Né le 22 août 1916 à Charmes (Vosges), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à Lissieu (Rhône) ; chauffeur ; membre de l’Armée secrète dans le Rhône.

Fernand Arbogast était le fils de Frédéric Arbogast, ébéniste, et de Thérèse Allemand. La famille Arbogast vécut en Lorraine et s’installa à Villeurbanne (Rhône), 79 route de Genas, vers 1921. Fernand Arbogast avait quatre frères aînés et une sœur. Son père décéda au début des années 1930. Le 3 juillet 1936, Fernand Arbogast fut condamné par le tribunal de Lyon (Rhône) à un mois de prison avec sursis pour « coups et blessures volontaires et port d’arme prohibée ». Le 19 décembre 1936, il se maria avec Antoinette Bellechovique à la Mulatière (Rhône). Ils eurent un enfant né vers 1939. L’année de son recensement militaire, Fernand Arbogast était terrassier, il résidait à Villeurbanne (Rhône). Considéré comme apte au service actif, il fut incorporé en octobre 1937 dans le 14e bataillon d’ouvriers d’artillerie à Leyment (Ain). Il fut nommé ouvrier de 1ère classe en octobre 1938. Il fut démobilisé le 25 juillet 1940.
En 1944, Fernand Arbogast exerçait la profession de chauffeur. Il demeurait à Lyon, 49 rue Saint-Antoine (IIIe arr.). D’après le témoignage de sa femme, il était membre de l’Armée secrète (AS).
Le 3 mai 1944, soupçonné d’activité terroriste, il fut arrêté par la police allemande « dans un débit de boissons sis rue Magenta à Lyon » d’après Antoinette Arbogast ou à Villeurbanne d’après sa fiche de prisonnier. Il fut incarcéré à la prison de Montluc (Lyon).
Le 10 juin 1944, Fernand Arbogast et dix-huit autres détenus furent extraits de Montluc. Ils furent conduits à Lissieu (Rhône) dans une camionnette bâchée escortée par quatre voitures transportant des militaires allemands. Vers 8 heures 40, le convoi se gara au bord de la route nationale 6, non loin du hameau du Bois Dieu. Les soldats bloquèrent la circulation sur la route à environ 150 mètres au nord et au sud de la camionnette et ils éloignèrent un témoin. Ils firent descendre les prisonniers du véhicule et les exécutèrent à coups de mitraillettes. Ils laissèrent les cadavres sur place. La camionnette et l’une des voitures repartirent dans la direction de Lyon tandis que les trois autres automobiles se dirigèrent vers Villefranche-sur-Saône (Rhône), laissant sur place les cadavres.
Les gendarmes et la police furent alertés le jour même. Ils découvrirent les dix-neuf corps à environ treize mètres de la chaussée. Ils étaient allongés perpendiculairement à la route nationale, les pieds dirigés vers la voie, faces contre terre. Les enquêteurs ne trouvèrent aucune pièce d’identité sur eux. Les cadavres furent transportés à l’institut médico-légal de Lyon.
Le corps de Fernand Arbogast fut décrit comme suit par les gendarmes : « Le cadavre N°12, mesure I mètre 65 environ [en réalité 1m77 d’après sa fiche matriculaire] et paraît âgé de 35 ans. Il est d’assez forte corpulence ; il a les cheveux châtains, porte une petite moustache châtain ; front légèrement proéminent ; le visage rond. Il est vêtu d’une veste bleue-marine ; d’un pantalon gris à petites rayures blanches ; chemise blanche rayée bleue et rouge. Il est chaussé de chaussettes en coton marron et de souliers bas jaunes. […] Il était porteur d’un mouchoir jaune avec encadrement formé par 4 rayures crème et d’un papier réclame, portant au crayon, l’inscription suivante " Fernand Arbogast " ». D’après le rapport du médecin légiste, son cadavre portait des blessures par balles aux bras, aux jambes et à la tête. La « plaie transfixiante crânio-encéphalique » fut de toute évidence la cause du décès. Fernand Arbogast fut identifié par sa femme le 17 juin 1944 et grâce à ses empreintes que la police avait relevées semble-t-il en 1943. Le procès-verbal de reconnaissance du corps fut établi le 15 septembre 1944.
Le nom de Fernand Arbogast est gravé sur la plaque commémorative située à Lissieu, en bordure de la route départementale 306 (anciennement route nationale 6).
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W901, 3460W4, 3335W22, 3335W9, 1RP3083, 6MP644, 6MP643, 6MP596. — Mémorial Genweb.

Jean-Sébastien Chorin

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