Né le 24 janvier 1918 à Athènes (Grèce), de nationalité grecque, fusillé le 21 juillet 1944 au fort de la Duchère (Lyon, Rhône) ; étudiant en droit ; résistant FTP à Lyon.

Fils de Danielo Danielidis et Paraskevi Mitakidou, Dimitri Danielidis était de nationalité grecque.
A partir de novembre 1939, il fit ses études en France. Il demeura à Paris et Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne). Il suivit des cours à l’École nationale vétérinaire d’Alfort (Maisons-Alfort). L’école ayant fermé ses portes en mai 1940, il s’inscrivit à la Faculté de droit de Paris. Il résida à Paris jusqu’à la fin mars 1941, date à laquelle il franchit la ligne de démarcation afin de rejoindre la Grèce. Il arriva à Lyon (Rhône) le 5 avril 1941. Après l’invasion de son pays par l’Allemagne, le 6 avril 1941, il décida de rester dans cette ville. Il logea à l’Hôtel Columbia, 8 place Aristide Briand (IIIe arr.) puis au 60 rue d’Anvers (VIIe arr.). Le 4 juin 1941, il tenta de revenir à Paris. Arrivé à Chalons-sur-Saône (Saône-et-Loire), il hésita à passer en zone occupée illégalement et rebroussa chemin. Revenu à Lyon, il résida au 10 rue de Marseille (VIIe arr.). Il s’inscrivit à la Faculté de droit de Lyon. En décembre 1942, il logeait à l’Hôtel Liberty, 3 rue Jean Larrivé (IIIe arr.). Le 15 décembre 1942, Dimitri Danielidis partit à Uchizy (Saône-et-Loire) pour se ravitailler. A son retour, le soir même, il fut repéré par un policier français. Trouvé en possession de 24 kilos de haricots secs et d’une carte d’identité périmée, il fut arrêté le 16 décembre. Lors de son interrogatoire, il déclara : « Je suis à Lyon où je fais mes études de droit. Mes frais sont payés par des connaissances se trouvant en Tunisie. Actuellement je ne reçois pas d’argent, et suis en train de faire des démarches auprès de mon consulat ». « Hier au matin, j’ai pris le train de 6 heures [...]. J’ai visité [...] différentes fermes. J’ai amassé par petites quantités les haricots que vous avez trouvés en ma possession [...]. Je savais que ces achats étaient interdits de même que le transport en était interdit, c’est la faim qui m’a amené à ce trafic. Je reconnais que j’étais en infraction. […] Je les destinais à ma consommation personnelle, car je voulais vivre en dehors de l’hôtel, et faire ma cuisine ». Après saisie de la marchandise, Dimitri Danielidis fut remis en liberté. Il résida au 39 avenue Berthelot (VIIe arr.) en 1943 puis au 40 rue de Marseille (VIIe arr.) en 1944. A cette date, il était toujours étudiant en droit.
Dimitri Danielidis était résistant dans les Francs-tireurs et Partisans (FTP) à Lyon. Le 21 février 1944, il blessa de trois balles un milicien qu’il trouva à la sortie de son domicile. Le milicien riposta et l’atteignit au cœur. Encore vivant, Dimitri Danielidis fut arrêté. Le procureur de la République ouvrit contre lui une information judiciaire pour homicide volontaire. René Cussonac, l’intendant de police de Lyon, se saisit de l’affaire afin que Dianielidis soit déféré à la cour martiale.
Le 7 juillet, il fut incarcéré à la prison Saint-Paul (Lyon). Le 21 juillet 1944, Dimitri Danielidis, rétabli de sa blessure, Henri Ferras et Gérard Claude furent condamnés à mort par la cour martiale du secrétariat au Maintien de l’ordre, siégeant à la prison Saint-Paul. Le jour même, à 17h35, des Français les fusillèrent dans les fossés du fort de la Duchère (Lyon, IXe arr.).
Le corps de Dimitri Danielidis est inhumé à la Nécropole nationale de la Doua (Villeurbanne, Rhône), rang A 8, tombe 46.
Lyon, fort de la Duchère (19 février - 4 août 1944)
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3678W21, 31J159, 829W195. – Virginie Sansico, La justice du pire, les cours martiales sous Vichy, 2002. – Mémorial GenWeb.

Jean-Sébastien Chorin

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