Né le 25 octobre 1885 à Saint-Jean-le-Blanc (Loiret), fusillé comme otage le 30 avril 1942 à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) ; journalier.

Léon Régnier était le fils d’Angéline Louise Régnier, journalière, alors âgée de 19 ans, domiciliée à Marcilly-en-Vilette (Loiret) et de père inconnu. Il fut confié à l’Assistance publique.
Engagé volontaire en 1904, il servit en Afrique du Nord jusqu’en 1908 dans le 1er régiment de zouaves et le 5e régiment d’infanterie coloniale. En 1912, il résidait à Santiago du Chili.
Il servit dans l’infanterie durant la Grande Guerre, fut blessé à deux reprises, intoxiqué par le gaz le 28 juillet 1918, et atteint par un éclat de grenade le 20 octobre 1918. Il fut cité à l’ordre du régiment le 5 octobre 1918 au motif suivant :"Soldat très courageux. Très belle attitude au feu pendant les combats du 30 mars 1918." Il fut décoré de la Croix de Guerre (étoile de bronze) et de la Médaille coloniale.
Il vécut à Lyon de 1919 à 1931. Il exerça les professions de terrassier et de manœuvre dans une usine à gaz, puis devint journalier, vraisemblablement dans le Loiret.
Il fut arrêté et détenu comme otage, en représailles à l’attentat de Moult-Argences (Calvados).
Le 16 avril 1942, vers 3 h 40, le train Cherbourg-Mantes-la-Jolie dérailla à 2,5 kilomètres de la gare de Moult-Argences. Le bilan s’établit à vingt-huit morts et dix-neuf blessés, des marins de la Kriegsmarine revenant de permission. Un nouveau déraillement fut organisé dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1942, malgré la présence d’otages dans le wagon de tête : dix soldats allemands moururent et vingt-deux autres furent blessés, mais aucun Français.
Ne pouvant arrêter les saboteurs (appartenant aux Francs-tireurs et partisans [FTP]), les autorités allemandes arrêtèrent de nombreux otages, réputés Juifs selon les directives officielles, ou connus comme communistes. Beaucoup furent fusillés, d’autres déportés.
Un peloton d’exécution allemand fusilla Léon Regnier le 30 avril 1942 à Saint-Jean-de-la-Ruelle.
Son nom y est inscrit sur le monument commémoratif.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). — MémorialGenWeb. — Acte de naissance, registre matricule militaire (Arch. dép. du Loiret en ligne).

Frédéric Stévenot, Dominique Tantin

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