Né le 30 octobre 1900 à Mustapha (Algérie) ; mort le 19 août 1944 à Perpignan pendant les combats de la Libération de la ville ; chauffeur à Perpignan ; résistant (ORA)

Léonie Coste veuve Vic avec Jean-Claude, fils d'Henri Vic et Léonie Coste, Perpignan, enterrement des victimes des combats de la Libération de Perpignan
Léonie Coste veuve Vic avec Jean-Claude, fils d’Henri Vic et Léonie Coste, Perpignan, enterrement des victimes des combats de la Libération de Perpignan
Source : Archives familiales de Gisèle Camsoulines, nièce de Léonie Coste.
Photographie, studio Auguste Chauvin, Perpignan. Auguste Chauvin pourrait être à droite du cliché
Henri Vic était le fils de Benjamin et de Marguerite, Rose, Louise Prats. Il se maria une première fois avec Rose Fourquet et, après avoir divorcé, il se remaria avec Léonie, Clotilde, Marie Coste. L’état civil de Perpignan indique de façon erronée dans son acte de décès qu’il naquit à Alger. De fait, Mustapha, commune limitrophe d’Alger fut rattachée à cette dernière en 1904.
Henri Vic habitait à Perpignan, 25 rue de Corse près des haras (route de Thuir, dans le quartier Saint-Martin). En 1944, il travaillait comme chauffeur et complétait ses revenus le soir en participant à la fabrication de poupées, sans doute pour l’usine perpignanaise de M. Pi ("Poupées Bella"). Père d’un jeune fils, il était marié avec Léonie Coste née vers 1916 dans une famille de quatorze enfants de Caixas (Pyrénées-Orientales)
Henri Vic était un résistant membre de l’ORA (Organisation de résistance de l’Armée) des Pyrénées-Orientales (Voir Puig François) depuis mars 1944. Le 19 août, sa femme ne voulait pas qu’il allât combattre contre les Allemands dans les rues de Perpignan. Ayant intégré un groupe de FFI, il fut tué lors des combats de la Libération de Perpignan, autour du pont Joffre, sur la Têt, qu’empruntait alors la RN 9 et que les Allemands — venant d’Elne, au sud de Perpignan, et ayant parcouru auparavant le quartier Saint-Martin— essayaient de franchir afin de prendre la direction de Narbonne. La famille a su qu’il aurait reçu une balle ennemie alors qu’il tentait de protéger un jeune FFI de dix-huit ans. Tous deux se trouvaient alors sur un toit. Ce dernier rapporta le fait à la famille. Son beau-frère, Michel Coste, reconnut son cadavre à la maison funéraire. Il était défiguré et seules les chaussures permirent de reconnaître le corps. Sa veuve, qui n’avait pas d’emploi, fut embauchée par comme aide maternelle par la ville de Perpignan.
Il eut droit, le 22 août 1944, à des obsèques solennelles, avec dix-sept autres victimes des combats des 19 et 20 août 1944 à Perpignan. Les cercueils furent transportés à dos d’homme dans les rues de la ville. Ils défilèrent devant une foule nombreuse, parcourant les rues du centre ville de la mairie jusqu’à la cathédrale Saint-Jean Baptiste où Mgr. Bernard, évêque d’Elne-Perpignan, donna l’absoute. Il fut enterré au carré militaire du cimetière de l’Ouest à Perpignan. Il fut déclaré « mort pour la France » (décision du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre, 2 juillet 1945).
Perpignan, combats de la Libération de la ville (19-20 août 1944)
Sources

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 13 J 33, fonds Fourquet, dossier relatif à l’histoire de l’ORA dans les Pyrénées-Orientales rassemblé par François Puig à l’intention de Camille Fourquet, correspondant départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale. — Arch. com. Perpignan, état civil, acte de décès d’Henri Vic. — Le Républicain, quotidien, organe du CDL des Pyrénées-Orientales, 26 août 1944. — Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, IIb, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 924. — Cristià Xanxo, La libération de Catalunya Nord ou le retrait allemand. Samedi 19 et dimanche 20 août 1944, Prades, Terra Nostra, 2015, 151 p. [p. 444 ; pp. 94-95]. — Courriel de Brigitte Neveu-Payrou, petite nièce de Léonie Coste-Vic, 6 septembre 2016. — Conversation téléphonique avec Brigitte Neveu-Payrou, 7 septembre 2016. — Site MemorialGenWeb consulté le 23 août 2016.

André Balent

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