Né le 25 juin 1926 à Pamiers (Ariège), tué en action le 6 juillet 1944 à Roquefixade (Ariège) ; résistant FTPF de l’Ariège ; militant communiste.

Robert SANNAC (1926-1944)
Robert SANNAC (1926-1944)
Cliché : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla.
Le père de Robert Sannac, Basile, François Sannac était né à Pamiers le 4 mars 1897. Métallurgiste, il travaillait à l’usine de la société CFD (Commentry Fourchambault Decazeville) de Pamiers. Socialiste, passé au Parti communiste au congrès de Tours, il était devenu un des dirigeants en vue de ce parti dans l’Ariège. Sa mère, Juliette Bénazet, était née à Pamiers le 9 septembre 1899.
Célibataire, Robert Sannac avait dix-huit ans au moment de sa mort au combat.
Avec son frère ainé, Jean (alias "Jean Ferrand", pseudonyme de clandestinité) — né en 1920, Jean Sannac devint, après sa démobilisation de l’armée de l’Air, membre d’un triangle de l’organisation spéciale du PC hiver 1940-1941) et, au début de 1944, l’un des responsables des FTPF de la basse Ariège — Robert Sannac faisait partie du petit groupe de jeunes Appaméens, communistes clandestins ou sympathisants employés de l’usine métallurgique de la société CFD ou liés par des liens familiaux à des travailleurs de celle-ci. Roger Rauzi, François Bustamente et Siméon Sarda avaient constitué, dès 1943, un groupe de FTPF "légaux" qui, ayant rassemblé des armes et des explosifs menaient des actions de sabotages et d’attentats ayant pour objectif d’affaiblir l’effort de guerre allemand. Des jeunes du même quartier, liés par des liens d’amitié intégrèrent ce groupe. Les frères Sannac en faisaient partie.
Le 6 juin 1944, le groupe intégra le maquis formé par la 1er compagnie de FTPF de l’Ariège (renumérotée bientôt 3101e) placé sous la direction d’un communiste chevronné, le Sétois Amilcar Calvetti. Ce maquis se déplaça le long du massif pré-pyrénéen du Plantaurel, sur ses deux versants. Le 9 juin, il affronta les Allemands à Vira.
Quelques jours avant le 6 juillet, le maquis avait établi son cantonnement aux granges du Grézat, près du hameau de Coulzonne (commune de Roquefixade). Le 6 juillet, en début d’après-midi, les maquisards de la 3101e compagnie de FTPF furent attaqués par des GMR et des miliciens rassemblés et dirigés par l’intendant régional de Police, Pierre Marty, venu expressément de Toulouse. Les maquisards, répartis dans plusieurs groupes de combat affrontèrent les assaillants. Robert Sannac faisait partie du groupe commandé par François Bustamente. Celui-ci, placé à proximité du monument érigé à la mémoire des combattants du maquis, au lieu-dit Rambert fit face. Placé sous les feux de trois fusils mitrailleurs, il eut des pertes (morts et blessés). Raymond Castillo et Robert Sannac se replièrent afin de rejoindre le groupe commandé par Bénito Pérez, alias "Oscar". Si Castillo échappa au feu des hommes de Vichy tout en perdant le contact avec "Oscar", Robert Sannac, qui s’était arrêté pour ramasser un chargeur de Sten qu’il avait laissé tomber, fut fauché par une rafale de fusil mitrailleur et fut tué net..
Son corps, retrouvé le 7 juillet au lieu dit Rambert avec ceux de quinze autres maquisards, tués les 6 et 7 juillet 1944. Il fut identifié le 16 septembre 1944 par son oncle Justin Sannac et par son frère Jean Sannac, capitaine des FFI à Pamiers. Le tribunal de première instance de Foix (Ariège) ordonna l’inscription de son acte de décès sur le registre de l’état civil de Roquefixade. La transcription fut éffectuée le 12 décembre 1944.
Robert Sannac a reçu la mention « Mort pour la France ».
Son nom est inscrit sur le monument Roquefixade commémorant les maquisards morts au combat ou achevés par les assaillants les 6 et 7 juillet 1944. Il figure également sur le monument aux morts de la ville de Pamiers.
Voir Fusillés sommaires, exécutés les 6 et 7 juillet 1944 à Roquefixade (Ariège)
Sources

SOURCES : Olivier Nadouce, L’Ariège, terre de résistance, la bataille de Vira, Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan Sutton, 2008, 157 p. — Jean-Jacques Pétris, Le maquis de Roquefixade, Toulouse, imprimerie Espace repro, 1999, 125 p. — États civils de Pamiers et de Roquefixade. — Site MemorialGenWeb consulté le 17 décembre 2015. — Notes de Jean-Pierre Besse, David Aguilar, Barbara Bonazzi.

André Balent

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