Né le 30 octobre 1925 à l’Isle-Jourdain (Vienne), exécuté sommairement le 4 août 1944 au Vigeant (Vienne) ; manœuvre ; résistant, maquis AS de la Vienne.

Pierre Augry était le fils de Martial, Paul Augry, négociant et de Jeanne Marie Louise Thonnat. Ses parents tenaient un commerce de vin à L’Isle-Jourdain. En 1944, célibataire, il était domicilié chez ses parents et exerçait la profession de manœuvre. Agé de 18 ans, il rejoignit dans le secteur de l’Isle-Jourdain un maquis de l’Armée Secrète de la Vienne, vraisemblablement le maquis « Adolphe » rattaché au départ à l’ORA puis après le 6 juin 44 à l’AS, sous le commandement du capitaine Blondel (groupement D du sud de la Vienne). Le 4 août 1944 se produisit dans le sud du département une opération de répression menée par une colonne allemande (Section rapide 608, issue du bataillon de réserve de la 17ème division SS Götz von Berlichingen, et Feldgendarmerie Trupp B motorisée 687) venant du sud, partie de Charente le 3 août et procédant dans la journée du 4 août à des séries d’exactions, d’exécutions sommaires et de massacres entre Charroux , Le Vigeant et Persac. Le 4 août 1944 vers 13 heures 15, Pierre Augry accompagné d’un autre maquisard Marcel Desban partit à bicyclette du P.C. du maquis installé à l’hôtel du Lion d’Or de l’Isle-Jourdain. Ils étaient envoyés en reconnaissance par les maquis Joël et Adolphe, en position de défense autour de l’Isle-Jourdain, pour évaluer l’avancée des Allemands signalés sur la route de Mauprévoir au Vigeant. Dans le village, ils se trouvèrent, arrivés au cimetière du Vigeant, face à l’arrivée d’une colonne allemande. Faits prisonniers par des SS de la section rapide 608, ils furent conduits devant le chef de l’unité, le commandant Schmidt et subirent un court interrogatoire. Ils furent placés dans un fossé sous la garde de deux soldats. Après un temps d’attente, le commandant SS donna l’ordre, au moment où les combats dans le village s’intensifièrent entre 14 et 15 heures, de les exécuter. Conduits dans un passage menant à un champ situé près de la route de la Petite Age, les deux maquisards tentèrent de s’enfuir mais furent blessés par les tirs, fauchés par une mitrailleuse au chemin du Monteil et rattrapés. Tous deux reçurent alors le coup de grâce, Pierre Augry fut tué mais son camarade Marcel Desban survécut (resté caché jusqu’au soir, il fut ensuite transporté et soigné à l’hôpital de Montmorillon).
Pierre Augry obtint la mention mort pour la France, son nom est inscrit sur le monument aux morts et sur le monument commémoratif de la Résistance de l’Isle-Jourdain. Il figure aussi sur la plaque commémorative du Vigeant, face au cimetière, dédiée aux « Résistants et victimes civiles du 4 août 1944 » ; une stèle a été élevée sur le chemin de Monteil au Vigeant à sa mémoire.
Voir Le Vigeant (4 août 1944)
Sources

SOURCES : Site de la mairie du Vigeant Le 4 août 1944 — Site du collège de l’Isle-Jourdain — État civil, mairie du Vigeant (acte de décès registre 1944, n° 48) — Mémoire des Hommes — mémorial genweb.

Dominique Tantin, Michel Thébault

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