Né le 20 novembre 1870 à Saint-Romain-d’Urfé (Loire), mort des suites de ses blessures le 18 septembre 1944 à Rive-de-Gier (Loire) ; instituteur, puis directeur d’école à Rive-de-Gier ; victime civile.

Veuf de Maria TAMAIN, institutrice, il éleva seul ses enfants à partir de 1909 : Jean Lucien, né en 1898 et Antoine Marcel né en 1909. Il fut un militant actif des Œuvres laïques et siégea au Conseil d’administration de la Caisse d’Epargne de Rive-de-Gier dans l’entre-deux guerres.
A sa naissance, son père, soldat au 2èmedragons, était combattant de la Guerre franco-prussienne. Il effectua son service militaire dans l’Infanterie ; sous-officier de réserve, il fut rappelé sur le front le 31 mars 1915 jusqu’au 13 août 1917 où il regagna Rive-de-Gier. Son fils aîné Jean Lucien, mobilisé fin 1916, mourut des suites de ses blessures en 1925. Son deuxième fils, Antoine Marcel, agent de liaison et de renseignements dans le réseau du général COCHET, arrêté à Montélimar (Drôme), le 6 juin 1944, transféré à la prison de Montluc à Lyon (Rhône) fut exécuté comme otage le 19 juillet 1944 avec 51 autres prisonniers.
Le 20 août 1944, dans le quartier des Vernes et Chantelézard à Rive-de-Gier (Loire) où il résidait, des soldats allemands et des FFI s’affrontèrent. Des civils tentèrent de secourir les résistants blessés. Parmi les combattants, Jean Beauvoir reconnut sans doute d’anciens élèves. Surtout son fils venait d’être assassiné et sa belle-fille déportée en Allemagne. Il se porta au-devant de la bataille. Voulait-il aider les hommes à terre ou participer au combat ? Il n’était pas armé et tomba sous les balles des Allemands. Ce jour-là, dans ce même quartier, partagé entre les communes de Rive-de-Gier et de Saint-Martin-la-Plaine (Loire), les Allemands blessèrent grièvement une riveraine, Joséphine Malosse qui soignait un résistant et tuèrent deux autres civils, Charles Boverat et Octavie Buisson. Joséphine dut être amputée d’une jambe. Jean Beauvoir décéda le 18 septembre 1944 des suites de ses blessures à l’Hôpital Marrel de Rive-de-Gier.
Son nom figure sur une stèle commémorative à Chantelézard à Saint-Martin-la-Plaine avec ceux de Charles Boverat, d’Octavie Buisson et de Jean Benoit Subert, le soldat FFI, secouru par Joséphine Malosse, mort au combat.
Sources

SOURCES : Arch. dép. de la Loire : Registres matricules. — Archives de l’Association Ripagérienne de Recherches Historiques. — Michelle Destour, Rive de Gier 1939-1945, une ville ouvrière dans la guerre, Ed. Sutton, 2013.— État-civil de Saint-Romain-d’Urfé. — État-Civil de Rive-de-Gier.

Michelle Destour

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