Née le 14 novembre 1932 à Paris (XVIIIe arr.), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; victime civile.

Monique Aimond
Monique Aimond
Crédit : MémorialGenWeb
Hôtel - Restaurant Avril, Oradour-sur-Glane
Hôtel - Restaurant Avril, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Pallier - Metzger - Aimond - Guionnet, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Pallier - Metzger - Aimond - Guionnet, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Guionnet - Metzger - Aimond - Pallier, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Guionnet - Metzger - Aimond - Pallier, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Monique Aimond était la fille de Paul Louis Fernand (né le 15 mai 1899, à Linas, Essonne), et de son épouse Françoise née Metzger* (née le 7 juillet 1909, à Besançon, Doubs). Ses parents s’étaient mariés le 26 novembre 1931 à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise), ils divorcèrent le 22 novembre 1931. Son père épousa en secondes noces le 3 juillet 1937 à Paris, Marguerite Paulette Jeanne Isnult. Sa mère épousa en secondes noces le 30 mars 1935 à Enghien-les-Bains, Jean Paul Félix Pallier (né le 23 septembre 1905, à Paris IXe arr.), ingénieur à la SNCF.
Elle était l’aînée d’une fratrie de trois enfants, Huguette Claudie Geneviève Blanche Antoinette* (née le 1er avril 1936), Yves Jean Félix Edmond* (né le 13 octobre 1938), tous les deux à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine).
La famille était domiciliée 11 rue Guillaume Tell à Paris (XVIIe arr.).
En 1944, Françoise Metzger*, ses trois enfants* et sa nièce* s’étaient mis à l’abri des bombardements et résidaient à l’hôtel Avril à Oradour-sur-Glane.
Elle était la cousine de Jacqueline Françoise Blanche Guionnet*, fille d’André Louis Guionnet et de son épouse Nicolle née Metzger, sœur de sa mère.
Son beau-père échappa au massacre, était absent pour le travail.
« En soirée, des voyageurs qui rentrent ou passent par Oradour découvrent avec stupeur le village au plus fort de l’incendie. Le premier est un ingénieur des chemins de fer, nommé Jean Pallier, qui circule en camion dans le cadre d’une mission professionnelle avec des accompagnants. Alors que depuis la veille, le 9 juin, toute circulation a été interdite dans l’ancienne zone libre sur ordre du commandement militaire, il a obtenu l’autorisation d’organiser un détour par Oradour pour rendre visite à son épouse et ses enfants qui y sont réfugiés. La mission achevée, il part de Limoges vers 18 heures et, après avoir franchi un barrage à environ quatre kilomètres, il arrive à Oradour. Jean Pallier rédigera une relation de ce qu’il découvrit : ’’ Au sommet d’une côte, nous avons pu apercevoir le Bourg qui n’était plus qu’un immense brasier. (…) A quelque trois cents mètres de l’agglomération, nous avons été arrêtés, sous la menace d’un fusil mitrailleur, par un peloton de cinq ou six soldats allemands. Invités à descendre rapidement de voiture et à lever les bras, nous fumes sommairement fouillés afin de vérifier que nous ne portions pas d’armes. Je profitai de cette circonstance pour exposer en allemand (…) que j’avais été autorisé par un officier allemand à venir jusqu’à Oradour. Une estafette cycliste partit alors en direction du village pour prendre les instructions nécessaires au poste de commandement. Elle revint environ vingt minutes après, disant qu’il convenait d’attendre à l’emplacement où nous nous trouvions. Le train électrique départemental qui, en passant par Oradour, relie Limoges à Saint-Junien et Bussière-Poitevine, arriva sur ces entrefaites.’’ Le tramway du soir est parti de Limoges vers 18 heures, malgré l’incident dramatique de l’après-midi survenu avec une machine d’essai qui avait été refoulée et la mort d’un agent des chemins de fer départementaux. A trois kilomètres d’Oradour, un jeune homme a prévenu que ’’des allemands étaient en train de fusiller des otages et de brûler les maisons. (…) Le conducteur a néanmoins continué sa route jusqu’à Puy-Gaillard, où il fut arrêté par les Allemands.’’ Les voyageurs résidant à Oradour ou qui s’y rendent reçoivent l’ordre de descendre des voitures. Les Waffen SS vérifient les identités des voyageurs restés dans le tramway qu’ils renvoient en direction de Limoges. Ceux qui sont descendus attendent que les ordres soient donnés sur leur cas. L’ingénieur des chemins de fer renvoie ses compagnons à Limoges avec le véhicule et doit se joindre au groupe des habitants d’Oradour. Mr Pallier : ’’ Il était 20 heures environ. Au cours de notre trajet à travers champs, nous avons constaté qu’un cordon de troupes en armes cernait complètement le bourg. Arrivés au poste de commandement, nous subîmes un nouvel interrogatoire. Nous étions cinq ou six hommes et huit ou dix femmes. (…) Vers 22 heures, les soldats allemands changèrent subitement d’attitude. Le commandant venait d’arriver. Il nous fut prescrit, à moi et aux autres hommes, de nous aligner sur un rang, le long d’une clôture, comme si nous allions être fusillés. Une nouvelle vérification d’identité fut faite. (…) nous fumes invités à nous éloigner rapidement du village. Au moment de notre départ, le sous-officier qui avait procédé à la dernière vérification d’identité, et qui parlait correctement le français, nous dit : ’’Vous pouvez dire que vous avez de la chance.’’ (…) ’’Le lendemain, dès le petit jour, cinq ou six hommes, dont j’étais, se dirigèrent vers le bourg avec l’espoir d’avoir des nouvelles des disparus. Un spectacle indescriptible nous y attendait. La maison qui, la veille au soir, servait encore de PC, était complètement brûlés. Aux abords, on remarquait de nombreuses douilles de cartouches et un amas de bicyclettes dont la plupart étaient détériorées. Un peu plus loin, nous sommes entrés dans l’agglomération principale, que nous avons traversée dans sa plus grande longueur. Tous les bâtiments, y compris l’église, les écoles, la mairie, la poste, l’hôtel que ma famille habitait, n’étaient plus que ruines fumantes. Deux maisons seulement avaient été épargnées : l’une à l’entrée du Bourg, coté Les Bordes et l’autre à la sortie du bourg coté La Fauvette. En tout et pour tout, nous n’avions aperçu que trois cadavres carbonisé en face d’une boucherie et un cadavre de femme non carbonisé, mais tuée d’une balle dans la nuque. Nous avons continué sur la route de la Fauvette jusqu’à la première ferme non sinistrée, dans le but de savoir si l’on avait vu passer des femmes et des enfants. Malheureusement personne n’avait rien vu. (…) Nous sommes alors revenus vers le Bourg avec l’intention de prospecter une nouvelle route, celle qui mène à Saint-Junien par le Masférat et Dieulidou. Mais, dès les premières maisons, nous nous sommes heurtés à une patrouille allemande dans laquelle j’ai reconnu quelques soldats de l’unité qui nous avait, la veille, arrêtés. (…) nouvelle vérification des papiers (…) la patrouille nous intima de nous éloigner immédiatement (…) Nous avons alors regagné les Bordes en faisant le tour d’Oradour par des chemins détournés. A notre arrivée, le bruit courait que les enfants et les femmes avaient été rassemblés au Masférat. (…) Nous rencontrâmes plusieurs hommes qui, comme nous, cherchaient des nouvelles des leurs. Ils nous dirent qu’ils avaient découvert plusieurs charniers. (…) Au cours de mes déplacements dans le Bourg, j’avais pu constater que les trois cadavres aperçus le matin au petit jour avaient disparu et que les deux maisons épargnées avaient été incendiées. (…) C’est alors que j’appris, il était 17 heures, que l’on venait de découvrir, dans l’église, les cadavres des femmes et des enfants. Il n’est pas de mots pour décrire pareille abomination. Bien que la charpente supérieure de l’église et le clocher soient entièrement brûlés, les voûtes de la nef avaient résisté à l’incendie. La plupart des corps étaient carbonisés. Mais certains, quoique cuits au point d’être réduits en cendre, avaient conservé figure humaine. Dans la sacristie, deux petits garçons de douze ou treize ans se tenaient enlacés, unis dans un dernier sursaut d’horreur. Dans le confessionnal, un garçonnet était assis, la tête penchée en avant. Dans une voiture d’enfant reposaient les restes d’un bébé de huit ou dix mois. Je ne pus en supporter davantage (…) Jean Pallier s’éloigne et quitte Oradour. »
Elle fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et brûlée dans l’église avec sa mères, son frère, sa sœur, sa cousine et l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane.
Monique Aimond obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son père décède le 28 avril 1974 à Cannes (Alpes-Maritimes).
Son beau-père épousera en secondes noces le 11 juillet 1946 à Caen, Louise Victorine Gabrielle Gosselin (née le 22 août 1903, à Tourlaville (Manche). Il représentera l’Association des Familles dans la délégation Parisienne avec André Guionnet, il décède le 6 juin 1994 à Biéville-Beuville (Calvados).
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de Doubs, Essone et Paris, actes de naissances, mariages, décès. — Site Médaille-Passion, monographie Oradour-sur-Glane. — Romain Garnier, Oradour-sur-Glane, autopsie d’un massacre, essai historique, Paris, Elytel éditions 2014 (p. 148, note 99). — Jean-Jacques Fouché, Oradour, éditions Liona Levi, piccolo histoire, témoignage de Jean Pallier daté du 23 juin 1944 (p168 à 171, 176 à 179).

Dominique Tantin, Isabel Val Viga

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