Né le 6 février 1917 à Ickern (Westphalie, Allemagne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; ouvrier coiffeur ; victime civile.

Joseph Bergmann
crédit : MémorialGenWeb
plaque des réfugiés Alsaciens, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque des réfugiés Juifs, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Joseph Bergmann était le fils de Jean et de son épouse Cathrine née Krystowiak.
D’origine polonaise, il était né pendant la première guerre mondiale à Ickern (Westphalie) dans le nord de la Ruhr, entre Dortmund et Recklinghausen, où son père était employé comme mineur. Ses parents ayant déménagé en Lorraine, il rejoignit à Schiltigheim, commune limitrophe de Strasbourg au nord, son frère Vladislav coiffeur installé dans cette ville. Il débuta à son exemple un apprentissage de coiffeur chez Hirsch, 59, rue principale. Il y rencontra à la fin des années 30, Marie Braunstein, déjà mère d’un petit garçon et dont la mère habitait Schiltigheim.
En septembre 1939, Schiltigheim fut évacuée, conformément au plan prévu par le gouvernement français. Sur les 22.000 habitants, environ 13.900 furent dirigés vers la Haute-Vienne. Le village d’Oradour-sur-Glane accueillit 453 habitants de Schiltigheim.
Il fut naturalisé Français, par décret du Président de la République le 2 novembre 1939.
Joseph Bergmann retrouva à Oradour-sur-Glane Marie Anna Braunstein* (née le 17 mai 1916, à Erstein, Pologne). Ils s’y marièrent le 25 avril 1940 et Joseph reconnut comme son fils le petit Serge* (né le 5 août 1935, à Strasbourg), âgé de cinq ans.
A l’été 1940, après l’armistice, une grande partie des habitants de Schiltigheim choisit de rentrer en Alsace. Huit réfugiés schilikois choisirent de rester à Oradour-sur-Glane : parmi eux, une famille juive les Kanzler* et la famille Bergmann catholique mais qui avait réussi son intégration au village. Joseph Bergmann y avait trouvé un emploi de coiffeur chez Lucien Morliéras* et participait comme joueur au club de football local.
« Le coiffeur ouvre sa porte Broussaudier entre, gare son vélo à l’intérieur de peur de se faire voler. Le commis du coiffeur, Joseph Bergmann*, commence sa coupe de cheveux. Les hommes perçoivent le bruit de camions qui remontent la rue du village et, au travers de la vitrine du salon, ils voient parfaitement qu’il s’agit d’un convoi allemand et que les soldats ont tous la main sur leur mitrailleuse ou leur revolver et, qu’au passage, ils observent attentivement les façades et les fenêtres des maisons. La coupe de cheveux de Clément n’est pas terminée, il a encore sur les épaules la blouse blanche de protection lorsqu’un Allemand pénètre dans la boutique, par la petite issue arrière du jardin. Le soldat menace les hommes de sa mitraillette, un autre, avec la crosse de son fusil, les pousse dehors et les dirige vers le Champ de Foire. »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés. Son épouse et son fils furent brûlés dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane.
Joseph Bergmann obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son nom figure sur la stèle de la Résistance érigée à Schiltigheim (Bas-Rhin) en 2009.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — site de la ville de SchiltigheimMémorial GenWeb. — AJPN Haute-Vienne. — Marielle Larriaga, Oradour-sur-Glane,10 juin 1944, éditions des traboules (p76). — Geneanet-Oradour-sur-Glane

Dominique Tantin, Michel Thébault, Isabel Val Viga

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