Né le 9 juin 1901 au Pontet (Savoie), exécuté le 14 juillet 1944 à Cadenet (Vaucluse) ; employé municipal ; résistant.

Fils de Charles Coeurdacier et de Marie Dubois, marié à Isabelle Gros, d’abord travaillant comme cultivateur à Cavaillon entre 1921 et 1924, Charles Coeurdacier fut embauché par la mairie de Gordes (Vaucluse) dont il devint le fourrier. Participant au combat clandestin, il fournissait de fausses cartes aux réfractaires et aux résistants et servait aussi d’agent de liaison. Arrêté le 1er juillet 1944 par les hommes de la 8e compagnie Brandebourg, Il fut conduit à leur siège, l’hôtel Splendid de Cavaillon (Vaucluse), qui leur servait aussi de prison et de lieu d’interrogatoires, souvent accompagnés de sévices. Il y fut torturé. D’après le maire de Gordes, le 4 octobre 1945, il aurait été contraint d’accompagner ses tortionnaires et aurait été présent lors de l’arrestation du père et du fils Mino* le 6 juillet. Le 14 juillet 1944, il fit partie des huit prisonniers extraits de l’hôtel Splendid qui furent embarqués par les groupes Heinrich et Sohn partant en expédition contre le maquis de Lourmarin (Vaucluse). Ils furent fusillés, sur la route, au quartier des Cougneaux, deux par deux, non loin du village de Cadenet où furent arrêtés, au petit matin, d’autres résistants. Il était père d’un garçon et d’une fille. Son fils fit partie du peloton d’exécution de la dénonciatrice des maquis de Saint-Saturnin-les-Apt, le 14 septembre 1944, à Gordes.
Le titre de « Mort pour la France » lui fut attribué, ainsi que celui d’interné résistant, le 1er décembre 1964. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Une stèle rappelle sa mémoire au carré militaire du cimetière de Gordes. Un monument à la mémoire des fusillés de Cadenet fut inauguré non loin des lieux du drame, le 14 juillet 1945.
Voir Site d’exécution de Cadenet (Vaucluse)
Sources

SOURCES : Arch. dép. Gard, 3 U 7 252 (cour de justice de Nîmes, dossier Paolino). ⎯ Arch. dép. Vaucluse 1107 W 7. ⎯ Site internet Mémoire des Hommes.— Claude Arnoux, Maquis Ventoux, quelques pages de la Résistance en Vaucluse, Avignon, Les Presses Universelles, 1974.— Association des amis du Musée de la Résistance et de la Déportation, La mémoire gravée. Monuments, stèles et plaques commémoratifs de la Seconde Guerre mondiale dans le département de Vaucluse, Fontaine-de-Vaucluse, Musée d’Histoire, 2002.— Madeleine Baudoin, Témoins de la Résistance en R2, intérêt du témoignage en histoire contemporaine, Aix-en-Provence, thèse d’Histoire, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1977.— Jean Boyer (Dr), Aux portes de l’ombre, Valbonne, Éd. « L’Etoile du sud », 2003.— Louis Coste (dir.), La Résistance du pays d’Apt, de la Durance au Ventoux. Historique, Apt, 1974, rééd. 1982.— Gérard Lebouchet, Gordes, le temps des artistes, Forcalquier, C’est-à-dire éditions, 2015.— Jean-Paul Jouval, Mémorial des victimes des communes du canton d’Apt. Seconde Guerre mondiale, Indochine, Algérie, Apt, Le Souvenir français, 2017, p. 68-69.—Vaucluse 44, l’année de la liberté retrouvée. Aspects de la Résistance et de la Libération, Avignon, ONAC-Mission du 60e anniversaire des Débarquements et de la Libération de la France-Département du Vaucluse, 2004.— Guillaume Vieira, La répression de la Résistance par les Allemands à Marseille et dans sa région (1942-1944), Aix-en-Provence, thèse d’histoire, Université d’Aix-Marseille, 2013.

Jean-Marie Guillon

Version imprimable