Né le 21 mai 1899 à Toulon (Var), exécuté à Cannes (Alpes-Maritimes) le 18 août 1944 ; employé SNCF ; militant communiste ; résistant FTP.

Gabriel Berrone était le fils de Charles, commerçant et de Claire Pausanias. Il fut incorporé en juillet 1918 au 9e régiment d’infanterie coloniale. En 1919, il passa au 22e puis au 278e et enfin au 32e régiment d’artillerie de campagne puis au 10e régiment d’artillerie lourde coloniale. Il fut démobilisé en 1921. Il se maria le 19 septembre 1925 à Toulon avec Juliette Kneist dont il aura deux enfants. Il entra à la Compagnie de chemin de fer du PLM en 1928 et pour les années 1929 et 1930, il travailla comme cantonnier à Roquebrune-sur-Argens (Var) et ensuite dans plusieurs sites du Var avant de terminer à Cannes-la-Bocca.
En 1939, il fut placé pour des raisons d’ordre politique en tant que militant communiste, en affectation spéciale jusqu’à sa radiation le 20 mars 1940. Il fut alors affecté à la compagnie de passage spéciale de la 15e région au camp du Chaffaut (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence). Démobilisé le 31 juillet 16940, il fut maintenu, au titre d’indésirable civil, au camp du Chaffaut jusqu’à sa libération, le 21 mars 1941. Il retourna alors travailler à Cannes-la-Bocca et habitait la cité PLM. Dans ce faubourg industriel et ferroviaire, la résistance communiste se développa particulièrement.
Membre des FTP et de la 1e compagnie de destruction des Milices patriotiques de Cannes depuis 1943, Gabriel Berrone fut associé à diverses opérations de sabotage ordonnées par son chef Ange-Marie Miniconi dit "commandant Jean-Marie".
Le 18 août 1944, patrouillant le long de la voie ferrée à La Bocca en compagnie de son camarade Clément Costa, ils rencontrèrent une jeune sentinelle allemande qu’ils n’osèrent pas tuer, se contentant de la désarmer, de la bâillonner et de la ligoter sommairement avant de poursuivre leur route. La sentinelle étant parvenue à se libérer, elle donna l’alerte et un ratissage fut effectué dans le quartier, les deux FTP étant rattrapés et abattus contre un mur, avenue des Mûriers.
Il obtint la mention « Mort pour la France » et le titre de "Déporté et interné résistant" (DIR) et fut homologué soldat de la Résistance intérieure française (RIF).
Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 18/03/1970 publié au JO du 12/05/1970.
Une plaque fut inaugurée en 1954 sur les lieux de l’exécution. Leurs noms figurent sur cette plaque, sur la plaque commémorative du palais de justice, rue Le Poussin, les monuments aux morts de Cannes et Cannes-La Bocca, la stèle commémorative de la SNCF place Pierre-Semard, à Cannes (Alpes-Maritimes) et sur le monument aux morts SNCF du square Narvik, à Marseille Ier arr. (Bouches-du-Rhône).
Sources

SOURCES : dossier SHD Vincennes GR 16 P 52897 (nc).— Archives du musée de la Résistance azuréenne, Martyrologe — Eric Di Giuni, Cannes de 1939 à 1945, Nice, Alandis, 2002 — Peter Leslie, The liberation of the Riviera, the Resistance to the nazis and the story of its heroic leader Ange-Marie Miniconi, Londres, J.M. Dent, 1980 — Jean-Louis Panicacci, Les lieux de mémoire de la deuxième guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes, Nice, Serre, 1997.— Robert Mencherini dans Cheminots victimes de la répression Mémorial 1940-1945, sous la direction de Thomas Fontaine, Perrin/SNCF, Paris, 2017, page 156/157.

Jean-Louis Panicacci, Jean-Louis Ponnavoy

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