Né le 27 juin 1912 à Ytrac (Cantal), exécuté en représailles le 8 juillet 1944 à Portes-lès-Valence (Drôme) ; gendarme ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Louis-Antoine Fau était le fils de Antoine, Louis Fau et de Jeanne Verdier, meuniers au moulin de Lacarrière, commune d’Ytrac. Il avait quatre soeurs nées en 1907, 1909, 1911 (décédée à l’âge de 6 mois) et 1919. Après la Première guerre mondiale la famille s’installa au Moulin Neuf, commune de Saint-Constant (Cantal). En 1933, un an après le décès de son père, Louis-Antoine Fau épousa Jeanne, Marie, Irène Mazières, institutrice née le 3 mai 1912 à Maurs. Le couple eut un premier enfant Maurice né le 11 février 1934. Il effectua son service militaire d’abord au 126e RI de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) puis au 32e régiment d’infanterie basé à Baraguey-d’Hilliers près de Tours (Indre-et-Loire). Le 5 avril 1934, il devint élève garde à pied en 1939 à la 3e légion de Gardes Républicains Mobiles (GRM) puis fut titularisé garde républicain le 14 novembre 1939. Du 2 septembre 1939 au 26 juin 1940, il fut mobilisé et en octobre 1943 obtint un poste de gendarme à la brigade de Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme) où son épouse fut mutée à la rentrée scolaire 1943-1944.
En mars 1944, quittant la gendarmerie, Louis Fau s’engagea dans la résistance au sein du 2e bataillon de la Drôme, sous-officier à la 2e demi-brigade alpine des FFI. Dans la, il côtoya Gaston Vincent alias commandant Azur, le couple Andrieux (Jean Aragon et Elsa Triolet). Le 9 juin 1944, Louis-Antoine Fau participa à une mission à risque. Il s’agissait de récupérer des armes et des munitions dans un poste qui semblait abandonné au barrage de Pizançon près de Roman (Drôme). Le 15 juin, Louis-Antoine Fau circulait à bicyclette lorsqu’il fut contrôlé par une patrouille allemande. Il se dit ouvrier agricole mais la plaque de son vélo de la gendarmerie le trahit. Il fut arrêté et regroupé avec 76 autres personnes à Saint-Donat. Le maire Léon Durand qui avait également été arrêté parvint à faire libérer l’ensemble des otages sauf un petit groupe de 6 dont Louis-Antoine Fau, Émile Gay et Albert Bernard. Transféré et interné au fort de Montluc à Lyon (Rhône), il fut sauvagement torturé mais refusa de parler. Le 8 juillet 1944 Louis-Antoine fut fusillé comme otage à Portes-lès-Valence avec 32 autres personnes.
Il avait 32 ans. Il a été déclaré Mort pour la France. Son corps restitué à la famille le 23 mars 1949 a été inhumé à Maurs.
Son nom est gravé sur la stèle des fusillés de Portes-les-Valence, sur le Monument aux morts et une plaque commémorative à Saint-Donat-sur l’Herbasse (Drôme) ainsi que sur le monument aux morts d’Ytrac.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Drôme, 1920 W, 132 J 30, 132 J 25. — SHD Vincennes, GR 16 P 216940, dossier Résistant de Louis Antoine Fau (nc). — AVCC Caen, AC 21 P 182259, dossier Louis Antoine Fau (nc). — Drôme Nord, p. 265. — Fédération des Unités combattantes de la Résistance et des FFI de la Drôme, Pour l’amour de la France, Peuple Libre, Valence, 1989, p. 266. — Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987, p. 273. — Jean-Louis Schaff, Hommage au gendarme-résistant Louis-Antoine Fau, Centre Socio-culturel intercommunal d’Ytrac, avril 2018. — Arch. dép. du Cantal, (État civil, registres matricules). — Geneanet. — MémorialGenWeb.

Robert Serre, Patrick Bec

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