Né le 20 janvier 1924 à Paris (XIVe arr.), exécuté le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin arrondissement d’Orléans (Loiret) ; étudiant ; résistant des Forces Françaises combattantes (F.F.C.).

Fils de Jean Auguste Lebon, ingénieur au Paris Lyon Méditerranée, et de Élisabeth Gourinchas, sans profession, Michel Lebon demeurait avec ses parents à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine). Il poursuivit des études au lycée Buffon à Paris, puis au lycée Chaptal (VIIIe arr.). Il rejoignit les Forces Françaises Combattantes (F.F.C.) d’obédience gaulliste, et volontaire du corps franc Liberté. Des formations furent dispensées à des dizaines de jeunes : formation et entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de la Ferté-Saint-Aubin pour accueillir des étudiants susceptibles de rejoindre les maquis en Corrèze.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La Lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ». Michel Lebon, responsable du lycée Chaptal rejoignit la ferme du By dans le Loiret. D’autres étudiants de Jeanson de Sailly, Henri IV, Saint-Louis, Michelet à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine)… firent de même parfois vers d’autres refuges.
Le vendredi 9 juin au matin, madame Beaumarie de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation à Paris de Philippe Wacrenier, chef du corps franc Liberté au sein du réseau Vélite-Thermopyles confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize étudiants dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By. Emmené à l’écart de la ferme, ils furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent jugé le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, a été fusillé.
Michel Lebon a été inhumé au cimetière de Montrouge, 66e division. Décoré de la Croix de Guerre à titre posthume, Michel Lebon a été homologué au titre des F.F.C., et interné résistant. Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin, et sur la plaque commémorative du lycée Buffon.
Sa soeur témoigna auprès desélèves du collège Jean-Moulin de Chaville (Hauts-de-Seine) dans le cadre du concours national de la Résistance en 2013, un DVD a été réalisé « Communiquer pour résister ».
Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944
Sources

SOURCES : SHD VIncennes, Bureau Résistance GR 16 P 347022. – Claude Dewaele, « La vie de Camille Georget », 2004. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. – Georges Joumas, [La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne], Corsaire Éditions, 2014 . — Site internet MemorialGenWeb. — État civil.

Daniel Grason

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