Né le 17 mars 1906 à Le Bouchage (Charente), massacré le 4 août 1944 au Vigeant (Vienne) ; mécanicien ; victime civile.

Armand, Jean, Joseph Rousseau était le fils de François Rousseau, charpentier, alors âgé de 42 ans, et de son épouse Angèle Guinot, âgée de 28 ans, sans profession domiciliés au lieu-dit Chez Micail, au nord de la commune à la limite du département de la Vienne. Joseph fut son prénom usuel. Il épousa Angèle Cartier née en 1909 et décédée en 1981 à Charroux (Vienne). Il était en 1944 domicilié à Charroux (Vienne) où il exerçait la profession de mécanicien.
Le 3 août 1944, une colonne allemande traversa Charroux (Vienne) et pris en otages cinq personnes : Armand Rousseau (38 ans) et ses deux fils, Marc (15 ans) et Rémy (14 ans), ainsi que deux ouvriers agricoles, Alexandre Begoin (41 ans) et François Gadomski (31 ans). Le rapport militaire allemand des opérations publié par Christian Richard (op. cit.) précise les circonstances vues du côté allemand (rapport rédigé par le capitaine commandant l’unité de Feldgendarmerie) : « Le XXXème Corps d’Armée avait prescrit pour le 3 août 1944 une action contre le bois de Charroux au sud de Mauprévoir… dans lequel devait se trouver des groupes de terroristes. L’action a été menée par le Commandant de la Section Rapide 608, le commandant Schmidt, sous les ordres duquel, et à l’occasion de cette opération, la Trupp. De Feldgendarmerie B. motorisée 687 était placée. Le détachement est arrivé au moment prescrit sur les lieux au sud de Mauprévoir pour barrer le passage à la lisière nord du bois de Charroux. Dans la partie sud du bois de Charroux… la section 608, venant du sud, rencontre un ennemi près de la ferme « Les Ecures » qui résista fortement ». Il semble donc établi que ce sont les SS de la section 608 qui sont à l’origine de l’arrestation des cinq otages à Charroux. Les otages furent emmenés par les troupes SS dans leur action de répression vers le nord de la Vienne. Le 4 août, l’opération de répression menée par la colonne allemande (Section rapide 608, issue du bataillon de réserve de la 17ème division SS Götz von Berlichingen, et Feldgendarmerie Trupp B motorisée 687), se poursuivit dans le secteur du Vigeant. Elle s’y heurta à des groupes de maquisards et procéda dans la journée du 4 août à des séries d’exactions, d’exécutions sommaires et de massacres entre Charroux, Le Vigeant et Persac. Le groupe des otages amenés de Charroux, dont Armand Rousseau et ses deux fils Marc et Rémy arrêtés avec lui, fit partie, avec les otages rassemblés au Vigeant, des victimes civiles fusillées en représailles, dans l’après-midi, devant une mare desséchée à côté du cimetière.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur la plaque commémorative du Vigeant, sur le monument aux morts de Charroux ainsi que sur celui du Bouchage, sa commune natale. Rousseau Armand sur la plaque du Vigeant est prénommé Joseph sur le monument de Charroux. Il fut inhumé sous l’identité de Joseph Rousseau dans une sépulture collective avec les quatre autres otages massacrés dans le cimetière communal de Charroux ; un monument funéraire leur y est dédié.
Voir Le Vigeant
Sources

SOURCES : État civil et informations communiqués par Muriel Rousseau-Colangelo — Christian Richard Groupement Le Chouan, maquis Est et Nord-Est de la Vienne, Lagardère, Le Chouan, Masier Michel Fontaine Ed. 2015 — mémorial genweb — Tombe des Fusillés de Charroux — État civil, mairie du Vigeant (acte de décès registre 1944, n° 35).

Dominique Tantin, Michel Thébault

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