Né le 20 juin 1922 à Bertry (Nord), exécuté sommairement le 9 juin 1944 au lieu-dit Combeauvert, commune de Janaillat (Creuse) ; ouvrier tisseur ; résistant FTPF.

stèle Marcel Clément
stèle Marcel Clément
Il était le fils d’André Clément couvreur et de Flore Prévost ménagère domiciliés à Bertry, rue du Clos. Il passa toute son enfance à Bertry, scolarisé à l’école primaire du village où il obtint en 1934 le certificat d’études primaires. Il poursuivit sa scolarité pendant deux années de cours complémentaires à l’école Chanzy de Caudry (Nord). A 14 ans il entra dans le monde du travail devenant ouvrier tisseur, dans l’une des nombreuses entreprises du textile, industrie encore en pleine prospérité dans cette région du Nord. Membre de l’Harmonie municipale où il jouait de la trompette, il était également passionné de sport, membre de l’Union sportive Bertrésienne, pratiquant le football et le basket-ball. Il suivit une formation dans le domaine du sport, obtenant en août 1938 le Brevet sportif populaire puis en octobre 1941 le nouveau Brevet sportif national.
Menacé par la réquisition pour le travail forcé en Allemagne, Marcel Clément choisit fin 1942 d’entrer dans une semi clandestinité puis fin 1943 de rejoindre des amis déjà refugiés dans le département de la Creuse. Il arriva en janvier 1944 à La Souterraine (Creuse), une zone de développement des maquis FTP, développement lié à la forte influence dans ce secteur, du parti communiste, y compris en zone rurale. Il s’y engagea dans la résistance locale.Le 8 juin 1944 les responsables FTP décidèrent de libérer et d’occuper la ville de la Souterraine. Il y existait un poste fortifié allemand, le poste de Lafut (centre d’amplification des lignes téléphoniques souterraines à grande distance) tenu par une garnison. Le premier assaut auquel participa vraisemblablement Marcel Clément, dès 7 heures du matin échoua devant la forte résistance allemande. Des renforts furent alors demandés, venant de Guéret : un escadron de l’école de la Garde passée à la Résistance et la 2102èmè compagnie FTPF. Les renforts arrivés, l’assaut reprit mais la garnison allemande dont les communications n’avaient pu être coupées reçut à son tour des renforts qui parvinrent rapidement à la dégager. Devant l’attaque allemande, les résistants durent se replier en combattant. Au pont de la gare, deux résistants de la 2102ème compagnie FTP, Jean Baptiste Allamargot et Henri Jauberty furent tués au combat en couvrant le repli de leur groupe. L’historien du maquis Marc Parrotin (op. cit.) rapporte : « La nuit tombe. Les Allemands se replient. Les FTP de Bourganeuf (2102ème compagnie) repartent sur Guéret que l’ennemi essaie de reprendre. Deux maquisards de La Souterraine, Marcel Clément et Roger Champion s’en vont avec eux. Ils remplacent Henri Jauberty et Jean Baptiste Allamargot ».
Le 9 juin 1944, une opération allemande massive fut organisée pour reprendre Guéret libérée le 7 juin, avec l’assaut en provenance de Montluçon de troupes de la Wehrmacht appuyée par l’aviation. Au sud des éléments blindés et motorisés de la division Das Reich furent chargées de contrôler les routes et d’empêcher le repli des résistants. Au vu de la disproportion des forces, les chefs de la Résistance ordonnèrent le repli et la dispersion de leurs forces. Un retard des forces de la division Das Reich, permit à la majorité des groupes de résistants d’échapper à la prise en tenaille. Mais en tout début d’après-midi, vers 14 h 30, sur la route de Guéret, au lieu-dit Combeauvert (à la limite des communes de Thauron et de Janaillat, Creuse), l’unité SS de la division Das Reich qui remontait vers le nord pour boucler l’encerclement de Guéret, se trouva face à plusieurs camions de résistants. Le premier, conduit par deux FFI du Cher, transportait les militaires allemands faits prisonniers le 7 juin à Guéret. Il était suivi d’un véhicule armé transportant des FTP (2103ème compagnie) se repliant vers leur base de Royères et dans lequel se trouvait Marcel Clément. Après un bref mais violent combat qui dura une vingtaine de minutes et qui fit plusieurs morts, les blessés et prisonniers dont Marcel Clément furent rassemblés au carrefour de Combeauvert contre un talus et exécutés sommairement. Inhumé à Janaillat, son corps fut transféré après identification par son père, le 4 août 1949 à Bertry où il repose désormais.
Il obtint la mention Mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts de sa commune natale, Bertry (Nord). Il figure aussi sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret. Le stade de son village natal Bertry porte désormais son nom et une stèle à sa mémoire y a été dressée.
Sources

SOURCES : Notes, renseignements et photographies M. Dominique Foulon-Lenglet — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémorial genweb — Mémoire des Hommes — État civil, mairie de Janaillat .

Michel Thébault

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