à la prison de la Santé, à Paris (XIVe arr.), le 27 avril et y restèrent jusqu’à la libération de la ville.
Compromis par des documents saisis par la police, le procureur de Laon, Paul Amor, fut lui-même interné à Laon puis à la caserne des Tourelles, à Paris (XXe arr.), d’où il s’évada en août.
Après avoir rédigé une dernière lettre, André Soveaux fut exécuté, à 11 h. 50, dans une cour derrière la prison par des membres du Groupe mobile de réserve (GMR) Vermandois. D’après Pierre Fauquet, il semblerait qu’il n’ait reçu que deux balles, et qu’il ait été tué par le coup de grâce du lieutenant commandant le peloton d’exécution.
D’abord enterré dans le cimetière Saint-Just à Laon, le corps d’André Soveaux fut inhumé à Tergnier le 28 avril 1946. Une école maternelle de Quessy porte aujourd’hui son nom, ainsi que plusieurs voies publiques du département (notamment à Laon). Une plaque commémorative a été apposée sur le mur de l’ancienne prison de Laon, rue de la Congrégation. Son nom figure également sur le monument aux morts de Quessy, sur deux plaques commémoratives à Tergnier, à la gare et aux ateliers.
« Fusillé par les Allemands », André Soveaux fut reconnu « mort pour la France » à titre militaire (AC 21 P 156338). Il fut homologué FFI et DIR (GR 16 P 555152) en 1952.
Sources

SOURCES : SHD, dossiers adm. résistants. Arch. dép. Aisne, 11 276. — Plaque commémorative de la rue de la Congrégation (Laon). — Christian Carlier, « Paul Amor et l’affaire de la prison de Laon (8 avril 1944) », Criminocorpus, Justice et détention politique, Répressions politiques en situation de guerre, mis en ligne le 24 mai 2012, consulté le 26 décembre 2015. — Sites Internet : Mémoire des hommes ; Mémorial GenWeb.

Iconographie
ICONOGRAPHIE. Memorial GenWeb

Frédéric Stévenot

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