Né le 2 novembre 1917 à Melay (Haute-Marne), fusillé après condamnation à mort le 4 juillet 1944 à L’Épine (Marne) ; agent SNCF ; résistant , FTPF.

Albert Renaud
Albert Renaud
SOURCE :Le Journal de la Haute-Marne.
Butte des fusillés à L'Épine
Butte des fusillés à L’Épine
Sur la plaque commémorative</br>de la Butte des fusillés à L'Épine
Sur la plaque commémorative
de la Butte des fusillés à L’Épine
Dans la nécropole nationale </br>de Châlons-en-Champagne
Dans la nécropole nationale
de Châlons-en-Champagne
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Albert Renaud était le fils d’Ernest Marie Renaud, manouvrier, et de Marie Augustine Théveny, sans profession. Célibataire, il était domicilié à Melay (Haute-Marne) et exerçait la profession d’employé des chemins de fer.

En juillet 1943, par l’intermédiaire d’André Henriot, ébéniste à Neuvelle-lès-Voisey (Haute-Marne) et responsable du groupe local du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France , il s’engagea avec ses frères Gaston Renaud, Lucien Renaud, et avec Raymond Liégey dans un petit groupe de Francs-tireurs et partisans français (FTPF), désigné dans les documents d’archives sous les noms de « Rostov ». Ce groupe comptait aussi quatre Russes, prisonniers de guerre évadés des mines de Lorraine selon le témoignage de plusieurs résistants haut-marnais, déserteurs de l’armée allemande selon le rapport établi par les Renseignements généraux de Chaumont après enquête menée en mai 1953. Ces Russes avaient été pris en charge par des résistants du secteur de Voisey, et Raymond Liégey en avait hébergé un, connu sous le nom de « lieutenant Michel », pendant quelque temps à Melay.

Le 17 janvier 1944, Albert Renaud fut arrêté par des gendarmes de la brigade de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne). Il était recherché pour des faits commis avec ses frères et Raymond Liégey, qui furent eux aussi arrêtés. Tous les quatre furent incarcérés après avoir été inculpés d’abattage clandestin d’un bovin sur propriété d’autrui à Chauvirey-le-Châtel (Haute-Saône), d’attaques à main armée à Neuvelle-lès-Voisey et à Fresnes-sur-Apance (Haute-Marne) et de divers vols.
Peu de temps après, le groupe de résistants du secteur de Voisey fut infiltré par Gaston Renaudin, dit Totor, qui se présentait comme un résistant de Haute-Saône cherchant refuge auprès de camarades de Haute-Marne, et par Gabriel Szymkowiak, dit Bacchus, qui se faisait passer pour un responsable des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Chaumont. Sous prétexte d’organiser l’armement du groupe, Gaston Renaudin et Gabriel Szymkowiak établirent la liste de ses membres et de ceux qui, dans le secteur, avaient des armes, puis transmirent les informations à la police allemande. Début avril 1944, cette dernière procéda à seize arrestations, qui aboutirent à cinq emprisonnements en France (dont un décès en prison) et à sept déportations (dont trois décès en déportation). Elle se fit aussi livrer Raymond Liégey et les frères Renaud, qui étaient emprisonnés à Chaumont.

Le 4 juillet 1944, le tribunal de la Feldkommandantur 769 de Chaumont condamna à mort les trois frères Renaud et Raymond Liégey. La sentence fut commuée en déportation pour Lucien Renaud, père de famille nombreuse (déporté à à Neuengamme, mort en déportation).
Albert Renaud, son frère Gaston Renaud et Raymond Liégey furent fusillés le jour même sur le terrain de La Folie à L’Épine, près de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne).
Inhumés après l’exécution dans le cimetière de l’Est de Châlons-sur-Marne, les corps des deux frères Renaud ont été exhumés et ré-inhumés dans la nécropole nationale de Châlons qui jouxte le cimetière de l’Est .

Le tribunal civil de première instance de Châlons-sur-Marne a rendu le 17 novembre 1944 un jugement déclaratif de décès transcrit à l’état civil de cette ville le 27 novembre 1944 sous le numéro 731, et à l’état civil de Melay le 19 décembre 1944 sous le numéro 14, qui déclare qu’Albert Renaud « est décédé à Châlons-sur-Marne le 4 juillet 1944 à dix-sept heures ».

Selon un rapport des renseignements généraux adressé au préfet de la Haute-Marne le 22 mai 1953, le maire et le conseil municipal de Melay considéraient les frères Renaud et Raymond Liégey, qui « affichaient des opinions communistes », comme « des gangsters et des terroristes », et avaient menacé de démissionner si leurs noms étaient inscrits sur le monument aux morts communal.

En 2014, à la suite d’un travail de réhabilitation mené par le comité du Souvenir français de Bourbonne-les-Bains, Albert Renaud a été reconnu « Mort pour la France » et son nom a été ajouté sur le monument aux morts de Melay.
Gaston Renaudin a été abattu par des résistants bourguignons le 23 juillet 1944. Gabriel Szymkowiak a été condamné à mort par la Cour de Justice de la Côte-d’Or et a été exécuté dans la cour de la prison de Dijon le 9 septembre 1946.
Dans la Marne, les noms des frères Albert et Gaston Renaud sont inscrits sur la plaque commémorative de la Butte des fusillés à L’Épine, érigée sur les lieux de l’exécution.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen. – Arch. Dép. Marne, M 7463, exécutions par les Allemands 1941-1944. – Le Journal de la Haute-Marne, 13 novembre 2013. – Pierre Gillet, Châlons sous la botte. Souvenirs de la Résistance à Châlons-sur-Marne et dans l’arrondissement (1940-1945), Cahiers châlonnais, n° 3, Châlons-sur-Marne, 1983, réédité en 1998. – La Résistance en Haute-Marne Marne, cd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2004. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – Mémorial Genweb. – État civil, Melay (acte de naissance) ; Châlons-en-Champagne et Melay (transcription du jugement déclaratif de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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