Né le 3 juin 1900 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane ; pâtissier ; victime civile.

Maurice Compain
Maurice Compain
crédit : Isabel Val Viga
Patisserie - Café Compain, Oradour-sur-Glane
Patisserie - Café Compain, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Patisserie - Café Compain, Oradour-sur-Glane
Patisserie - Café Compain, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Compain - Buisson, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Compain - Buisson, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Maurice Compain était le fils de Léonard (né le 5 avril 1855 et décédé le 24 mars 1913, à Oradour-sur-Glane), sabotier, et de son épouse Marie née Bureau (née le 11 juillet 1862 et décédée le 20 mars 1940, à Oradour-sur-Glane). Ses parents s’étaient mariés le 26 avril 1879 à Oradour-sur-Glane.
Il était le cadet d’une fratrie de cinq enfants, Martial (né le 1er novembre 1880) époux de Marie Grand, Martial (né le 6 juillet 1885 et décédé le 5 février 1917, naufrage en mer) mort pour la France 14-18, époux de Marguerite Maçon, Jeanne (née le 29 septembre 1889) épouse de Robert Nefroot, Émilie Marie (née le 28 avril 1893), tous nés à Oradour-sur-Glane.
Le 18 avril 1925 à Dournazac (Haute-Vienne), il épousa Marie Buisson* (née le 22 octobre 1904, à La Chapelle-Montbrandeix, Haute-Vienne). De cette union naquit une fille Louise (née le 9 mars 1921, à Dournazac), reconnu par mariage.
Maurice Compain était domicilié avec sa famille au Bourg d’Oradour-sur-Glane, où il tenait une pâtisserie avec son épouse. Ils hébergeaient leur nièce de Paris Jeanne Denise Buisson*.
Il était le neveu de Marie Compain époux de Léonard Milord, parents de Léonard* époux de Mélanie Marguerite Gourinat* (parents de Victor Léon* époux de Mélanie Hélène Brun*, parents de Nicole* et Marie-Claude*).
Leur fille Louise, absente le 10 juin 1944, elle était à Limoges, passagère du tramway de 19h30. Elle échappera au massacre par miracle.
[« La clientèle du pâtissier Compain se recrutait surtout parmi les riches paroissiennes qui faisaient leur choix à la sortie de la messe avant de s’en aller accommoder le repas dominical. Les citadins venus de Limoges en fin de semaine ne manquaient gère de s’arrêter à la pâtisserie, qui faisait également office de café. (…) Toute la semaine, Maurice Compain, dans sa rosengard aux casiers à gâteaux remplis à ras bord, écumait la clientèle des hameaux voisins, les foires à Javerdat, les marchés de la région. »
« 19h30. C’est l’heure habituelle d’arrivée du tramway régulier qui relie Limoges et Oradour. La machine s’approche du village, bondée de voyageurs qui rentrent de leur travail ou de leurs courses au chef-lieu. A l’embranchement de la route de Saint-Victurnien, l’engin est stoppé par des SS qui ordonnent aux voyageurs de rester en place dans le wagon. Parmi ces voyageurs – ils sont une vingtaine – plusieurs Radounauds, Madame Montazeaud, postière à la retraire accompagnée de sa fille, mademoiselle Compain, la fille du pâtissier, Camille Senon, étudiante à Limoges, Eugène Leblanc, le fils du filateur, la femme et le fils du tailleur d’habits Jean Bichaud, l’épicier Émile Redon. (…) Encadrés étroitement, les voyageurs qui ont dû quitter le tramway, sont rassemblés en convoi. (…) Les otages sont tous emmenés, doivent traverser le village des Brégères en flammes, franchir la Glane par le gué d’un arbre tombé dans la rivière. Les pauvres gens sont terrorisés, les hommes et les femmes sont séparés, leurs identités sont vérifiées. (…) Deux heures s’écoulent. Une terrifiante attente. Puis un officier arrive, apostrophe vivement les gardiens du groupe. Un soldat crie aux otages : ’’Partez ! Vous avez de la chance ! Là-bas, les autres, tous Kaputt ! ’’ Libérés, les otages s’éloignent vers les Bordes, la peur au ventre d’être abattus dans le dos d’un instant à l’autre. »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé avec une partie de sa famille dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés. Son épouse, sa nièce et une partie de sa famille furent brûlées dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane.
Maurice Compain obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Sa fille Louise témoignera au procès de Bordeaux en 1953. Le 26 juillet 1946 à Cieux, elle épousa René Gauthier. Elle tiendra une pâtisserie dans le village provisoire avec son oncle François Buisson et dans le nouveau village avec son époux.
Elle décède le 21 décembre 2002 à Saint-Junien.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — Mémorial GenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements. — Marielle Larriaga, Oradour-sur-Glane,10 juin 1944, éditions des traboules (p12, p105-106).

Dominique Tantin, Isabel Val Viga

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