Né le 7 juillet 1924 à Paris (XVe arr.), exécuté le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin arrondissement d’Orléans (Loiret) ; étudiant ; résistant des Forces Françaises Combattantes (F.F.C.).

Fils de Eugène Tardy, commis au Gaz, et de Élise Ravy, sans profession, Pierre Tardy demeurait avec ses parents 5 rue Léon Delagrange à Paris XVe. Il poursuivit des études au lycée Buffon dans le XVe arrondissement (bachelier ès sciences, langues anglais, espagnol) puis au lycée Janson-de-Sailly en prépa Saint-Cyr.
Il rejoignit les Forces Françaises Combattantes (F.F.C.) d’obédience gaulliste. Des formations furent dispensées à des dizaines de jeunes : formation et entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de la Ferté-Saint-Aubin pour accueillir des étudiants susceptibles de rejoindre les maquis en Corrèze.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ». Pierre Tardy rejoignit la ferme du By dans le Loiret. D’autres étudiants de Jeanson de Sailly, Henri IV, Saint-Louis, Buffon, Michelet à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine)… firent de même parfois vers d’autres refuges.
Le vendredi 9 juin au matin, madame Beaumarié de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation à Paris de Philippe Wacrenier, chef du corps franc Liberté au sein du réseau Vélites-Thermopyles confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize étudiants dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By. Emmené à l’écart de la ferme, ils furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent jugé le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, il a été fusillé le 28 novembre 1946.
Pierre Tardy a été reconnu Mort pour la France et homologué interné résistant IR au titre des F.F.C. réseau Thermopyles, matricule RX 3029 en 1981 ; agent P1 engagement le 1er mars 1941 chef de groupe, agent P2 engagement 1er mai 1944 et sous-lieutenant FFI avec prise de rang le 1er juin 1944 par décret du 25 octobre 1947 (JO du 1er novembre 1947). Il a été de la Croix de guerre à titre posthume.
Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin, et sur la plaque commémorative du lycée Buffon.
Le bilan de la journée tragique du 10 juin 1944 est de 41 fusillés et 17 déportés décédés.
Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944
Sources

SOURCES : SHD Vincennes, Bureau Résistance GR 16 P 562265. – Claude Dewaele, « La vie de Camille Georget », 2004. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. – Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne, Corsaire Éditions, 2014 . — Site internet MémorialGenWeb. — État civil. — Notes de Geneviève Launay.

Daniel Grason

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