Né le 14 mai 1911 au Lonzac (Corrèze), fusillé sommairement le 5 avril 1944 au lieu-dit Chassagnac (commune du Lonzac) ; meunier ; « nourrisseur » de maquisards.

Natif du Lonzac, où il a été scolarisé, Jean-Baptiste Boissy épousa Jeanne Valentine Raffy, le 23 décembre 1937, avec laquelle il a eu trois filles (Marcelle-Edith, Colette, et Yvette-Andréa, nées respectivement en 1939, 1940 et 1943.)
Comme son père, il exploitait un moulin situé au lieu-dit « Moulin de Rome », à 800 mètres du village de Rome. À égale distance du bourg et du moulin se trouvait un camp de maquisards FTP, le camp « Roland », avec lequel il entretenait de bonnes relations, et qu’il approvisionnait en farine.
Mais dans l’après-midi du 5 avril 1944, la division allemande Brehmer (325e division de sécurité), entrée dans le département de la Corrèze depuis quatre jours, effectuait une « opération de ratissage » sur le territoire de la commune. Alors que Jean-Baptiste Boissy était en train de planter des pommes de terre dans un champ, sa maison fut cernée par des soldats allemands.
Intrigué de ne plus entendre les meules du moulin, il regagna vite ses pénates, et tomba entre les mains d’une soldatesque, acharnée à lui faire dire où se trouvait le maquis.
La maison fut l’objet d’une fouille systématique ; des tiroirs brisés ; des objets et de la nourriture dérobés. Avant de se retirer, les Allemands mirent le feu au moulin et à la maison attenante.
Après avoir été obligé d’ôter son habit de travail, il sortit du lit sa fille Colette, âgée de trois ans et demi, et l’a posée sur le pas de la porte. Et celle-ci de lui dire : « Papa, où vas-tu, quand tu te fais aussi beau ? » Il l’embrassa et lui demanda d’aller s’asseoir « bien sagement » sur les genoux de sa maman…
Jean-Baptiste fut conduit au lieu-dit Le Bois de Chassagnac, où avec neuf autres otages, il fut fusillé. Il avait 32 ans.
Une stèle de granit rose, face gravée et polie, située au bord de la RD 26, en direction de Madranges, rappelle l’atrocité de cette exécution sommaire et collective.
Sources

SOURCES : Les années noires d’un village martyr. Le Lonzac 1943-1944. Témoignages, éditions de la Veytizou, 2005, pp. 94-97. — Témoignage inédit de Colette (Boissy) Mérigoux, recueilli le 13 et le 14 janvier 2016 à Tulle.

Gilbert Beaubatie

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