Né le 22 août 1925 à Chey (Deux-Sèvres), exécuté sommairement ou mort en action le 27 juin 1944 à Vaugeton, commune de Celle-L’Evescault (Vienne) ; plâtrier ; résistant, membre des FTPF.

Jean Hoët était le fils de François Hoët et de Clémence Allard. Sa mère née aux Forges (Deux-Sèvres) en 1899 y avait vécu avec sa famille dans les années 1900, avant que celle-ci ne s’installe à Chey. Au recensement de 1926, la famille Allard résidait au lieu-dit Le Carrefour, commune de Chey. Aimé Allard y était cultivateur et y vivait avec sa femme Florence et huit enfants. Les deux filles aînées Alphonsine et Clémence n’y étaient plus domiciliées, mais il est vraisemblable que Jean Hoët est né chez ses grands-parents en 1925. Au début des années 40 Jean Hoët, célibataire, résidait avec ses parents 68, rue Émile Zola à Mantes-Gassicourt (Seine-et-Oise, aujourd’hui Mantes-la-Jolie, Yvelines). Il y exerçait la profession de plâtrier. Pour des raisons à préciser, peut-être le refus du STO (le 20 avril 1944, une ordonnance contraignit tous les jeunes gens nés en 1925 à se faire recenser dans la perspective d’une réquisition), Jean Hoët quitta la région parisienne et vint sans doute se réfugier auprès de sa famille maternelle dans le secteur de Chey. Il s’engagea dans la Résistance rejoignant un maquis FTPF dans la forêt de Saint-Sauvant, à quelques kilomètres de Chey mais de l’autre côté de la limite départementale Deux-Sèvres - Vienne.
Le 12 juin 1944, des maquis FTPF de la région avaient libéré le camp d’internement de Rouillé (Vienne) qui enfermait essentiellement des communistes, républicains espagnols et « étrangers indésirables ». Une partie des détenus libérés (dont un groupe de Républicains espagnols) format sous la direction de Marcel Papineau un maquis dont l’effectif augmenta très rapidement avec l’arrivée de nouveaux résistants comme le gendarme Paul Fergeault, et des réfractaires du STO. Après avoir dû quitter un premier cantonnement dans le bois des Cartes près de Rouillé, le maquis s’était établi le 14 juin 1944 en forêt de Saint Sauvant.
Le 27 juin 1944, une colonne de répression motorisée de plus de 1500 hommes de la SS et de la Wehrmacht, renforcée par des miliciens français, encercla le maquis de Saint-Sauvant. Au cours d’un dur combat, cinq maquisards furent tués ainsi que le chef du maquis Marcel Papineau (dont le corps fut retrouvé le lendemain à quelque distance), les autres au nombre de 25 durent se rendre. Capturés et maltraités, ils furent exécutés sommairement en fin d’après-midi au lieu-dit Vaugeton, commune de Celle-L’Evescault (Vienne). Jean Hoët fit partie des cinq résistants tués lors du combat ou exécutés sommairement lors du ratissage systématique de la forêt effectué par les miliciens et les soldats allemands accompagnés de chiens.
Il obtint la mention mort pour la France le 8 janvier 1945 et le statut interné résistant (DIR). Son nom est inscrit sur la stèle de la Résistance à Mantes-la-Jolie, square de la Résistance, place de la gare et dédiée : « Aux combattants de la Résistance, à ceux qui sont tombés pour notre liberté ». Son nom est également inscrit sur la stèle commémorative de Vaugeton. Une rue porte son nom à Mantes-la-Jolie.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Deux-Sèvres (état civil, recensements) — SHD Vincennes GR 16 P 294702 (à consulter) ; SHD AVCC Caen Cote AC 21 P 53855 — Témoignage André LombardTémoignage Camille Lombard — site internet VRID (Vienne Résistance Internement Déportation) — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — État civil.

Michel Thébault

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