Né le 19 janvier 1899 à Chénérailles (Creuse), exécuté sommairement en représailles le 14 août 1944 à la carrière des Grises, commune de Premilhat (Allier) ; résidant à Chénérailles ; artisan coiffeur ; résistant ; capitaine FFI.

Aimé Monteil
Aimé Monteil
Fils d’Auguste Monteil, scieur de long, demeurant à La Couture (Chénérailles) et de Julie Bordas, couturière, Aimé, Léonard Monteil a vécu la plus grande partie de son existence à Chénérailles. Mobilisé en avril 1918, il participa à la fin de la campagne de France dans l’infanterie, puis à l’occupation de l’Allemagne. Il fut ensuite détaché à partir de mars 1919 auprès de l’armée polonaise. Il fut rapatrié pour raisons sanitaires en mai 1920 et finit sa période militaire aux hôpitaux de Laval et du Mans. Renvoyé dans ses foyers en mars 1921, il entreprit une formation de coiffeur : il fut ainsi garçon coiffeur à Montluçon (Allier) et à Guéret (Creuse). Il se maria à Chénérailles le 12 octobre 1925 avec Gabrielle Dioton, également coiffeuse. Le couple resta sans enfant et ouvrit à Chénérailles un salon de coiffure à partir de 1926. Actif dans les associations locales (il animait le club des boulistes), il fut également franc-maçon, intégrant la Loge du Grand Orient de Guéret, les Préjugés Vaincus. Mobilisé à nouveau en janvier 1940, il fut affecté à un dépôt d’infanterie le 10 mai 1940. Il participa à la fin de la campagne de France et fut fait prisonnier. Il fut interné au stalag V-A situé dans la banlieue sud de Ludwigsburg (Bade–Wurtemberg, Allemagne), mais la dégradation de son état de santé provoqua son rapatriement au début 1941. Libéré des obligations militaires par la commission de réforme de Limoges (Haute Vienne) le 26 février 1941 avec reconnaissance d’invalidité, il reprit son activité de coiffeur à Chénérailles. Ne cachant pas à ses clients son hostilité au gouvernement de Pétain et sa haine du nazisme, il entra dans la Résistance de manière active sans doute en 1943. Organisateur de la Résistance dans le secteur de Chénérailles, il fut à l’été 1944 capitaine des FFI locaux. Il organisa à Chénérailles une manifestation au monument aux morts le 14 juillet 1944. Le 9 août 1944, une troupe de la Wehrmacht estimée à 150 hommes encercla Chénérailles et procéda sur renseignements et dénonciations à une série de perquisitions. Aimé Monteil, repéré de longue date fut arrêté en même temps que son épouse et sa cousine et que sept autres habitants du village. Amenés sur la place, ils furent chargés sur des camions et emmenés au lycée de garçons de Guéret, siège de la Kommandantur. Pour éviter des représailles sur la population du village et sur les autres personnes arrêtées, Aimé Monteil déclara être le seul appartenant à la Résistance, ce qui permit la libération des huit autres personnes. Après un violent interrogatoire, il est transféré avec d’autres résistants creusois à la caserne Richemond à Montluçon (Allier). Il en fut extrait le 14 août 1944, vers 5 heures du matin, avec 41 autres civils également détenus au même lieu. Ils furent conduits en camion sur la route de Quinssaines jusqu’au lieu-dit Les Grises, sur la commune de Prémilhat (Allier). Ils furent fusillés, vraisemblablement en représailles aux multiples attentats et actes de sabotages accomplis dans le secteur de Montluçon dans les premiers jours d’août 1944. Les corps furent jetés dans des fosses creusées à l’avance et couverts de chaux vive.
Il fut inhumé à l’automne 1944 lors d’une cérémonie publique au cimetière de Chénérailles. Déclaré Mort pour la France, il fut aussi élevé au grade de chevalier de la Légion d’Honneur et Croix de guerre avec palmes à titre posthume, le 27 septembre 1945.
Un monument fut édifié à sa mémoire sur la place de Chénérailles et une plaque apposée sur sa maison, rue Saint Germain. Son nom est inscrit à Guéret sur le mémorial de la Résistance creusoise.
Sources

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 427654, dossier résistant pour Aimé Monteil (nc). — AVCC Caen, AC 21 P 105348, dossier Aimé Monteil (nc). — Archives départementales de la Creuse (Etat civil, registres militaires, listes de recensement) — Notes Mme. Nicole Masfrand (Chénérailles) — Mémorial genweb, Guéret Mémorial de la Résistance creusoise fiche n° : bp-3270841Site Mémoire des Hommes

Michel Thébault

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