Né le 23 avril 1912 à Brest (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier à l’Arsenal de Brest ; syndicaliste CGT ; militant communiste ; résistant au sein des FTPF et de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste.

Mémorial des Finistériens, Fort Montbarey (Brest) . Communiqué par Gildas Priol.
Fils d’un quartier-maître charpentier de la Marine nationale et d’une ménagère, Jean Quintric se maria à Lambézellec (Finistère) avec Fernanda Tamborini le 20 avril 1940. Ils avaient un enfant, Jackie, né le 5 février 1938.
Ouvrier à l’Arsenal de Brest, il militait déjà à la CGT lorsqu’il adhéra au Parti communiste, en 1937. Mobilisé en 1939, il fut démobilisé après l’armistice du 22 juin 1940, et réintégra l’Arsenal. Il y reprit immédiatement contact avec l’organisation communiste clandestine et intégra l’OS dès sa création. Il diffusa les journaux et les tracts clandestins du PCF, puis du Front national. Il collecta aussi pour le compte du Secours populaire, clandestin depuis 1939.
Jean Quintric participa à l’organisation et au déroulement de grèves à l’Arsenal en octobre et en décembre 1941, mises en place notamment pour protester contre les exécutions de Châteaubriant puis de celles du groupe Élie. En mars 1942, il prit part aux sabotages des sous-stations électriques de l’Arsenal, organisés par les groupes de l’OS. Le 14 juillet 1942, il participa aux sabotages organisés autour et à l’intérieur de la ville pour marquer la fête nationale, dont la célébration avait été interdite par les occupants avec l’accord du gouvernement Pétain, et plus particulièrement au sabotage des pompes hydrauliques de la station de pompage de l’Arsenal.
Le 1er octobre 1942, Jean Quintric fut arrêté à Brest par des policiers français, et torturé. Accusé de vol d’essence et de gasoil de la marine allemande, il fut condamné par le tribunal de la Kriegsmarine de Wimille (Pas-de-Calais) le 30 décembre 1942 à trois ans de prison.
Mais les autorités allemandes n’acceptèrent pas cette sentence. Il fut transféré à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 28 janvier 1943, puis à Fresnes (Seine, Val-de-Marne) le 28 juillet suivant, et rejugé le 28 août 1943 par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), et condamné à mort pour sabotages et actes de franc-tireur.
Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que dix-huit autres résistants communistes brestois. Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne)
La mention « Mort pour la France » lui fut attribuée par le secrétaire général aux Anciens Combattants en date du 28 janvier 1946. À titre posthume, on lui attribua la Médaille militaire, la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance, par décret en date du 11 juillet 1958 publié au Journal officiel du 16 juillet 1958.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (le dossier le dit par erreur déporté). – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992. – Site Internet Mémoire des Hommes.

Gilles Pichavant

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