Né le 6 juin 1925 à Sainte-Ruffine (Moselle), exécuté sommairement le 7 septembre 1943 au Bois du Thouraud, commune de Maisonnisses (Creuse) ; employé d’un cabinet dentaire ; résistant « Ceux de Libération – Vengeance ».

Il était le fils de Paul François Janvier et de Marie Louise Nicolas. Ses parents, réfugiés mosellans, étaient domiciliés en 1944 à Guéret, 14, avenue du Docteur de Lavillatte. Célibataire, Roger Janvier demeurait chez ses parents. Il était ainsi que John Allan Colomb employé chez un dentiste de Guéret, M. Parot.
Au printemps 1943, les réquisitions pour le STO amenèrent un certain nombre de jeunes creusois à tenter d’y échapper. Des tensions se produisirent à Guéret entre groupes de jeunes hostiles à la politique de Vichy et jeunes collaborationnistes. Un compte rendu d’enquête de la Police judiciaire de Limoges du 12 janvier 1946 figurant dans un dossier d’épuration (Christophe Moreigne op. cit.) indique que « des jeunes miliciens ou membres du PPF ont établi au début de l’été 43 une « liste noire » transmise à la Kommandantur ». Des témoignages recueillis postérieurement mentionnent également des menaces verbales et physiques contre plusieurs jeunes, John Colomb et Roger Janvier en particulier. Le hasard des circonstances conduisit un jeune réfractaire Marcel Guisard et à sa suite d’autres jeunes guérétois menacés à prendre contact avec un dentiste de Guéret Mr. Georges Lévêque (exerçant également à Sardent en Creuse) appartenant au mouvement de résistance « Ceux de Libération - Vengeance ». Il était en relation avec la direction parisienne du mouvement, en particulier Yves Chabrol, un des fondateurs, pharmacien à Paris, mais né à Ahun (Creuse) et qui lui-même avait conservé des liens personnels et familiaux à Guéret et dans le secteur de Sardent. Ce mouvement dont l’objectif premier n’était pas la lutte armée décida de favoriser la constitution d’un maquis sur les communes de Sardent et Maisonnissses pour assurer un refuge aux jeunes réfractaires. A l’été 1943, ce maquis regroupa entre 15 et 20 jeunes résistants. Roger Janvier réfractaire au STO, s’engagea à l’été 1943 dans le maquis en voie de formation au bois du Thouraud sur la commune de Maisonnisses.
Le maquis fut rapidement repéré pas les services de renseignements allemands qui organisèrent le 7 septembre 1943 une opération de répression. L’abri où se trouvaient les jeunes maquisards fut encerclé, ceux qui tentèrent de fuir et parmi eux Roger Janvier furent abattus, un lancer de grenade contraignit les autres à se rendre. Les morts et les blessés (achevés par les troupes allemandes) furent regroupés dans l’abri, que les militaires allemands détruisirent à l’explosif.
Ses obsèques eurent lieu à 15 heures le 9 septembre 1943 à Guéret, surveillées de près par les forces de police qui précisèrent dans leur rapport « qu’aucun incident ne s’est produit ». En effet la mort brutale de trois jeunes guérétois et la déportation d’un quatrième, Marcel Guisard, provoquèrent à Guéret une forte émotion et indignation.
Roger Janvier fut déclaré Mort pour la France. Son nom figure sur le monument aux morts de Guéret (Creuse), sur le monument commémoratif de Maisonnisses (Creuse) et sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret (Creuse).
Sources

SOURCES : Dossier AVCC SHD Caen — Christophe Moreigne Le massacre du bois du Thouraud ARSVHRC bulletin n° 42 mars 2009, disponible sur le site Creuse Résistance — Marc Parrotin Le temps du maquis Ed. Verso 1984 et mémorial de la résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Journal La Montagne 7 septembre 2015 — mémorial genweb — Photographies du site aujourd’hui et des monuments.

Michel Thébault

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