Né le 28 mars 1930 à Pamiers (Ariège) ; a participé au combat des 6 et 7 juillet 1944 avec les FTPF contre la Milice, les GMR et les Allemands ; disparu, déclaré à tort "mort pour la France" ; avait survécu.

Monument comémoratif des morts de Roquefixade (Ariège)
Monument comémoratif des morts de Roquefixade (Ariège)
Le nom de Jacques Rousse a été caché.
Fils de Raymond Rousse, métallurgiste né à Pamiers le 11 novembre 1900, et de Noémie Galy, sans profession née à Pamiers le 21 décembre 1902, Jacques Rousse, âgé de quatorze ans, s’est présenté le 6 juillet 1944 dans la matinée avec Éloi Ulmann au cantonnement d’un maquis ariégeois des FTPF (la 3101e compagnie, 1e de l’Ariège) aux granges et prés de Grézat, commune de Roquefixade. Il faisait partie du groupe des jeunes, métallurgistes ou enfants de métallurgistes influencés par les FTPF "légaux" appaméens (Voir Bustamente François ; Rauzi Roger). Le chef de la compagnie, Amilcar Calvetti, refusa leur engagement en leur expliquant qu’ils étaient trop jeunes pour intégrer une formation armée. Il leur enjoignit de regagner leur domicile après avoir pris le repas de midi avec les maquisards. L’après-midi, les forces de Vichy (GMR et Milice de l’Ariège) commandées par l’intendant régional de police de Toulouse, Pierre Marty, attaquèrent inopinément le maquis. Le branle-bas de combat empêcha le retour de deux adolescents dans leurs foyers. Ils participèrent, malgré eux, aux affrontements pendant lesquels les hommes de Vichy s’acharnèrent sur les maquisards blessés. Le deuxième jour (7 juillet), alors que Allemands avaient pris le relais des "Vichyssois", Rousse, blessé, fut fait prisonnier. Transporté par les Allemands à la prison de Foix (Ariège), extrait de celle-ci le 19 juillet, selon certains témoins, il n’y fut jamais revu. Pour certains, il aurait été enterré derrière la prison, pour d’autres au cimetière Lauquié du chef-lieu de l’Ariège. D’autres témoignages ont signalé de façon erronée que Rousse avait été tué ou blessé, puis achevé, sur ordre du chef de la Milice.
Par décision du Tribunal civil de première instance de Foix, il avait été d’abord déclaré mort le 7 juillet 1944 à Roquefixade (Ariège). Mais le 7 juillet, ce furent les Allemands après les hommes de Vichy qui s’en prirent aux maquisards cantonnés à Roquefixade.
Finalement, le 24 février 1950, le tribunal de première instance de Pamiers le déclara mort aux armées le 11 juillet 1944. Le 17 juin 1947, considéré comme "disparu", il fut déclaré mort pour la France. Il fut aussi homologué "soldat FFI". Mais ce ne fut que le 10 mars 1959, la mention "mort pour la France" fut inscrite en marge de son acte de décès à l’état civil de Pamiers, à la suite de démarches de sa mère. Celle-ci, veuve déjà en 1945, les avait entreprises avec succès entre 1957 et 1959 afin de percevoir une pension en tant qu’"ascendant".
Son nom fut inscrit sur la plaque du monument commémoratif des victimes des combats des 6 et 7 juillet 1944. Celle-ci comprit donc une liste de dix sept noms. Sa mère, veuve déjà en 1945, entreprit des démarches entre 1957 et 1959 afin de percevoir une pension en tant qu’"ascendant".
Beaucoup plus tard (années 1990), Jacques Rousse, de retour sur les lieux du combat — il revenait de Bogota (Colombie) où il avait vécu — , remarqua que son nom avait été inscrit sur le monument. Son nom fut donc effacé de la plaque du monument commémoratif (cf. la photographie ci-jointe).
La décision du Tribunal civil de Foix concerna 12 maquisards, selon Jean-Jacques Pétris (op. cit.), information disponible également sur le site d’histariege. Mais le site Genweb fit état de 17 et ce en se fondant sur le relevé du monument commémoratif des morts lors des combats des 6 et 7 juillet 1944 à Roquefixade.
Voir : Site d’exécution de Roquefixade (Ariège)
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier Jacques Rousse. — Arch. com. Pamiers, acte de naissance de Jacques Rousse et mentions marginales. — Jean-Jacques Pétris, Le Maquis de Roquefixade, Toulouse, imprimerie Espace repro, 1999, 125 p. ― Notes de Jean-Pierre Besse, David Aguilar et Barbara Bonazzi. — Courriel de Michel Sabatier, maire de Roquefixade, à Barbara Bonazzi, 12 novembre 2015. ― Site histariege. ― Site Memorial Genweb consulté les 9 et 10 décembre 2015 par André Balent.

André Balent

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