Né le 5 décembre 1901 à Saint-Julien-de-l’Escap, exécuté sommairement le 27 juillet 1944 à Saint-Simon-de-Bordes (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; ouvrier puis cultivateur ; résistant FTPF.

Stèle commémorative à la ferme des Mesnards.
Stèle commémorative à la ferme des Mesnards.
Mémorial GenWeb
Fils de Louis Boileau, alors âgé de 60 ans, cultivateur, et de son épouse Marie Guillotin, âgée de 40 ans, Noël Boileau était le cadet d’une fratrie de neuf enfants.
En 1921, il effectua son service militaire en Allemagne au 106e régiment d’infanterie. Aline Boizumeau (AERI, CD-Rom, La Résistance en Charente-Maritime, biographie de Noël Boileau, Agnès Boizumeau, 2010) écrit à ce propos : « Révolté par la guerre où deux de ses frères se sont fait tués en 1915, il n’approuve pas la situation faite au peuple allemand dans l’entre-deux guerres, disant qu’on n’humilie pas un peuple de la sorte car cela ne peut que pousser à une revanche. Deux faits se sont passés au cours de ce service militaire, qui le caractérisent : refus de l’injustice et respect avant tout de la vie. Il doit se battre pour défendre un jeune soldat sans défense, victime de brimades venant d’autres soldats, puis, désigné pour faire partie d’un peloton d’exécution, n’ayant pu refuser, il tire à côté. »
Son service militaire terminé, à l’instigation de ses sœurs vivant à Paris, il vint travailler en usine dans la région parisienne, à La Courneuve puis à Billancourt chez Renault. Le 21 février 1926 à Paris (XVIIIe arr.), il épousa Aline Marie Gendarme dont il eut Madeleine née le 10 mars 1929 à Paris et Armand né le 24 janvier 1932 à Saint-Jean-d’Angély. Licencié pour fait de grève, il revint en Charente-Maritime en 1932, et il s’établit comme fermier à la ferme des Mesnards (propriété de Jeanne Bordes), sur la commune du Douhet.
En 1939, il fut mobilisé dans le 181ème régiment, premier bataillon, en tant que 2ème classe, d’abord à Saintes, puis à l’île de Ré et La Rochelle. « Ayant appris par la radio qu’une certaine résistance s’organise au sud de Nantes, il décide de repartir, mais au bout de 2 km en arrivant à la vieille verrerie, il voit que les Allemands sont déjà à Saintes. » (Agnès Boizumeau, op. cit.). Il fut démobilisé le 16 juillet 1940 et affecté, le 10 mai 194l, à la Réserve de l’Armée Territoriale.
De retour à la ferme des Mesnards, engagé dans la Résistance, Noël Boileau, avec la complicité de sa femme et de ses enfants, hébergea des résistants, notamment, en 1942, Roger Magneau, un responsable communiste recherché par la Gestapo. Mais au printemps 1944, le danger d’une arrestation se précisa. En avril, les Allemands, à la recherche de Roger Magneau, perquisitionnèrent les Mesnards. A la mi-juillet, un gestapiste français – Sinniger – se prétendant inspecteur du maquis, vint à la ferme et infiltra le groupe de résistants du Douhet.
« Noël Boileau est alors rapidement convaincu que Sinniger est un traître. Ainsi, le piège tendu par les collaborationnistes est déjoué et la situation inversée. Le 18 juillet 1944, ce sont les résistants qui tombent sur quatre gestapistes, Sinniger, Lepage, Durivault et Giraud, membres soit de la LVF, soit du PPF, au pont de la Tonne. Arrêtés, ils sont conduits pour être interrogés à Château-Gaillard. Deux d’entre eux sont fusillés par les résistants (Sinniger et Lepage), les deux autres sont graciés "[...] en raison de leur situation de famille [...]" (Ils sont pères de cinq et de sept enfants).
Une liste de 22 suspects du Douhet, Fontcouverte, Ecoyeux, Saintes et Vénérand est trouvée sur Sinniger. L’opération de capture terminée, Noël Boileau rentre chez lui ne pensant qu’à prendre des dispositions pour prévenir ces 22 personnes et tranquilliser sa femme. Et, le 20 juillet, il part se cacher dans le bois des Hillairets, dans la commune de Saint-Simon-de-Bordes. » (Agnès Boizumeau, op. cit.) avec Joseph Fortin et Pierre Prat.
Les Allemands revinrent à la ferme des Mesnards, accompagnés de Michel Quéré et Hamel, gestapistes français. Aline Boileau fut arrêtée, interrogée pour savoir où s’était réfugié son mari, ce qu’elle ignorait. Elle fut relâchée après la mort de Noël Boileau.
Dans le bois des Hillairets s’était établi un maquis FTP, en fait des petits groupes très mobiles. Le 27 juillet, deux maquisards furent capturés. Renseignés, les Alelmands, une cinquantaine de SS et de policiers purent attaquer le maquis.
« Au cours du combat, Noël Boileau se trouve face à face avec un officier SS, réalisant sans doute qu’il est perdu, il se jette sur lui et tente de l’étrangler. L’officier appelle à l’aide, Noël Boileau, après une furieuse lutte, est pris ; reconnu, il est sauvagement battu à coups de gourdin pour le faire parler, en vain. Ses compagnons sont pris dans des conditions différentes. René Suberbielle, de Bordeaux, et Marcel Danger, de Jonzac, tombent à la première salve. Léon Renaud, de Luçon, et Robert Bordier, de Chartres, ont été pris la veille en rentrant de mission et torturés pendant la nuit. Amenés aux Hillairets, ils sont fusillés avec Noël Boileau. Tous sont retrouvés affreusement mutilés. Noël Boileau a les yeux arrachés, un bras cassé, le crâne éclaté, enfoncé dans la terre à coups de crosse. Pierre Prat, en mission ce jour-là, essuie un tir d’arme automatique, mais n’est que superficiellement atteint au bras. Joseph Fortin se sauve en remontant le bois et se cache toute la journée dans un fourré. » (Agnès Boizumeau, op. cit.)
Noël Boileau fut inhumé au cimetière communal de Migré (Charente-Maritime). Son nom est inscrit sur la plaque commémorative accrochée à l’entrée de la ferme des Mesnards le long de la voie Chez Lanté : "Noël BOILEAU fusillé le 27.07.1944 au maquis des Hillairets, fit des Mesnards un lieu de résistance au nazisme pour que vive la France et renaisse la liberté."
Voir Saint-Simon-de-Bordes (27 juillet 1944)
Sources

SOURCE : AERI, CD-Rom, La Résistance en Charente-Maritime, biographie de Noël Boileau, Agnès Boizumeau, 2010. — Mémorial GenWeb

Dominique Tantin

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