Né le 8 novembre 1873 à Leigné-sur-Usseau (Vienne) ; exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; retraité ; résistant réseau Alliance.

Il était le fils de François Tillet maréchal-ferrant et de Florence Tromat, résidant à Coulombiers (Vienne). Après son service militaire au 20ième Régiment d’Artillerie de Poitiers (Vienne) effectué de septembre 1894 à juillet 1897 comme aide puis comme brigadier maréchal-ferrant, il s’engagea dans l’armée. Il fit partie du corps expéditionnaire de Chine du 29 août 1900 au 26 septembre 1901 (répression de la révolte des Boxers). Nommé maréchal des logis en 1907, il participa ensuite, à partir de 1914, toujours dans l’artillerie, à la campagne contre l’Allemagne. Il fut nommé adjudant en janvier 1915, mais fut atteint de tuberculose et réformé en juillet 1918. Il reçut pour ses services la médaille commémorative de l’expédition de Chine et la Médaille militaire (par décret du 19 octobre 1917).
Il avait épousé Marie, Clémence Bourcier avec laquelle ils eurent plusieurs enfants. Leur fille Marie, était une amie d’Edith Augustin dont elle épousa le cousin Albert Roquet. Ces liens familiaux expliquent son intégration ainsi que celui de son épouse dans le réseau Alliance. Ils devinrent membres du réseau, région sud-ouest « Hangar », secteur de Poitiers. Leur maison dans le quartier de Montmidi à Poitiers servait de lieu d’hébergement (ils cachèrent quelque temps un marin des Forces Française Libres) et d’émission pour les contacts avec Londres (au moyen d’un poste émetteur dissimulé dans une mansarde de leur maison).
Dénoncés par un agent double travaillant pour la police de sûreté allemande, les résistants de la région Sud-ouest furent arrêtés. Le époux Tillet furent arrêtés le 31 décembre 1943, en même temps qu’Edith Augustin. Incarcérés à la maison d’arrêt de la Pierre-Levée à Poitiers, ils furent transférés avec tout le groupe à la prison de Fresnes puis au camp de Compiègne. Déporté sous la classification "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard") à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), Eugène Tillet y arriva par le convoi du 29 avril 1944.
Devant l’avance alliée les 107 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Eugène Tillet, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.
Édith Augustin, Albert Roquet, Eugène et Marie Tillet furent à titre posthume nommés sous-lieutenants et décorés de la Légion d’honneur, de la croix de guerre et de la médaille de la Résistance.
Il fut déclaré "Mort en Déportation" par arrêté du 6 septembre 2000.Son nom figure sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).
Sources

que commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).
SOURCES : AD 86 (État civil ; registre matricule) — MémorialGenWeb. — Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof ". Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé" Fayard 1968 — Mémorial de l’Alliance 1948 — Article de Jean-Marie Augustin, professeur à l’Université de Poitiers publié par l’Association Vienne Résistance Internement Déportation (VRID).

Michel Thébault, Jean Louis Ponnavoy

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