Né le 8 juillet 1921 à Vieux-Condé (Nord), fusillé le 9 mars 1944 au fort de Bondues (Nord) ; employé dans une scierie ; résistant FTPF.

Fils de René Bouton, Fernand Bouton passa sa scolarité au Vieux-Condé, où il rencontra Louis Hellin et Henri Martrice. Durant les combats de 1939-1940, son père fut fait prisonnier de guerre en Allemagne et Fernand Bouton dut alors abandonner ses études pour entrer à l’usine de papier Celcosa de Condé-sur-l’Escaut. Il obtint néanmoins son baccalauréat en suivant des cours particuliers à domicile qui lui étaient dispensés par Jeannot Guilbert.
Son père fut bientôt rapatrié en vertu de son statut de douanier. Il s’engagea alors dans la Résistance et fut bientôt suivi par ses fils. Fernand Bouton, avec son frère, Yvon Bouton, adhéra au cours de l’année 1943 au groupe Front national-FTP de Condé-sur-l’Escaut. Tous deux participèrent à des distributions de tracts, à la rédaction de la presse anti-collaborationniste et à des réunions clandestines. Fernand Bouton s’introduisit dans son usine de papier afin d’y dérober le matériel nécessaire à l’impression des tracts clandestins. Si l’on en croit certains témoignages, il aurait également joué un rôle dans l’aide aux prisonniers évadés de Belgique, qu’il escortait vers la gare de Valenciennes. Enfin, il écrivit certains articles du Valenciennois patriote.
Ils furent arrêtés ensemble à Vieux-Condé sur dénonciation le 16 novembre 1943. Internés à Loos, ils furent condamnés à mort par le tribunal militaire de Lille le 21 février 1944 et fusillés au fort de Bondues. Leur père, lui aussi arrêté, fut déporté et mourut en déportation.
Dans sa dernière lettre, Fernand Bouton évoqua son miroir. Cette mention étonnante attira l’attention de sa famille qui, derrière le miroir qui se trouvait à son domicile, découvrit une seconde lettre, qu’il avait pris soin de dissimuler à ses bourreaux, sentant probablement son arrestation prochaine.
Élevé au grade de sergent FFI, Fernand Bouton a été décoré, à titre posthume, de la Croix de guerre avec palme. Par décision du 22 mars 1960, il reçut également la Médaille militaire. Son nom figure sur le monument aux fusillés de Bondues, ainsi que sur le monument aux morts de Saint-Léger (Nord).
Sources

SOURCES : Arch. Musée de la Résistance à Denain. – Renseignements fournis par la mairie de Vieux-Condé et état civil de cette ville. – Musée de la Résistance de Bondues, Ils étaient 68, op. cit. – Mémorial GenWeb.

Odette Hardy-Hémery, Julien Lucchini

Version imprimable