Né le 12 décembre 1917 à Toulx-Sainte-Croix (Creuse), pendu en représailles le 9 juin 1944 à Tulle (Corrèze) ; coiffeur ; victime civile.

Originaire de Creuse, André Beaufils était le fils d’Émile Beaufils cultivateur à Toulx-Sainte-Croix et d’Eugénie Vincent son épouse, également cultivatrice. Il vécut à Boussac où il fit vraisemblablement son apprentissage de coiffeur, puis exerça sa profession d’abord à Bord-Saint-Georges (Creuse) puis à Tulle (Corrèze). Il accomplit en 1937 son service militaire au 60e régiment d’infanterie à Besançon (Doubs) et, dans la continuité de celui-ci fut mobilisé lors de la déclaration de guerre en 1939 dans l’Est de la France. Le 26 mai 1940, venant d’Alsace, le 60e RI, monta en ligne sur la Somme, immédiatement à l’Ouest d’Amiens, dans le secteur de Picquigny et Ailly-sur-Somme. L’attaque allemande se déclencha le 5 juin. Le 6 juin 1940, André Beaufils fut atteint à la tête par une balle. Fait prisonnier, il fut libéré dès août 1940 pour raisons médicales. Il revint à Tulle et épousa Andrée, Eugénie Besse dont il eut une fille Marie-Thérèse. Son épouse était employée du gaz à Tulle et André Beaufils reprit son métier de coiffeur. Ils étaient domiciliés 33, rue du Docteur Valette. La famille séjourna à nouveau en Creuse en 1942 – 1943, avant de revenir à Tulle fin 1943.
Le 7 juin 1944, les forces de la Résistance entreprirent de libérer la ville de Tulle. L’arrivée le 8 juin d’unités de la division SS Das Reich mit fin à cette tentative. Selon le récit rapporté par Gilbert Beaubatie, « dans la soirée du 8 juin 1944, des militaires allemands occupèrent son logement et exigèrent que son épouse leur fasse à manger. Le lendemain matin, il fut contraint de suivre les Waffen-SS en vue d’une vérification de ses papiers, assuré qu’il n’avait rien à craindre, étant donné qu’il était « en règle ». Le soir même, de retour à la maison, qu’ils allaient piller, les occupants annoncèrent à son épouse l’affreuse nouvelle : « Votre mari ne reviendra plus, les bons ont payé pour les mauvais… »
André Beaufils fut pendu le 9 juin 1944 à Tulle. Il avait 26 ans et demi. La mémoire familiale (Laurent Beaufils) diffère de ce premier récit : « André Beaufils revenait de Bort-les-Orgues où il avait laissé sa femme et sa fille cachées, et a été arrêté par les nazis à son arrivée à Tulle, non rasé. Sa femme, informée est venue à Tulle, pour le défendre en tentant de faire valoir sa position dans un service utile au public, mais sans résultat ».
Il obtint la mention Mort pour la France, et reçut en juin 1953 le titre d’interné politique. Son nom figure sur le monument aux morts de Toulx-Sainte-Croix et sur celui de Boussac (Creuse) sur une plaque dédiée par la commune « A nos martyrs » ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).


Tulle, 9 juin 1944 : les pendus de Tulle
Sources

SOURCE : Dossiers AVCC Caen 21 P 704844 et 21 P 310 577 — Documentation de Gilbert Beaubatie — Renseignements et témoignage Laurent Beaufils, Boussac — Marc Parrotin Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — mémorial genweb — État civil, mairie de Toulx-Sainte-Croix. .

Gilbert Beaubatie, Michel Thébault

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