Né le 20 avril 1923 à Beaurepaire (Isère), sommairement exécuté le 5 août 1944 à Beaurepaire ; mécanicien ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant

Louis, Lucien Fiard était le fils de Lucien, Joseph, restaurateur, et de Marie, Louise Fragnoud.
Célibataire, il était mécanicien et avait été réformé de la Marine.
Début mars 1944, il rejoignit la Résistance et intégra le maquis Bozambo de l’AS-Drôme Nord avec son frère André. Ils faisaient partie de la compagnie Lahmery.
Voici ce relata Le père de Louis Fiard, Lucien, pour le Mémorial de l’Oppression. « J’étais avec mes deux fils au groupe Bozambo à Saint-Christophe-et-le-Laris. Mes deux fils sont venus à Beaurepaire pour soins dentaires.
À l’annonce de l’arrivée des Boches vers 9 heures du matin, ils sont partis pour essayer de rejoindre leur camp.
À la sortie de Beaurepaire une colonne allemande les a refoulés leur disant de rentrer dans la ville et de ne pas en sortir.
Vers 12h45, le commandant boche avec une quinzaine d’Allemands armés s’est présenté chez moi en disant à ma femme : Votre mari et vos deux fils sont au maquis ? C’est inutile de nous le cacher, nous le savons.
Et de menacer de brûler la maison en laissant ma femme et ma fille dedans.
Ma femme a dit : Mon mari est à Lyon avec sa voiture d’ambulance et mes deux fils sont en ville.
À ce moment-là, mon fils ainé (Louis) arriva et il le questionna sur les positions du maquis, dont il s’est défendu de faire partie et il a dit qu’il ne connaissait pas de camp.
Ils ont obligé ma femme à les faire manger, puisque je tenais hôtel-restaurant.
Ensuite ils ont annoncé par le tambour, qu’il fallait se présenter sur la place Yves Pagneux.
Mes deux fils se sont présentés car ils n’ont pu faire autrement, ils perquisitionnaient toutes les maisons.
 »
Après avoir été interrogé toute l’après-midi, et devant le refus de parler de Louis Fiard, celui-ci fut mis avec Robert Offner et Jean Pécheur, arrêtés le matin à Roybon (Isère), et Camille Barruel, arrêté le matin à Beaurepaire.
Tous les quatre furent fusillés devant la population masculine de Beaurepaire.
Louis Fiard fut enterré dans la caveau familial au cimetière de Beaurepaire.
Il obtint la mention "Mort pour la France", fut homologué membre des Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant.
Il fut décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et de la Médaille de la Résistance.
Son nom figure sur le monument érigé sur le lieu du massacre, place Yves Pagneux à Beaurepaire, sur le monument aux morts de Beaurepaire et sur le monument commémoratif aux maquis Bozambo et Mabloux à Saint-Christophe-et-le-Laris (Drôme).
Après avoir été emmené à la prison de Montluc à Lyon avec 40 autres otages, son frère André Fiard aurait été déporté en Allemagne le 10 août 1944.


Voir : Beaurepaire
Sources

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W 436 — SHD Vincennes, GR 19 P 26/2 ; GR 16 P 223342 — AVCC Caen : 21P 184228 et 645533 — Chosson, Desgranges, Lefort, Drôme nord, terre d’asile et de révolte, Peuple Libre 1993, p. 313. — Le nom d’André Fiard ne figure pas sur la base de la Fondation pour la mémoire de la déportation. — Mémorial GenWeb — État civil

Robert Serre, Jean-Luc Marquer

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