Né le 21 juin 1922 à Châteauroux (Indre), fusillé après condamnation à mort le 21 août 1944 à Heilbronn (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; étudiant ; résistant du réseau SR Alliance.

Jean-Marie Caprais était le fils de Paul Alexandre, officier retraité, âgé de 39 ans, chevalier de la Légion d’honneur et de Josèphe Renée Marie Antoinette Chaugne, âgée de 37 ans, sans profession.
Étudiant à l’École de navigation maritime à Nantes et demeurant à La Roche-sur-Yon (Vendée), Jean Caprais entra dans la Résistance au réseau de renseignements militaires "Alliance" en juin 1943 comme opérateur radio sur la région Nord et le secteur "Olympe", avec le pseudonyme "Grive". Il organisa tout son secteur, émettant vers l’Angleterre et transmettant des renseignements sur l’emplacement des troupes allemandes et leurs matériels. Il fut radiogoniométré et arrêté en plein travail le 18 novembre 1943, à Amiens.
Interrogé dès le lendemain par le SD local, il fut transféré le 29 novembre sur celui de Paris pour de nouveaux interrogatoires puis déporté directement depuis Paris à Strasbourg, convoi I.166 selon la nomenclature FMD, et interné à la prison de Kehl-am-Rhein (Bade-Wurtemberg). La Gestapo du SD de Strasbourg, spécialisée dans la répression du réseau Alliance, instruisit son cas et l’interrogea le 18 février 1944.
Le dossier d’accusation d’espionnage daté du 7 mars 1944, objet de la liste des affaires n° 97 le concernant ainsi que huit autres membres du réseau, Gabriel Romon, F. Rodney, André Riss, Jean Portenart, Jacques Bonnetain, Maurice Courcelle, Lucien Julia et Adrien Le Moine) fut envoyé au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa les tampons « Geheim » (secret) et « Haftsache » (affaire concernant des détenus) ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Jean-Marie Caprais fut transféré à la prison de Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg) et jugé le 15 juin 1944 par le 3e Senat du Tribunal de guerre, présidé par le juge Karl Schmauser. Reconnu coupable d’espionnage au profit d’une puissance ennemie, il fut condamné à mort et transféré à la prison de Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg).
Le jugement était le suivant (n° 186) : « L’accusé Caprais a été intégré en été 1943 dans les services de renseignements français. Il a reçu 2 postes émetteurs radio et a commencé son activité à Amiens dans l’été 1943. Il reconnait avoir émis 5-6 fois et avoir reçu 10 messages. L’accusé ne connaissait pas le contenu mais il savait qu’il s’agissait d’informations militaires concernant les troupes allemandes. Caprais est accusé d’espionnage, la peine demandée est la peine de mort, le jugement est conforme à la demande ».
Le jugement fut confirmé à Torgau le 11 juillet 1944 par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre, qui n’autorisa même pas le recours en grâce habituel.
Le 18 août, le directeur de la prison fit le tour des cellules pour annoncer aux condamnés qu’ils seraient transférés dans la nuit du 20 au 21 août et que leurs affaires personnelles devraient rester sur place. On leur fit remplir une étiquette indiquant leur adresse en France afin qu’elles soient restituées à leurs familles. Tous comprirent quel sort leur était réservé.
Jean-Marie Caprais et 23 autres codétenus furent conduits en camionnette par groupes de huit, le 21 août à l’aube à la caserne Schlieffen, à Heilbronn (Bade-Wurtemberg). Ils furent fusillés au champ de tir d’Heilbronn après avoir reçu l’assistance d’un prêtre, mais en refusant d’avoir les yeux bandés. Ils moururent courageusement en criant "Vive la France". Ils furent inhumés dans le cimetière de Sonthein-Neckar et le dernier vœu des 24 condamnés « d’être enterrés en France » fut exaucé par le réseau "Alliance" qui rapatriera les corps en juin 1947, à Strasbourg. Jean-Marie Caprais fut inhumé à la nécropole nationale de Strasbourg-Cronenbourg (Bas-Rhin).
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 25 février 1946 et "Mort en déportation" par arrêté du 26 février 2013.
Il fut homologué comme chargé de mission de 3e classe et sous-lieutenant de la DGER (Direction générale des études et recherches) le 25 février 1946.
Son nom figure sur la plaque commémorative de la préfecture à la Roche-sur-Yon (Vendée).
Sources

SOURCES : Dossier AVCC Caen 21 P 38090. — Marie-Madeleine Fourcade L’Arche de Noé, éd. Plon 1989. — Auguste Gerhards, Tribunal de guerre du IIIe Reich, éd. du Cherche-Midi, Paris 2014. — Vojensky ustredni archiv Praha (Archives centrales de l’Armée tchèque, Prague), Fonds Reichskriegsgerichtrat. — Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 1. — Mémorial de l’alliance, 1948.— Mémorial GenWeb.— État civil

Jean-Louis Ponnavoy, François Romon.

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