Né le 7 décembre 1921 à Saint Goussaud (Creuse), exécuté sommairement le 9 juin 1944 au lieu-dit Combeauvert, commune de Janaillat (Creuse) ; gendarme ; résistant AS.

Fils d’Édouard Ridoux cultivateur à Saint Goussaud, et d’Alice Barraud, il entra après son certificat d’étude à Guéret, dans une école d’Enfants de troupe. Il s’engagea à 18 ans, en 1939 pour cinq ans à l’intendance militaire d’Orléans au titre de l’École des chars de combat. Henri Ridoux, fut nommé caporal-chef en 1940, resta après la défaite de juin 1940 dans l’armée d’armistice et fut nommé sergent en 1941. En congé militaire le 1er mars 1943, il intégra dès avril l’École préparatoire de gendarmerie de la Fontaine-du-Berger à Orcines comme élève gendarme. Le 1er octobre 1943, il fut affecté à la 12ème Légion de gendarmerie du Limousin et nommé à la gendarmerie d’Aubusson où il participa avec la plus grande partie de la brigade d’Aubusson à l’aide et à la protection de la Résistance.
Au soir du 7 juin 1944, après le départ des Feldgendarmes stationnés à l’Hôtel de France d’Aubusson, un groupe de résistants se saisit du contrôle de la ville. Le retour des troupes allemandes arrivant par la route de Clermont-Ferrand, les 8 et 9 juin obligea les résistants à se disperser. C’est dans ce contexte que le 9 juin 1944, Henri Ridoux quitta Aubusson à moto, pour rejoindre avec d’autres résistants aubussonnais, les maquis du secteur de Bourganeuf où se trouvait déjà son jeune frère Marcel Ridoux. Il faisait partie du convoi transportant des résistants d’Aubusson et de Vallières se dirigeant vers Bellesauves (commune de Janaillat) pour rejoindre le maquis de l’AS qui y avait établi son poste de commandement. Arrivant de Pontarion le convoi fut intercepté au carrefour de Combeauvert (commune de Janaillat), carrefour entre la route de Guéret et celle reliant Pontarion et Janaillat. Des éléments de la division Das Reich (bataillon du régiment Der Führer), renseignés par un avion de reconnaissance, y avaient dressé un barrage pour intercepter les maquisards qui venaient de quitter Guéret le matin même, suite à la contre-attaque allemande pour reprendre la ville libérée par la résistance le 7 juin. Peu armés et pris par surprise, les résistants de ce convoi ne purent se défendre, plusieurs d’entre eux furent tués dans l’embuscade, les autres dont Henri Ridoux, faits prisonniers, furent fusillés sommairement quelques centaines de mètres plus loin (trois fusillés blessés purent s’enfuir et être secourus, profitant du départ immédiat des allemands).
Son frère Marcel Ridoux avait en fait été tué le matin même par le même bataillon SS lors de l’embuscade de la Gasne-du-Clos, commune de Montboucher (Creuse).
Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI et Interné-Résistant (DIR). Il reçut à titre posthume la médaille militaire, la Croix de guerre 1939-1945 (avec palme pour services de guerre exceptionnels), la médaille de la Résistance française, et la médaille de la Déportation et de l’Internement. Son nom figure sur le monument aux morts de Saint Goussaud, sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud, et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret. En juin 2019, une plaque a été apposée sur la caserne de gendarmerie d’Aubusson, qui porte désormais son nom.
Sources

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 510701 et SHD Caen AVCC AC 21 P 652410 (à consulter) — René Castille Préparation et réalisation de la première libération de Guéret in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Ed. Le Puy Fraud 2012 — Robert Petit La collaboration, la Résistance et l’épuration à Aubusson (1940 – 1945) Ed. Alice Lyner 2013 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Articles La Montagne Qui était Henri Ridoux, le gendarme tué en 1944 dont la caserne d’Aubusson (Creuse) porte désormais le nom ? 25 juin 2019 et 1er juillet 2019 — Article « Gens d’Armes » in L’Écho – La Marseillaise (date inconnue) — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — État civil mairie de Saint-Goussaud.

Michel Thébault

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