Né le 25 mars 1926 à Paris (XVe arr.), exécuté le 16 août 1944 par les Allemands à la cascade du Bois de Boulogne (Paris XVIe) ; membre du Special Operations Executive (SOE) ; étudiant ; membre du groupe FFI-FTP de Chelles (Seine-et-Marne).

Fils de André Bezet, mécanicien dentiste, et de Hélène Violet, sans profession, Pierre Bezet vivait au 49 avenue de Picardie à Gagny (Seine, Seine-Saint-Denis), pendant la guerre il fut membre du bataillon Hildebert d’un des réseaux britannique du Special Operations Executive (SOE). Début juin 1944 Wigen Nercessian, ingénieur, gaulliste rencontra Charles Porel qui se présenta comme un autrichien, ancien brigadiste en Espagne républicaine, membre de l’Intelligence service. Il s’agissait en fait de Karl Rehbein, membre du Sicherheitsdienst, service de renseignements de la SS (SD). Celui-ci mit Nercessian en relation avec un autre capitaine de l’Intelligence service, « Jack » qui parlait couramment le français, l’italien, l’anglais et l’allemand n’était autre que Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, alias Guy de Montreuil etc., chef de groupe de la Gestapo. Wigen Nercessian mit en relation « Jack » avec les résistants Guy Hémery et Jean Favé. Des Résistants de l’entourage du docteur Henri Blanchet, capitaine FFI le mirent en garde, en cette mi-août 1944 trois tonnes d’armes qui allaient tomber du ciel leur parurent suspects.
Plusieurs groupes de Résistants de diverses obédiences : Jeunes chrétiens combattants (JCC), Organisation civile et militaire (OCM), groupe Franc de Turma Vengeance, FFI-FTP de Chelles, près d’une cinquantaine de résistants dont une vingtaine âgés de moins de vingt-et-un ans unis pour récupérer des armes au rendez-vous fixé par le capitaine « Jack » le 16 août au matin à la Porte-Maillot à l’angle des rues Saint-Ferdinand et de la Grande-Armée à Paris (XVIIe arr.) Non loin de là, côté XVIe arr. les forces répressives allemandes et leurs auxiliaires français disposaient de plusieurs hôtels particuliers : avenues Foch et Victor-Hugo, rues de la Pompe, Lauriston et Leroux.
Henri Blanchet et Jean Favé commandaient le 2ème groupe composé de Pierre Bezet, René Faugeras, Raymond Counil, Roland Verdeaux, Franck Hémon, Robert Magisson, Jacques Schlosser, Bernard Gante, Arthur De Smet, Jean Veron, Marcel Douret, Luigi Vannini et Charles Birette. Une quarantaine de résistants étaient répartis dans deux camionnettes et une ambulance. « Jack » et Wigen Nercessian attendaient sur place. Le convoi alla à quelques rues de là, emprunta la rue d’Armaillé, entra au 11 bis dans un grand garage vers 11 heures 30. Les véhicules furent cernés une trentaine de SS et des hommes de mains en civils commandés par le lieutenant SS Walter tirèrent. Dans la soirée du 16 août 1944, des bruits de mitrailleuse et de grenades retentirent près de la Cascade du Bois de Boulogne, la Gestapo exécutait trente-quatre hommes dont Pierre Bezet.
L’agent infiltré, chef de groupe de la Gestapo Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, dit « Jack » fut arrêté par les Services américains au Danemark et remit à la police française le 25 octobre 1945. Responsable d’une centaine d’arrestations, notamment des exécutions de la rue Leroux et de la Cascade du Bois de Boulogne, il comparut le 2 avril 1949 devant la cour de Justice de Paris. Condamné à mort il fut passé par les armes le 20 avril à 8h 30 au fort de Montrouge.
Friedrich Berger responsable des antennes de la Gestapo de la rue de la Pompe et de l’avenue Victor-Hugo, condamné à mort par contumace le 22 décembre 1952 mourra de maladie le 10 février 1960 à son domicile de Munich (Allemagne).
L’inhumation de Pierre Bezet eut lieu dans le carré militaire du cimetière communal de Gagny, son nom est inscrit sur le monument aux morts et sur la plaque commémorative dans l’église de Saint-Germain. Son nom figure sur la stèle commémorative à la Cascade du Bois de Boulogne.
Le général Pierre Koening, gouverneur militaire de Paris, ex-commandant des F.F.I. décora Pierre Bezet à titre posthume de la Croix de guerre avec étoile d’argent le 16 mai 1945. Le Secrétariat général aux Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », le 30 août 1945. Enfin Pierre Gohel chef du groupe franc de Gagny, président de « Ceux de la Résistance » (CDLR) de la ville témoigna du courage de l’agent de liaison Pierre Bezet. Il fut homologué F.F.I., Interné Résistant.


16 août 1944. Cascade du Bois de Boulogne à Paris (XVIe arr.)
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, JB 11, JB 15. – Bureau Résistance : GR 16 P 57799. – Transmis par Delphine Leneveu : DAVCC : 21 P 709 096. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la Résistance, Éd. Le Cherche Midi, 2005. – Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, truands et collabos. La bande de la rue de la Pompe 1944, Éd. Ouest-France, 2013. – Guy Krivopissko, Axel Porin, « Les fusillés de la Cascade du bois de Boulogne  », Éd. Mairie de Paris, 2004. – Site internet Gilles Primout, « Guet-apens Porte Maillot », 2015. – Site internet GenWeb. — État civil.

Daniel Grason

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