Née le 31 mai 1921 à Saint-Sulpice-Laurière (Haute-Vienne), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; institutrice remplaçante ; victime civile.

Odette Couty
Odette Couty
Crédit : MémorialGenWeb.
Ecole des filles, Oradour-sur-Glane
Ecole des filles, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Ecole des filles, Oradour-sur-Glane
Ecole des filles, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Ecole des filles, Oradour-sur-Glane
Ecole des filles, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Couty - Germain, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Couty - Germain, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Odette Couty était la fille de Gaston, Léonard Couty (né le 24 septembre 1896, à Saint-Sulpice-Laurière), mécanicien à la compagnie des chemins de fer d’Orléans, et de Marie-Louise née Germain (née le 18 octobre 1895, à La Jonchère-Saint-Maurice). Ses parents s’étaient mariés le 11 septembre 1920 à La Jonchère-Saint-Maurice.
Jeune institutrice, célibataire, effectuant des remplacements, elle était domiciliée chez ses parents, 46 rue du Grand Treuil à Limoges (Haute-Vienne).
« C’est donc près d’une gare, dans ce milieu cheminot, qu’Odette était née et , plus tard, lorsque Gaston Couty fut muté au dépôt des machines de Limoges, c’est aussi dans ce quartier cheminot de Limoges que Marie-Louise et lui même firent bâtir une coquette maison au numéro 46 de la rue du Grand Treuil. »
« Odette a grandi, aussi, dans cette atmosphère, fréquentant avec ses cousins et cousines, l’école primaire du quartier, puis l’École Primaire Supérieure, comme la plupart des futurs instituteurs publics de la troisième république. »
« Odette, courageuse, fiancée à un instituteur de Limoges depuis quelques mois, veut gagner sa vie. Elle aspire à se marier dès la fin de la guerre, c’est décidé. Elle admire cette vie à deux d’enseignants, dans une petite école de campagne, avec la cour, le jardin, des enfants. »

Elle fera un remplacement en 1943, au Couret. « La classe du Couret étant supprimée, elle sollicite un autre remplacement. Madame Binet*, directrice d’école, attend un heureux événement, elle demande un congé de maternité. Odette s’installe à Oradour-sur-Glane à la rentée de Pâques 1944. »
« L’école des filles était située au centre du Bourg. On y accédait en franchissant un grand portail aux tiges de fer épointées comme des lames, qui s’ouvrait sur une aire ombragée de deux arbres. (…)
Le remplacement dont elle était chargée devait se terminer le vendredi 9 juin 1944, mais l’inspecteur d’académie, lui a demandé de rester une partie de la journée car une visite médicale était prévue.
Elle fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et brûlée dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane.
« Tous les enfants des écoles, durent sous la contrainte en compagnie de leurs institutrices et instituteurs se rassembler sur la place du village. Les deux hommes furent séparés du reste du groupe qui fut conduit toujours en compagnie des institutrices dans l’église du village où ils furent enfermés vers 15h, avec toutes les femmes et les enfants du village. Seul un jeune élève de la classe lorraine Roger Godfrin, réussit à s’enfuir. »
Odette Couty obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane. Également inscrit avec celui de ses six collègues victimes du nazisme sur la plaque commémorative apposée dans la cour de l’ancienne école normale de Limoges (aujourd’hui centre de formation des maîtres ESPE). L’école du Treuil à Limoges, deviendra à partir de 2015 l’école Odette Couty.
Son père Gaston Couty, membre de Résistance-Fer depuis janvier 1943, fut arrêté par la SIPO-SD, le lendemain même du massacre d’Oradour, le 11 juin 1944 à son domicile. Il fut déporté le 28 juillet 1944 par un convoi partant de Compiègne vers Neuengamme, puis transféré vers le camp de prisonniers de Sandbostel (Stalag XB), où il est il décède le 15 avril 1945. Sa mère décède me 28 mai 1981 à Limoges.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — Mémorial GenWeb. — Liste établie en 1945 par le Syndicat national des instituteurs « Hommage à ceux qui sont tombés », disponible sur le site de l’ANPNOGD, association nationale des pupilles de la nation, orphelins de guerre et du devoir. — Bernard Pommaret, Mémorial des déportés de Haute-Vienne, 2016. Jacques Villegier, De l’honneur et des larmes , éditions de Beauvoir (p56-57, p59). — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès.

Dominique Tantin, Michel Thébault, Isabel Val Viga

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