Né le 3 novembre 1882 à Lavaveix-les-Mines (Creuse), fusillé sommairement le 14 août 1944 à la carrière des Grises, commune de Premilhat (Allier) ; commerçant ; adjoint au maire d’Ahun (Creuse) ; résistant.

Il était le fils de François Giraud, ouvrier mineur à Lavaveix-les-Mines et d’Alice Dumas. Il fit son service militaire au 80ème RI de novembre 1903 à septembre 1906. Il se maria le 20 avril 1908 à Saint-Hilaire-la-Plaine (Creuse) avec Marie Octavie Joséphine Sudron. Ils eurent un fils. Mobilisé en août 1914 au 78ème RI de Guéret (Creuse) il arriva au front le 16 août. Il fit la quasi-totalité de la campagne de France, blessé par balle au Mont d’Origny (Aisne) le 15 octobre 1918. Il fut démobilisé en mars 1919. Domicilié à Ahun, il y devint commerçant, tenant une quincaillerie sur la place de la mairie. Il fut élu conseiller municipal d’Ahun lors du scrutin du 10 décembre 1919. Réélu, il devint adjoint au maire le 12 mai 1935 et le resta jusqu’à son décès.
Dès juillet 1943, il adhéra au Comité clandestin d’assistance aux réfractaires du STO. Selon le témoignage en 1962 de Louis Duclosson, ancien conseiller d’arrondissement du canton d’Ahun (dossier DAVCC), « comme adjoint au maire, il a délivré de nombreuses fausses cartes d’identité à des Israélites réfugiés dans la Creuse ». Il organisa enfin une manifestation patriotique à Ahun le 14 juillet 1944 dont il prit la tête. Il fut arrêté par la SIPO-SD à son domicile le 8 août 1944 à 6 heures du matin, après la découverte lors d’une perquisition, chez un juif nommé Kahn, refugié à Ayen (commune d’Ahun) et recherché, d’une fausse carte d’identité établie par Albert Giraud. Il fut d’abord conduit à Guéret et incarcéré, puis transféré le 12 août 1944 avec d’autres résistants creusois à la caserne Richemont à Montluçon (Allier). Il en fut extrait le 14 août 1944, vers 5 heures du matin, avec 41 autres civils également détenus au même lieu. Ils furent conduits en camion sur la route de Quinssaines jusqu’au lieu-dit Les Grises, sur la commune de Prémilhat (Allier). Ils furent fusillés, vraisemblablement en représailles aux multiples attentats et actes de sabotages accomplis dans le secteur de Montluçon dans les premiers jours d’août 1944. Les corps furent jetés dans des fosses creusées à l’avance et couverts de chaux vive. Identifié son corps fut ramené et inhumé à Ahun.
Il obtint la mention Mort pour la France, son nom figure sur le monument aux morts d’Ahun et la place de la mairie se nomme désormais place Albert Giraud. Son nom figure aussi sur la stèle commémorative de Prémilhat (Allier) et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse). Le ministère des Anciens Combattants lui refusa en avril 1969, la carte d’interné résistant au motif que « la personne pour qui Monsieur Giraud a établi une fausse carte d’identité, n’appartenait pas à la Résistance » (elle était juive) et que « la détention suivie d’exécution n’a pas été motivée par un acte qualifié de résistance à l’ennemi ».
Sources

SOURCES : Arch. Dep. Creuse (État civil ; registre matricule) — Dossier SHD AVCC Caen Cote AC 21 P 455 792 — Archives mairie d’Ahun — Marc Parrotin, Mémorial de la Résistance creusoise, éditions Verso 2000 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

Michel Thébault

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