Né le 3 juin 1937 à Veyrac (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; victime civile.

Edmond Couvidou
Edmond Couvidou
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Valade - Couvidou, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Valade - Couvidou, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Valade - Couvidou, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Valade - Couvidou, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Edmond Couvidou était le fils de Jean (né le 23 novembre 1911, à Vaulry), et de son épouse Germaine née Valade* (née le 6 octobre 1920, à Vaulry). Ses parents s’étaient mariés le 27 octobre 1934 à Veyrac.
Il était le troisième d’une fratrie de quatre enfants, Georgette Henriette* (née le 14 septembre 1934, à Veyrac), Yves (né le 20 février 1936, à Veyrac), Lucien (né le 6 juin 1941, à Oradour-sur-Glane).
Il était le cousin de Marcel Antoine Barrière*, réfractaire au STO, il était venu se réfugier chez ses cousins.
Son père, ses frères Yves et Lucien, ses grands-parents Jean Valade et son épouse Marie née Bois, son oncle Albert Valade échappèrent au massacre, habitant le Mas-du-Puy à Oradour-sur-Glane, hameau non raflé le 10 juin 1944.
« Edmond, de deux ans plus jeune que sa sœur, est brun. Sa peau est légèrement mate, du plus bel effet, avec deux yeux gris toujours rieurs. Lorsqu’il sourit, une fossette se forme au milieu de chacune de ses joues. Il est très mignon, un peu turbulent mais sans plus. Il est le préféré de son grand-père. Trapu, on le taquine parfois en disant qu’il est gros, mais cela ne fait pas plaisir à son arrière grand-mère. Avant de mourir, il y a six mois, elle a dit, comme en reproche à nos plaisanteries : ’’Il est gros, Edmond, mais il deviendra grand.’’ Il n’aime pas beaucoup l’école. Au début, il a souvent piqué une colère le matin avant de partir. Il s’intéresse au jardinage ; hier soir, il a semé deux sillons de haricots. Il a peur des avions. Lorsqu’ils passent à basse altitude, il rentre précipitamment à la maison en criant : ’’Maman, maman ! Un avion ! Un bombardier peut-être ? Un Boche peut-être ? ’’ En raison de son jeune âge, ses parents ne l’emmènent pas avec eux lorsqu’ils font un voyage, à Limoges par exemple. Il s’en plaint et dit : ’’Pour moi, Oradour, toujours Oradour.’’ »
« (…) Brusquement, nous entendons des détonations : le bruit vient de la direction d’Oradour. (…) Vers seize heures trente, je conduis mon troupeau paître au bord de la Glane. (…) A peine suis-je arrivé à la prairie qu’une forte explosion retentit, et la fusillade reprend, de plus en plus intense. On entend d’autres explosions, qui semblent êtres celles de grenades. (…) Les enfants ne sont pas rentrés de l’école. L’angoisse étreint la famille, et le village entier. Germaine* fait des allées et venues de plus en plus fréquentes jusqu’au bord de la route dans l’espoir de voir revenir quelqu’un, en vain. Elle a déjà manifesté le désir de se rendre à Oradour pour les ramener. Sa mère tente de la dissuader. (…) Lucienne Thomas*, son mari est prisonnier. Leur petit garçon, René* est à l’école (…). Elle se rend chez les voisins Vevaud, dont deux enfants sont concernés. ’’ Venez, Léonie, allons voir ce qui se passe.’’ Léonie*, la maman, est assise, l’air pensif, sur un banc devant sa maison. L’angoisse l’a rendue silencieuse. Elle se lève sans un mot, mais sans hésiter, et les deux femmes prennent à pied la direction d’Oradour. Germaine* les voit partir. Elle est allée encore une fois sur la route, avec son plus jeune enfant dans les bras. Elle remet le petit garçon à son mari, qui voudrait l’empêcher de partir. ’’Les autres y vont pour les leurs, moi, j’y vais pour les miens.’’ Elle revient à la maison prendre sa bicyclette. Son père essaie lui aussi de la retenir. (…) Personne ne les reverra. »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et brûlé dans l’église avec sa mère, sa sœur et l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane. Son cousin fut mitraillé puis brûlé dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés.
Edmond Couvidou obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son grand-père décède le 8 février 1971 à Oradour-sur-Glane, sa grand-mère le 6 janvier 2000 à Nieul, inhumés à Oradour-sur-Glane.
Son oncle, publieras deux ouvrages sur Oradour-sur-Glane, « La page de catéchisme, Oradour-sur-Glane, les villages sans enfants. » et « Oradour : La Renaissance », Éditions de la Veytizou. Il décède le 20 décembre 2019 à Oradour-sur-Glane.
Son père, épousera en secondes noces le 7 décembre 1946 à Saillat-sur-Vienne, Marie Renée Tarrain (née le 16 mars 1923, à Chaillac-sur-Vienne). Il décède le 27 novembre 1974 à Saillat-sur-Vienne.
Son frère Lucien décède le 7 juin 1966 à Limoges, son frère Yves le 14 juin 2012 à Brive-la-Gaillarde, inhumés à Oradour-sur-Glane.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — Mémorial GenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements. — Albert Valade, Oradour, 10 juin 1944, la page de catéchisme, éditions de la Veytizou sarl (p40-41, p69 à p72).

Dominique Tantin, Isabel Val Viga

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