Né le 11 août 1908 à Montpellier (Hérault) ; mort fusillé sommaire le 19 août 1944 à Roullens (Aude) ; officier d’artillerie ; résistant (réseau "Gallia")

Le père de René Avignon, Antonin, Jean était né à Prades-le-Lez (Hérault). Il mourut à Montpellier le le 22 janvier 1935 à l’âge de soixante-cinq ans ; fils de Pierre, agriculteur et de Louis Bonnal. La mère de René Avignon, Heniette, Louis, Clotilde Rudelle était vivante lorsqu’elle fut informée en 1946 du décès de son fils à Roullens. René Avignon était célibataire.
Officier d’artillerie d’active, il était lieutenant au 411e régiment de DCA.
René Avignon s’engagea dans la Résistance. Il devint un agent du réseau Gallia du SR de la France combattante (BCRA). Il avait le statut de chargé de mission de 2e classe. Le 9 août 1944, il était en mission à Perpignan (Pyrénées-Orientales) lorsqu’il fut arrêté par la Sipo-SD. Il fut incarcéré et très vraisemblablement torturé dans la citadelle de Perpignan où la police allemande détenait ses prisonniers. Il en fut extrait le 17 août 1944 et fut transporté avec six autres prisonniers afin d’être incarcéré à la prison de Carcassonne (Aude) administrée par les Allemands. Dans un manuscrit rédigé après sa libération de la prison de Carcassonne, André Biaud expliqua que René Avignon, résistant, avait été arrêté et incarcéré à la prison allemande de la citadelle de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Le 17 août 1944, Il fut transféré en autobus à la maison d’arrêt de Carcassonne en compagnie de plusieurs résistants des Pyrénées-Orientales. Pendant le voyage, il était assis, d’après André Biaud aux côtés de Simon Batlle qui fut, lui aussi, une des victimes de la tuerie de Baudrigues.
À Carcassonne, Avignon subit aussi des tortures. Il fut extrait de la prison de cette ville afin d’être exécuté alors que les Allemands s’apprêtaient à évacuer la ville. Le site Mémoire des hommes signale qu’Avignon serait mort à Carcassonne le 9 août 1944. Or, à cette date (op. cit.), la chronologie de la répression dans l’Aude établie par Lucien Maury (op. cit., p. 396) n’indique pas d’exécution de ce type dans l’ensemble du département de l’Aude.
René Avignon fut donc l’un des suppliciés du parc du château de Baudrigues (Roullens, Aude) dont l’exécution fut assez tardivement reconnue après l’explosion des corps le 19 août 1944 (Voir Batlle Simon, Ramond Aimé).
Le site Mémoire des hommes a donc confondu le 9 août, date de son arrestation à Perpignan, et le 19 août, date de son exécution dans le parc du château de Baudrigues. Le témoignage d’André Biaud (agent de renseignement domicilié à Maureillas, Pyrénées-Orientales, transféré avec sa femme de Perpignan à Carcassonne), recueilli par Julien Allaux et rapporté dans leur ouvrage (op. cit., p. 109) par Roger Lair, Claude Rivals et André Roou a permis de savoir que René Avignon a été un des compagnons de cellule des suppliciés de Baudrigues et qu’il a été extrait avec eux de la prison de Carcassonne.
Le témoignage d’André Biaud concorde avec ceux, antérieurs, qui figurent dans le dossier de René Avignon à la DAVCC (Caen). À la demande de la mère d’Avignon, le directeur de la Direction générale des études et recherches (réseau Gallia ) apporta une lettre du 6 août 1945 destinée au ministère des Anciens combattants et victimes de guerre des témoignages probants recueillis auprès de codétenus d’Avignon à Carcassonne : celui de Jacques Bricteux, directeur du casino municipal de Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) qui déclara que le 19 août en fin de matinée, il manquait Avignon, Bronson et cinq autres détenus des Pyrénées-Orientales arrivés à Carcassonne en même temps que lui ; celui du docteur Delteil, chirurgien à la clinique du Bastion de Carcassonne et résistant que le samedi 19 août, il manquait dix-neuf détenus dont Avignon ; celui, enfin, de son épouse, Mme Delteil, qui a recueilli les témoignages de détenus des Pyrénées-Orientales qui, le 26 août, attendaient leur rapatriement dans leur département. Mme Delteil expliqua que l’on avait extrait de leurs cellules et embarqués dans un fourgon automobile six hommes et deux femmes ainsi qu’un cadavre masculin dont elle affirma qu’il s’agissait vraisemblablement de René Avignon car on avait retrouvé une flaque de sang dans sa cellule. Par la suite, il fut établi qu’il n’y avait pas eu de cadavre transporté dans le parc de Baudrigues.
Sa mère avait dû écrire le 26 août 1946 au ministre afin que l’on établît définitivement son acte de décès ce qui l’empêchait de liquider une succession (vraisemblablement celle de son fils). Le 3 octobre 1946, il fut officiellement reconnu mort pour la France. Le ministère des Anciens combattants reconnut son décès par fusillade le 9 octobre 1946 alors que, auparavant, il avait été porté disparu. L’acte fut dressé à Paris le 12 décembre 1946 par Pierre Péries intendant militaire de 2e classe, officier d’état civil au ministère des Anciens combattants.
Avignon fut enterré dans le cimetière Saint-Lazare de sa ville natale. Son nom figure sur le monument aux morts de Montpellier.
Voir Lieu d’exécution de Roullens (Aude), château et dépôt de munitions de Baudrigues.
Sources

SOURCES : DAVCC, dossier René Avignon. — Arch. dép. Aude, 3 J 2871, manuscrit d’André Biaud (s.d., 98 p.) relatant le transfert de résistants détenus entre Perpignan et Carcassonne, 17 août 1944 et leur incarcération à la maison d’arrêt de Carcassonne. — Arch. dép. Hérault, état civil de Prades-le-Lez. — Roger Lair, Claude Rivals, André Roou, Aimé Ramond. De Montgeard à Carcassonne, itinéraire d’un policier résistant, Montgeard, Amicale culturelle de Montgeard et Cercle d’Histoire Aimé Ramond, 1995, 137 p. [p. 109, p. 121]. — Lucien Maury, La Résistance audoise (1940-1944), tome II, Carcassonne, Comité de l’histoire de la Résistance audoise, Carcassonne, 1980, 441 p. [p. 396]. — « Baudrigues, vision d’horreur », 14 août 2013, Musique et patrimoine de Carcassonne, http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive/2013/08/14/20-aout-1944-baudrigues-vision-d-horreur-176357.html, blog d’informations sur la culture, l’histoire et le patrimoine de Carcassonne, consulté le 6 mars 2014. — Site www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr consulté le 20 octobre 2015. — Site Mémorial GenWeb, consulté le 6 février 2016.

André Balent

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