Né le 30 décembre 1892 à Vitry-le-François (Marne), mort des suites de tortures le 7 août 1943 à Paris (XIIIe arr.) ; chef du groupe de résistance « Yes » lié au SOE britannique , FFC ; FFI.

Jacques de La Fournière
Jacques de La Fournière
Jacques et Marie de La Fournière en 1940
Jacques et Marie de La Fournière en 1940
SOURCE :
Photos communiquées par Jean de la Fournière
La sépulture de Jacques de La Fournière</br> dans le cimetière du Midi à à Vitry-le-François
La sépulture de Jacques de La Fournière
dans le cimetière du Midi à à Vitry-le-François
Sur le monument aux morts de Châtelraould
Sur le monument aux morts de Châtelraould
À Luxémont-et-Villote
À Luxémont-et-Villote
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Jacques de La Fournière est le fils de Marie, Eugène, Louis de La Fournière, propriétaire, et de Marie, Adèle, Louise de Saint Genis, son épouse sans profession. Il a épousé le 24 juin 1919 à Vannes (Morbihan) Marie, Antoinette, Thérèse de Villoutreys de Brignac.

Agriculteur à Châtelraould (Marne), il a participé à la 1ère guerre mondiale qu’il a terminée avec le grade de capitaine, quatre blessures et sept citations. En 1940, commandant de réserve, il fut affecté sur la ligne Maginot, puis il combattit en Alsace. Fait prisonnier le 20 juin 1940 dans les Vosges, il parvint à s’évader et essaya de retrouver sa famille qu’il croyait réfugiée en Bretagne, mais qui était déjà rentrée à Châtelraould où il finit par la rejoindre.

En contact avec l’Intelligence service dès le début de l’Occupation, Jacques de La Fournière regroupa autour de lui quelques résistants chargés de récupérer des armes et des munitions abandonnées au moment de la défaite. Ainsi se constitua le groupe Yes appelé encore Groupe de la Fournière qui, en liaison avec le réseau Juggler-Robin, sous-réseau du réseau Buckmaster Physician-Prosper appartenant à la section française du Special Operations Executive (SOE) britannique prospecta des terrains de parachutage, organisa des largages et constitua des dépôts d’armes. Au cours de la nuit du 11 au 12 juin 1943, ce groupe réceptionna un des premiers parachutages d’armes effectués sur le territoire de la Marne à Blacy près de la Ferme de La Perrière.

Le 18 juillet 1943, Jacques de La Fournière a été arrêté par la police allemande à son domicile où des armes et un poste émetteur ont été découverts. Son épouse, Marie de La Fournière, ses deux fils Jean et Hubert, et deux de ses filles ont également été arrêtés. Jacques de la Fournière a été incarcéré à Châlons-sur-Marne.
Il a été transféré au siège de la Gestapo 11, rue des Saussaies à Paris (VIIIe arr.) où il a été torturé à mort.

Selon l’acte de décès numéro 2743 dressé le 9 août 1943 à l’état civil du 13e arrondissement de Paris, sur la déclaration d’un soldat allemand, et transcrit en mairie de Châtelraould-Saint-Louvent le 31 décembre 1943, il est décédé le 7 août 1943 à à 9 heures 40 à l’Hôpital de la Pitié, 83 boulevard de l’Hôpital dans le XIIIe arrondissement.

Son frère Antoine de La Fournière est parvenu à obtenir la restitution de son corps affreusement mutilé et qui avait une épaule arrachée. Il fut ramené à Vitry-le-François où ses obsèques ont rassemblé une très nombreuse assistance. Madame de La Fournière et ses deux filles ont été libérées et ont pu y assister.

Sur le monument aux morts de Châtelraould, il est déclaré « assassiné par la Gestapo en juillet 1943 ».
Le 10 février 1951, une mention marginale ajoutée à son acte de naissance conservé en mairie de Vitry-le-François, déclare qu’il est « décédé à Paris (12e arrondissement) le sept août mil neuf cent quarante trois ».

Libéré le 30 août 1943, Jean de La Fournière, étudiant âgé de 19 ans, a rejoint le maquis des Chênes créé par François de La Hamayde à Margerie-Hancourt au cours de l’été 1943.

Jacques de La Fournière est inhumé à Vitry-le-François dans la sépulture familiale du cimetière du Midi où se dresse une plaque portant l’inscription :
« À la mémoire du chef de Bataillon Jacques de La Fournière Chef de la Résistance de la région de Vitry assassiné par la Gestapo le 7 août 1943
L’Amicale des anciens chasseurs à pied alpins " Les Diables bleus " de l’Arrondissement de Vitry-le-François en hommage à son président.

Dans la Marne, une plaque commémorative scellée sur le monument aux morts de Châtelraould-Saint-Louvent porte l’inscription :
« Cdt Jacques de La Fournière
Héros de la Résistance
Assassiné par la Gestapo, juillet 1943 »

Jacques de La Fournière a été reconnu « Mort pour la France » le 27 avril 1950. Il a été homologué FFC et FFI et a reçu le titre d’Interné-résistant. La médaille de la Résistance avec rosette lui a été attribuée par décret du 25 avril 1946 publié au JO le 17 mai 1946.
Une mention marginale ajoutée à son acte de décès le 1er février 1951 déclare qu’il était « Lieutenant des Forces françaises de l’intérieur ».

À Luxémont-et-Villotte (Marne) près de Vitry-le-François, une stèle commémorative lui est dédiée dans un lotissement qui porte le nom de « Résidence de la Fournière » :
« Au commandant
Jacques de la Fournièrel
Héros de la Résistance
1892-1943 »
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21P 68 078. – SHD, Vincennes, GR 16 P 166995. Arch. Dép. Marne, M 4774, décédés en détention ou morts des suites de blessures reçues en tentant de se soustraire aux autorités allemandes, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – L’Union, 29-30 décembre 1945. – Bulletin de la Résistance, Vitry-le-François, n° 2, 1er octobre 1945, et n° 7, 15 avril 1946. – Le maquis de Blacy raconté par des maquisards, Union républicaine de la Marne, 1946. – Informations et photographies recueillies par Jean-Pierre et Jocelyne Husson auprès de Jean de La Fournière, fils de Jacques de La Fournière, le 30 novembre 2006, et auprès d’Agathe de Miniac, petite-fille de Jacques de La Fournière en décembre 2020. – Gérald Gaillet, Hommage aux résistants de la 2e guerre mondiale dans l’arrondissement de Vitry-le-François, exposition du Souvenir français, Vitry-le-François, 2009. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Fondation de la Résistance et CRDP de Reims, 2013. – État civil, Vitry-le-François (acte de naissance) ; Paris XIIIe arrond. (acte de décès) ; Châtelraould (transcription de l’acte de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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