Né le 16 octobre 1923 à Limoges (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; victime civile.

Marcel Barrière était le fils d’André Léonard (né le 8 février 1895, à Limoges), menuisier, et de son épouse Léontine née Laclautre (née le 27 novembre 1903, à Saint-Goussaud, Creuse). Ses parents s’étaient mariés le 9 décembre 1922 à Limoges.
Il était le cousin de la famille de Jean Valade et de son épouse Marie née Bois, parents de Germaine* épouse de Jean Couvidou (parents de Georgette Henriette*, Yves, Edmond*, Lucien), et d’Albert.
Il était domicilié avec sa famille au 6 rue de la Cité à Limoges.
Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il était venu se réfugier chez ses cousins au Mas-du-Puy à Oradour-sur-Glane.
« Marcel, mon cousin de Limoges, est avec nous depuis janvier ; je ne le connaissait pas, pourtant nos deux familles se sont toujours fréquentées. (…) Sachant notre village calme et isolé, André est venu demander à mon père s’il voudrait bien héberger son fils pour quelque temps, et, au besoin, le cacher. En bon patriote, mon père n’a pas hésité, et Marcel est à la ferme depuis ce jour-là. Il est mécanicien, et travaillait dans un garage en ville avant d’être mobilisé. Il n’a pas son pareil pour réparer les vélos, qualité précieuse à cette heure où beaucoup de gens n’ont plus rien pour se déplacer. Quand il était aux Chantiers de Jeunesse, à Tronçais, il a appris son prochain départ en Allemagne au titre du STO. Il a obtenu une courte permission et ne s’est pas représenté à la caserne. »
« « Revenu à la ferme, je suis étonné de retrouver Marcel : il avait prévu de se rendre chez le coiffeur, à Oradour. Devant la légère pluie, il a renoncé à sa sortie. Il a dit à sa tante : ’’Il ne fait pas très beau, j’irai chez le coiffeur cet après-midi’’. (…) Vers quatorze heures, Marcel se prépare à partir, cette fois pour de bon. Il n’arrive pas à gonfler les pneus de sa bicyclette, c’est Baptiste qui s’en charge. (…) Marcel enfourche le vélo et se dirige vers Oradour. »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés. Ses cousins furent brûlés dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane.
Marcel Barrière obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son père décède le 3 avril 1947 et sa mère e 20 février 1980, à Limoges.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — Mémorial GenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès. — Albert Valade, Oradour, 10 juin 1944, la page de catéchisme, éditions de la Veytizou sarl (p32-33, p46).

Dominique Tantin, Isabel Val Viga

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