Né le 21 novembre 1882 à Frouard (Meurthe-et-Moselle), fusillé par les Allemands le 17 mai 1943 après condamnation à mort, au champ de tir d’Égriselles, commune de Venoy (Yonne) ; ouvrier métallurgiste à Sens.

Fils d’Alfred Charot, manœuvre et d’Élise Servais, sans profession, Désiré Charot était le plus âgé d’une famille de dix-sept enfants dont le plus jeune, Gabriel, fut le fondateur, à Sens, en 1932, d’une entreprise de serrurerie-ferronnerie qui devint une entreprise spécialisée dans la production de citernes et de ballons d’eau chaude, employant près de 200 personnes et dirigée par le petit-fils du fondateur. Ouvrier métallurgiste, Désiré Charot fut longtemps moniteur à la société de gymnastique « La Jeunesse sénonaise ». Il était marié et père de deux enfants.
Désiré Charot fut arrêté à Sens le 23 avril 1943 par la police française, suite à une perquisition de son domicile consécutive à une dénonciation. Dans deux caves clandestines bien dissimulées, les policiers trouvèrent une moto, deux baïonnettes, sept fusils, un pistolet, une caissette d’obus de 370 et un casque allemand, ainsi qu’un branchement électrique clandestin. Il fut arrêté et écroué à la prison de Sens. La Feldgendarmerie de Sens en fut informée. Par la police française ? Par le sous-préfet Leuret, agent très zélé de la collaboration ? Celui-ci s’en défendit lors de son procès devant la cour de justice de la Seine.
Désiré Charot fut transféré à la prison d’Auxerre. La détention d’armes et de munitions suffit à le faire considérer comme résistant et la présence d’un casque allemand dut aggraver son cas. Il fut rapidement traduit devant le tribunal FK 745 d’Auxerre, condamné à mort et fusillé au champ de tir d’Égriselles le 17 mai 1943.
Désiré Charot fut déclaré « Mort pour la France » et des funérailles officielles furent organisées à Sens le 18 novembre 1944 pour lui, et simultanément pour deux autres Sénonais, résistants communistes fusillés comme otages en avril 1942, Émilien Jacquin et René Louis.
Son nom figure, parmi ceux des « 28 camarades de l’Union locale CGT, morts victimes de la guerre et du nazisme au cours de la guerre 1939-1945 », sur une plaque apposée à l’ancienne Bourse du Travail de Sens et déplacée lors de la destruction du bâtiment. Son nom est gravé sur la stèle des fusillés d’Égriselles et sur le monument des déportés et des internés fusillés de l’Yonne à Auxerre.
Sources

SOURCES : Arch. Nat., Z6/166 dossier 2252 bis, dossier d’instruction du procès de S. Leuret. – La Tribune de l’Yonne, 24 avril 1943. – Le Sénonais libéré, 15 novembre 1944.

Joël Drogland

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