Né le 23 novembre 1920 à Saint-Symphorien, commune aujourd’hui rattachée à Tours (Indre-et-Loire), exécuté sommairement le 2 juillet 1944 à Bourg-Argental (Loire) ; résistant de l’Armée Secrète (AS), groupe de l’École des Mines de Saint-Étienne (Loire).

Après des études au lycée Hoche de Versailles (ancien département de Seine-et-Oise, aujourd’hui les Yvelines), Francis Baulier intégra l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Étienne ; en 1944, il était élève en deuxième année et appartenait au groupe de l’Armée Secrète de l’école. Cette équipe, sous la direction de Henri Jeanblanc et Maurice Knoblauch, devait assurer un support logistique au maquis du Pilat ; elle s’engagea à fond dans l’action à partir du 6 juin 1944, la récupération de moyens de transports et de carburant étant sa priorité. Le 29 juin, à Saint-Étienne, Francis et son camarade Camille Bécat étaient surpris par une patrouille allemande alors qu’ils s’approchaient d’un garage où étaient remisées deux tractions-avant Citroën. Armés, ils tentèrent de fuir en tirant mais pris sous le feu ennemi, ils furent livrés aux agents de la Gestapo de la caserne Desnoëttes. Le corps de Camille Bécat, qui avait reçu une balle dans le ventre lors de la fusillade, fut jeté dans un fossé près du village de Rochetaillée, commune aujourd’hui rattachée à Saint-Étienne.
Dans les jours qui suivirent, les perquisitions menées par la Gestapo à l’École des Mines n’ayant donné aucun résultat, les Allemands poursuivirent leurs incursions dans le massif du Pilat. Le 30 juin 1944, une traction de la Gestapo, suivie d’un camion de soldats allemands, se dirigea vers le village du Bessat (Loire) où des résistants furent arrêtés et du matériel et des vivres saisis. Le dimanche 2 juillet 1944, La Gestapo aidée par la Milice, transporta Francis Baulier et un jeune homme nommé Fayolle, habitant de Colombier (Loire), jusqu’à Maclas où ce dernier fut libéré. Vers 13 heures, le convoi pris la route du retour vers Saint-Étienne suivie d’une deuxième voiture, avec à son bord deux jeunes gens arrêtés le matin à Saint-Pierre-de-Bœuf (Loire). Au col du Banchet, sur la commune de Bourg-Argental (Loire), les trois prisonniers furent sommés de descendre et abattus sur le champ. Un cycliste de passage entendit les rafales de mitraillettes et se hâta de prévenir la Mairie de Saint-Julien-Molin-Molette (Loire) ; les corps furent emmenés à la morgue de l’Hôpital de Bourg-Argental.
La population du bourg assista très nombreuse aux funérailles religieuses des trois résistants. Francis Baulier, dont l’identité restait inconnue, fut légalement identifié par une décision du Tribunal civil de Saint-Étienne le 13 février 1946. Les deux autres victimes étaient Joseph Gaitet et Marcel Millier. Le 2 juillet 1944, fut également abattu à Pélussin (Loire), Joseph Mathon un autre résistant.
Francis Baulier, « Mort pour la France », est titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. Son nom figure sur la plaque commémorative du Lycée Hoche à Versailles, sur le Monument aux Morts d’Echarcon (Essonne) et sur le Livre d’Or des élèves et anciens élèves de l’École Nationale Supérieure des Mines à Saint-Étienne. Une stèle au col du Banchet rappelle le sacrifice des trois résistants tués le 2 juillet 1944. Une rue de Saint-Étienne, où se trouvait le siège de la Maison des élèves de L’École des Mines en 1944, aujourd’hui la Maison de l’Université, porte le nom de Francis Baulier.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. de la Loire. — État civil de Bourg-Argental. — René Gentgen , Résistance Loire, Ed. Esperluette, 1993. — Pascal Chambon, Les résistances dans le département de la Loire, 1940-1944, Ed : De Borée Témoignage, 2016. — Site Mémoire des Hommes.

Michelle Destour

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