Né le 27 février 1920 à Ennery (Moselle), exécuté sommairement par la Milice le 23 juillet 1944 à Aulon (Creuse) ; résistant 1ère CFL. AS.

Il était le fils de Nicolas et Joséphine Burger, domiciliés à Ennery (Moselle) à quelques kilomètres au nord de Metz.
Le 20 juin 1940, Ennery fut occupé par l’armée allemande. Débuta alors une tentative de germanisation de la Lorraine, Ennery prit le nom de Hochschloss. En novembre 1940 eut lieu une première expulsion, celle des familles ayant opté pour la France, dirigées vers la Haute-Vienne (Cieux, Saint-Léonard-de-Noblat). Un incident provoqua au printemps 1941 une nouvelle expulsion. Le 23 avril 1941 un groupe d’une quinzaine de jeunes du village dont Marcel Burger et son frère Albert partis s’amuser (jouer aux quilles) dans un village voisin Ay-sur-Moselle, rentrèrent en chantant la Marseillaise et quelques chants patriotiques (la Madelon…). Aussitôt dénoncés, ils furent dès le lendemain 24 avril, arrêtés par la SIPO-SD, conduits à la mairie et incarcérés à la prison de Metz. Les familles furent placés devant un ultimatum : récupérer leurs enfants à condition de quitter la Lorraine. Le 3 mai 1941 des autobus allemands chargèrent les familles (une vingtaine) rassemblées sur la place du village. Conduites à la gare de Metz, elles retrouvèrent après une longue attente les fils libérés de prison. Un voyage en train les conduisit à Lyon où toutes reçurent une carte d’expulsés de la Moselle. Le 10 mai 1941 le groupe composé de près de 80 personnes fut conduit à Guéret (Creuse) ; il leur avait été dit « Dans la Creuse, vous aurez des pommes de terre et vous ne manquerez de rien ». Les jours suivants les réfugiés d’Ennery rejoignirent la commune de Janaillat, répartis dans le village et les hameaux où les maisons libres avaient été préparées.
La famille Burger composée des deux parents et de leurs sept enfants René, Emile, Albert, Clément, Georges, Georgette et Marcel fut installée au bourg de Janaillat.
Au début du mois de juin 1944, avec la montée en puissance des maquis surtout à partir du 6 juin, le 1er bataillon CFL (Corps Francs de la Libération) se constitua dans le secteur de Janaillat (Creuse). La 1ère compagnie (1ère CFL) commandée par le lieutenant Robert Undriener s’installa au hameau de Cosnat, commune de Vidaillat, où elle cantonna du début juin à la mi-juillet 1944. Marcel Burger, sans doute déjà en partie caché car menacé par le STO auquel il s’était déclaré réfractaire, s’y engagea début juin 1944 avec quelques camarades mosellans du secteur, et en particulier Gilles Bouque, réfugié comme lui à Janaillat.
A la mi-juillet, des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, entra en Creuse pour organiser la répression contre les forces de la Résistance. L’une de ses unités opérant des opérations de ratissage dans le secteur de Bourganeuf (Creuse) eut un accrochage à La Pouge (Creuse) dans l’après-midi du 16 juillet avec des éléments de la 1ère CFL. Cette embuscade suivie d’un repli des maquisards permit à l’unité allemande de localiser en fin de journée, dans la commune de Vidaillat, et plus précisément au hameau de Cosnat, le lieu de repli et de repos de la 1ère compagnie franche du lieutenant Robert Undriener. Une opération de nuit fut aussitôt décidée par le commandement allemand. Surpris dans leur sommeil, les jeunes maquisards n’opposèrent qu’une faible résistance. La sentinelle immédiatement mise hors d’action et tuée, les troupes allemandes parvinrent à encercler une des granges. Quatre jeunes maquisards périrent dans l’incendie de la grange, cinq autres faits prisonniers furent fusillés sommairement. Marcel Burger parvint à s’enfuir.
Une semaine plus tard, alors qu’il tentait vraisemblablement après s’être caché quelques jours de regagner Janaillat et le domicile de ses parents, il fut arrêté dans la nuit du 22 au 23 juillet 1944, à Aulon (Creuse) par un barrage allemand, d’une unité de la brigade Jesser qui poursuivait ses opérations de contrôle et de ratissage. Considéré comme résistant il fut fusillé sommairement le 23 juillet à Aulon. Marc Parrotin, historien des maquis creusois (Le temps du maquis op. cit.), qui mena pour l’écriture de son livre une enquête de terrain et recueillit ainsi des témoignages indique : « En arrivant près d’Aulon, qu’il voulut contourner, il fut surpris par un poste allemand et livré aux Francs-Gardes de Darnand qui l’interrogèrent à Vieilleville à l’hôtel de Bouiller. Dans l’après-midi, ils le ramenèrent à Aulon pour le fusiller sur le chemin communal de La Valaudie, où son corps fut retrouvé couché dans le fossé ».
Marcel Burger obtint la mention Mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts d’Ennery sa commune natale (avec une erreur sur le lieu du décès : Aulan, Drôme). Son nom figure aussi sur le monument commémoratif de Combeauvert (commune de Janaillat) ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse). A sa mémoire, la commune d’Aulon donna après la guerre, à l’une de ses rues, le nom de rue du Petit Lorrain.
Sources

SOURCES : Histoire d’Ennery et les expulsions d’Ennery — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Creuse Résistance, dossier Jean Geneton une semaine en enfer : celle du 16 juillet 1944-> http://www.creuse-resistance.fr/uploads/PDF/DOSSIER%20GENETON%20ARSVHRC.pdf] — mémorial genweb — site Mémoire des Hommes.

Michel Thébault

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