Né le 21 mai 1893 à Libourne (Gironde), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; médecin-chirurgien ; résistant réseau Alliance.

Henri Ichon était le fils de Christophe Marie Édouard, avoué, et de Marie Lucy Almaïde Raboutet-Chevallier, sans profession, domiciliés, à sa naissance, 28 rue Saint-Eutrope à Libourne. Il se maria le 16 novembre 1920 à Bordeaux (Gironde) avec Paule Louise Du Faux de Gavardie de Montclar. Ils eurent plusieurs enfants : Michel né en septembre 1921 (enseigne de vaisseau mort en Indochine le 27 janvier 1946), Alain né en 1922, Monique née en 1926, François né en 1929 et Michelle née à Bayonne en 1932. En 1913, lors de la conscription, il se déclara étudiant en médecine et obtint un sursis d’incorporation, annulé lors de l’entrée en guerre en août 1914. Médecin auxiliaire puis médecin aide-major au régiment d’infanterie coloniale du Maroc en 1914-1918, il fut blessé deux fois, obtint de nombreuses citations (huit au total dont une en janvier 1918 à l’ordre de l’Armée) et la Légion d’honneur le 18 avril 1918, après s’être « magnifiquement conduit sur le champ de bataille ». Ancien interne et diplômé de la faculté de médecine de Bordeaux où il soutint sa thèse en 1922, il devint chirurgien à la clinique chirurgicale de Bayonne. Promu en décembre 1930, médecin capitaine de réserve au Service de Santé de la 18ème Région militaire, il semble avoir résidé à Bayonne jusqu’en 1938. Il passa en juin 1938 médecin capitaine de réserve à la 9ème Région militaire (Tours – Poitiers) signalant ainsi son changement de domicile.
En 1940 il est médecin-chirurgien à l’hôpital de Bressuire (Deux-Sèvres). En 1941 tout un groupe de médecins bressuirais décide de s’engager dans la Résistance. Le docteur Ichon devint en mai 1943 membre du réseau Alliance et chef du secteur Vendée, région Sud-Ouest "Hangar", sous le nom de code N9. Arrêté le 21 décembre 1943 à son domicile à Bressuire (Deux-Sèvres), rue Du Guesclin, suite à l’infiltration de son réseau par l’Abwehr, il fut conduit à la prison de la Pierre-Levée, à Poitiers, d’où il sortit à la fin du mois de février 1944. Son dossier aurait été transmis vers le 7 mars au siège de la Gestapo, avenue Foch, à Paris et le docteur Ichon y aurait été transféré sans que cela puisse être confirmé. Son dossier d’accusation instruit par la Gestapo de Strasbourg ainsi que ceux de Jean Kiffer, Albert Roquet, Édith Augustin, Eugène Tillet et Marie Tillet, résistants du secteur Alliance de Poitiers, fut transmis le 17 avril 1944 au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus » ainsi que la classification "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard"). Il fut déporté via Strasbourg à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arriva par le convoi du 29 avril 1944 et fut interné au block 10 avec les autres hommes du réseau.
Il n’y eut aucun jugement et il fut remis ainsi que les autres détenus à disposition de la Gestapo de Strasbourg le 10 septembre 1944. Il était de toute façon déjà trop tard car devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Henri Ichon avaient été sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.
Il fut homologué comme chargé de mission de 2e classe de la DGER (Direction générale des études et recherches) avec le grade de lieutenant.
Il fut déclaré "Mort en déportation" par arrêté du 1er février 2013 et fut nommé chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume.
Il obtint la mention Mort pour la France le 26 juin 1946 et son nom figure sur les monuments aux morts de Saint-Hippolyte (Gironde), de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Il figure aussi sur la plaque commémorative de la Faculté de médecine de Paris, sur celle du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ainsi que sur le monument des résistants déportés de Lageon (Deux-Sèvres) édifié en mémoire des déportés des arrondissements de Bressuire et Parthenay. Une rue de Bressuire porte son nom.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Gironde (registre matricule) — Dossier DAVCC Caen — MémorialGenWeb. — Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof". — Marie-Madeleine Fourcade in "L’Arche de ¨Noé" Fayard 1968. — Auguste Gerhards Tribunal de guerre du IIIe Reich, éd. Du Cherche-Midi 2014.— "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 2 — Conservatoire de la Résistance et de la déportation des Deux-Sèvres — Laurent Cardonnet, thèse pour le doctorat de médecine, Paris Descartes, 2010 « Contribution à l’étude des étudiants de médecine et des médecins Morts pour la France pendant la seconde guerre mondiale ». — État civil.

Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

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