Né le 28 octobre 1919 à Caen (Calvados), exécuté sommairement en représailles le 14 août 1944 à la carrière des Grises, commune de Prémilhat (Allier) ; électricien à Saint-Sébastien (Creuse) ; résistant AS.

Né à Caen, il était le fils de Victor, Frédéric, Armand Harand journalier et de Louise, Ernestine, Marie Quédrue. Il se maria à Vareilles (Creuse) le 25 avril 1942 avec Aimée Gabrielle Torillon. Il avait une formation d’électricien mais était apparemment employé comme domestique chez le docteur Jean Levin demeurant à Saint Sébastien. Il était domicilié à Vaussujean, commune de Saint Sébastien (Creuse) au début 1944.
Il semble d’être engagé dans la Résistance (témoignage recueilli par la gendarmerie en 1950. dossier DAVCC) et avoir fait partie du groupe de la Chapelle-Baloue (Creuse). Ce groupe sous les ordres de Jean Baptiste Rosier dit Victor, instituteur à La Chapelle Baloue, lieutenant FFI commandant la 1ère Compagnie CFL, compagnie Victor, du Bataillon Anne (Armée Secrète, Creuse-Nord) participa à des opérations de parachutages effectuées sur le terrain des Pierres Blanches, et au sabotage de lignes de transport d’énergie électrique, de voies ferrées et de matériel roulant en gare de Saint Sébastien. Ainsi le 13 juillet 1944, un train de marchandises transportant entre autres des produits alimentaires et des produits de consommation divers, fut immobilisé en gare de Saint Sébastien par une coupure de la voie, et la locomotive détruite la nuit même par un sabotage de la Résistance. Les maquis locaux ouvrirent les wagons et s’emparèrent de marchandises pour leur ravitaillement (deux bons de réquisition émanant des FFI furent remis au chef de station : bon°1/ 10 sacs de sucre, 40 sacs de tabac, 4 sachets d’étoffes et 3 vélos ; bon n°2/ 500 kg de sucre...). Suite à des plaintes et dénonciations, les autorités d’occupation organisèrent les 2 et 3 août 1944, une vaste opération de perquisitions (sur listes établies à l’avance) et d’arrestations dans Saint Sébastien et plusieurs communes voisines. Une unité de la Wehrmacht agissant sur ordre du SIPO-SD de Clermont-Ferrand procéda aux arrestations. Un témoignage recueilli en juin 1950, lors d’une enquête de la gendarmerie de Dun-Le-Palleteau (aujourd’hui Dun-Le-Palestel, Creuse) précise les circonstances de l’arrestation de Roland Harand le 3 août 1944 (dossier DAVCC) : « A l’époque indiquée et à la suite de perquisitions faites par les Allemands dans la localité, et de peur de représailles, un groupe de quelques hommes du pays dont faisait partie Roland Harand a quitté la localité pour se réfugier au « Repaire » à 1 km 500 environ de Vaussujean. Vers midi croyant que l’opération menée par l’occupant était terminée, et au moment où nous nous apprêtions à regagner notre domicile, un groupe d’Allemands montés dans des voitures automobiles se sont présentés à ce village. Quand ils nous ont aperçus, ils ont ouvert le feu sur nous, Harand qui se trouvait derrière moi, est tombé sur le sol. Je n’ai pu lui porter secours, car les Allemands avançaient toujours. Je ne sais pas s’il a été blessé, car je ne l’ai plus revu. Les occupants l’ont fait prisonnier ». Il fut arrêté, conduit dans un premier temps à Guéret (Creuse) et incarcéré au lycée de garçons, puis transféré avec d’autres prisonniers et résistants creusois à la caserne Richemont à Montluçon (Allier). Il en fut extrait le 14 août 1944, vers 5 heures du matin, avec 41 autres civils également détenus au même lieu. Ils furent conduits en camion sur la route de Quinssaines jusqu’au lieu-dit Les Grises, sur la commune de Prémilhat (Allier). Ils furent fusillés, vraisemblablement en représailles aux multiples attentats et actes de sabotages accomplis dans le secteur de Montluçon dans les premiers jours d’août 1944. Les corps furent jetés dans des fosses creusées à l’avance et couverts de chaux vive. Son corps fut reconnu dès le lendemain par sa veuve.
Il fut déclaré Mort pour la France en janvier 1951. Son nom figure sur le monument aux morts de Saint Sébastien, sur la stèle commémorative de Prémilhat (Allier) et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).
Sources

SOURCES : Dossier DAVCC Caen — Notes Raoul Vaugelade, ANACR de La Souterraine — Témoignage Mme. Odile Baraille, Saint Sébastien — Mémorial genweb, Guéret Mémorial de la Résistance creusoise — Mémorial genweb, stèle commémorative de Prémilhat (Allier) relevé 20907. — État civil.

Michel Thébault

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