Né le 21 septembre 1919 à Paris XIV° arr. (Seine), mort en action le 4 août 1944 au Vigeant (Vienne) ; tourneur sur métaux ; résistant, maquis AS de la Vienne.

Raymond Dulché était le fils de Maurice Dulché et de Berthe Servant. Au début des années 1940, célibataire, il était domicilié 10, rue Popincourt à Paris XI° arr. et exerçait la profession de tourneur sur métaux. A l’automne 1942 commencèrent, en particulier sur Paris, des réquisitions massives d’ouvriers d’usine spécialisés (première « Action Sauckel » ou premier STO), facilitées par le recensement décrété en septembre par le gouvernement de Vichy des travailleurs d’usine et plaçant les travailleurs célibataires en tête des désignables. Entre octobre 1942 et janvier 1943 se produisirent même des rafles organisées dans les usines par les forces d’occupation afin d’obtenir les contingents de travailleurs nécessaires à l’industrie allemande (Raphaël Spina op. cit). On peut émettre l’hypothèse que Raymond Dulché ouvrier spécialisé en région parisienne ait choisi ce moment pour quitter Paris et se réfugier dans la Vienne. Il vint se cacher à Saint-Martin-l’Ars (Vienne). Il s’engagea ensuite dans la Résistance et rejoignit un maquis de l’Armée Secrète de la Vienne, vraisemblablement le maquis « Adolphe B » de l’AS installé autour de l’Isle-Jourdain. Il faisait partie d’un détachement qui se heurta à une colonne allemande (la section rapide SS n° 608 du 80e corps d’armée de la Wehrmacht, renforcée par des Feldgendarmes et des miliciens) à la sortie du Vigeant le 4 août 1944. En fin de matinée, vers 11h, la colonne allemande de répression fut attaquée par la Résistance à 3 km au sud du Vigeant au bois de Larreau Peu après, deux sections des maquis locaux de l’AS envoyées en renfort à partir de l’Isle-Jourdain, furent interceptées lors de leur arrivée au Vigeant vers 13 heures 45. Les maquisards surpris, sautèrent des camions et ouvrirent le feu mais six d’entre eux dont Raymond Dulché pris sous le feu de l’ennemi furent tués presque immédiatement dans le combat. Il ainsi fut l’une des six victimes du début de cet affrontement qui précéda la dévastation du bourg et le massacre de 34 autres civils et résistants par cette colonne allemande.
Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de la résistance de l’Isle-Jourdain. Il figure aussi sur la plaque commémorative du Vigeant, face au cimetière, dédiée aux « Résistants et victimes civiles du 4 août 1944 ».
Voir Le Vigeant (4 août 1944)
Sources

SOURCES : SHD GR 16 P 199116 — Site de la mairie du Vigeant Le 4 août 1944 — Raphaël Spina Histoire du STO Ed. Perrin. mars 2017 — État civil, mairie du Vigeant (acte de décès registre 1944, n° 44) — Mémoire des Hommes — mémorial genweb.

Dominique Tantin, Michel Thébault

Version imprimable