Né en février 1909 à Châteaudun du Rhumel (département de Constantine, Algérie), , fusillé le 31 juillet 1944 à Dijon (Côte-d’Or) ; prisonnier de guerre évadé ayant rejoint un maquis de l’Yonne.

Amed Yahia (les orthographes varient selon les documents) fit partie d’un groupe de cinq prisonniers de guerre nord-africains que le maquis FTP Horteur fit évader, dans l’été 1943, d’un commando de travail agricole de Moulins-en-Tonnerrois (Yonne).
Lorsque le maquis Horteur, installé depuis la fin juin 1943 dans les bois entre Rebourseaux et Mont-Saint-Sulpice (Yonne), fut attaqué par les Allemands le 21 septembre 1943, Amed Yahia fut arrêté en même temps que Ali Ben Hamed, Djelloul Ouahab, Saïd Barich et Arsène Zamouchi.
Il fut incarcéré à la prison d’Auxerre le 22 septembre 1943 avec ses trois camarades de maquis, Marcel et Xavier Horteur, et Maurice Berger qui furent fusillés le 23 décembre 1943 au champ de tir d’Égriselles (Yonne).
Le 1er février 1944,le tribunal FK 745 d’Auxerre condamna à mort les cinq prisonniers maghrébins.
Le préfet ayant signalé ces condamnations à mort à sa hiérarchie la Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés DGTO , le lendemain 2 février, son chef Fernand de Brinon secrétaire d’état , intervint en faveur des condamnés auprès du commandement en chef des forces militaires en France MBF. Les arguments utilisés pour cette demande de commutation étaient :
« Ces prisonniers Nord-Africains semblent avoir obéi aux suggestions d’un meneur et facilement influençables, en raison de leurs origines, désorientés par ailleurs, ils ont eu surtout en vue le désir d’une évasion et non pas celui d’une activité anti-allemande. Ils ont été évidemment au courant des faits reprochés à l’organisation clandestine à laquelle ils avaient lié leur sort et de plus ont participé à l’édification d’une baraque servant de refuge ainsi qu’à des vols de pommes de terre en vue du ravitaillement de la bande, mais n ’ont pas été au delà.
Ils n’ont en effet pris aucune part active à l’exécution des attentats perpétrés par les dissidents et n’ont été trouvés porteur d’aucune arme, quoiqu ’en ayant à leur disposition.
Il n’y a donc pas à proprement parler, d’acte positif d’hostilité à l’égard de l’armée d’occupation mais une imprudence qui s ’explique du fait de la situation particulière de ces cinq militaires qui s ’efforçaient surtout d’échapper aux recherches. »
Le 22 avril 1944, les cinq prisonniers furent transférés à la prison de Dijon puis fusillés au stand de tir de Montmuzard,le 31 juillet 1944, Amed Yahia le cinquième à 7h05 quelques minutes après ses quatre camarades nord-africains.
Son nom est écrit sur le Mur des 126 fusillés de Dijon.
Sources

SOURCES : DAVCC,Caen, B7 . — Arch. Dép. Côte-d’Or (notes de Jean Vigreux). — Notes Claude Delasselle et Daniel Grason — Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty Les fusillés, Répression et exécutions pendant l’Occupation (1940-1944), Les Éditions de l’Atelier, 2006, p. 133 . — MemorialGenweb.

Annie Pennetier

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