Né le 27 novembre 1899 à Saint-Pierre-les-Bois (Cher), exécuté sommairement le 9 juin 1944 au lieu-dit Sagne-Forêt, commune de Thauron (Creuse) ; chauffeur à Saint-Amand-Montrond (Cher) ; résistant FFI.

Il était le fils de Jean Rolland, épicier à Saint-Pierre-les-Bois, et d’Amélie Thomas, ménagère, Louis Rolland accomplit son service militaire à partir du 24 octobre 1920, d’abord en Tunisie dans le 8ème régiment de tirailleurs puis de mai 1921 à août 1921 au Levant dans le 36ème régiment de tirailleurs. Démobilisé en novembre 1921, il s’installa à Saint-Pierre-des-Bois où il exerça la profession de scieur à la machine. Il résida après 1937 à Saint-Amand-Montrond , Petite rue Grenouillère, où il exerça la profession de chauffeur. Il s’était marié le 28 avril 1934 à Saint-Pierre-Les-Bois avec Joséphine Clotilde Jaillet et était père d’une fille, Françoise, née en juillet 1942.
Il s’engagea le 6 juin 1944 dans la Résistance au sein des FFI. Il participa le 7 juin 1944 à la prise de Saint-Amand-Montrond par les FFI. Dans la nuit du 7 au 8 juin, environ trois cents maquisards du Cher se replièrent de Saint Amand-Montrond mise à feu et à sang par les soldats allemands et les miliciens, sur Guéret (Creuse). Ils suivirent le 9 juin 1944 en début de matinée (lors de la contre-offensive allemande contre la ville) le repli des résistants creusois vers le sud, leur point de repli se situant à Bosmoreau-les-Mines (Creuse). En tout début d’après-midi, sur la route de Guéret, au lieu-dit Combeauvert (à la limite des communes de Thauron et de Janaillat, Creuse), les troupes SS de la division Das Reich qui remontaient vers le nord pour boucler l’encerclement de Guéret, se trouvèrent face à plusieurs convois de résistants, en particulier plusieurs camions, dont le premier, conduit par deux FFI du Cher, Louis Rolland et Louis Bitaud, transportait les militaires allemands faits prisonniers le 7 juin à Guéret. Il était suivi d’un véhicule armé transportant des FTP en repli. Après un bref mais violent combat qui dura une vingtaine de minutes et qui fit plusieurs morts, les blessés et prisonniers furent rassemblés au carrefour de Combeauvert contre un talus et exécutés sommairement.
Selon l’historien Marc Parrotin qui mena une enquête de terrain dans les années qui précédèrent la parution de son ouvrage "Le temps du maquis" (op. cit.) en 1984, enquête auprès des témoins et survivants, et qui recueillit à cette occasion le témoignage de Maurice Rebillon des FFI du Cher, les deux FFI du Cher, Louis Bitaud et Louis Rolland, furent fusillés un peu plus loin sur la commune de Thauron au lieu-dit Sagneforêt. Ce témoignage n’est pas confirmé par les actes d’État civil des deux communes de Thauron et Janaillat. En effet l’acte de décès de Louis Bitaud est enregistré sur la commune de Janaillat et celui de Louis Rolland avec à l’époque celle d’un maquisard non identifié, sur la commune de Thauron (un jugement du tribunal de Bourganeuf du 10 octobre 1945 l’identifia comme étant Adrien Hippolyte Marcel Moinet). Or le lieu de décès et l’identité de ces deux derniers sont certains. En effet leurs corps furent recueillis le soir même, malgré la menace des troupes allemandes toujours présentes sur l’axe routier, par des agriculteurs du hameau voisin de Fontaneix et en particulier par M. Giraud propriétaire du champ où ils avaient été exécutés, qui les transporta chez lui dans un tombereau leur fabricant un cercueil et relevant tous les éléments disponibles pour une future identification. Après avoir gardé presque deux jours les corps dans sa grange malgré les risques encourus, il conduisit les dépouilles des deux maquisards au bourg de Thauron au soir du 11 juin (l’acte de décès est daté du 11 juin à 17 h.) après vraisemblablement le repli vers Limoges des dernières unités de la division Das Reich. Les corps furent enterrés dans le cimetière municipal. Après la Libération, le corps de Louis Rolland fut transféré dans son département d’origine, le Cher.
Son nom figure sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret et sur celui de Janaillat.
Louis Rolland a reçu la mention « Mort pour la France », son nom est gravé sur le monument aux morts de Saint-Amand-Montrond.
Sources

SOURCES : Arch. Dep. Cher (registre matricule) — Mairie de Thauron — Témoignage Mme. Alice Giraud-Vacheron — René Castille Préparation et réalisation de la première libération de Guéret in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Ed. Le Puy Fraud 2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 . — [La Résistance dans le Cher] Édité par l’association des Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation de Bourges et du Cher, MRN et CDDP du Cher, p.177. — Musée de la résistance nationale, fichiers de l’Association des familles de fusillés. — Notes Claude Pennetier . — Sites internet. — État civil et état civil en ligne cote FRAD018_3E5681, vue148.

Michel Thébault

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