Né le 12 juillet 1924 à Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire), massacré le 10 juin 1944 à Lissieu (Rhône) ; tourneur outilleur.

François Viallard était le fils de Joseph Viallard et de Maria Garnier. En 1944, il était tourneur outilleur dans l’usine Bronzavia à Lyon (Rhône). Il demeurait 12 rue Henri Pensier (Lyon, VIIIe arr.) avec sa mère qui était veuve et veilleuse de nuit à Grange Blanche. Il était célibataire.
Soupçonné d’activité terroriste, François Viallard fut arrêté le 5 mai 1944 à Lyon par la Gestapo. Il fut vraisemblablement appréhendé avec Joseph Coupat (également arrêté le 5 mai) et peut-être avec Émile Giguet (les familles Coupat, Viallard et Giguet se connaissaient). François Viallard, Joseph Coupat et Émile Giguet furent incarcérés à la prison de Montluc (Lyon). François Viallard fut interné dans le Magasin.
Le 10 juin 1944, deux prisonniers du Magasin, François Viallard et Gilbert Crabbé, et dix-sept autres détenus (parmi lesquels Coupat et Giguet) furent extraits de Montluc. Ils furent conduits à Lissieu (Rhône) dans une camionnette bâchée escortée par quatre voitures transportant des militaires allemands. Vers 8 heures 40, le convoi se gara au bord de la route nationale 6, non loin du hameau du Bois Dieu. Les soldats bloquèrent la circulation sur la route à environ 150 mètres au nord et au sud de la camionnette et ils éloignèrent un témoin. Ils firent descendre les prisonniers du véhicule et les exécutèrent à coups de mitraillettes. Ils laissèrent les cadavres sur place. La camionnette et l’une des voitures repartirent dans la direction de Lyon tandis que les trois autres automobiles se dirigèrent vers Villefranche-sur-Saône (Rhône).
Les gendarmes et la police furent alertés le jour même. Ils découvrirent les dix-neuf corps à environ 13 mètres de la chaussée. Ils étaient allongés perpendiculairement à la route nationale, les pieds dirigés vers la voie, faces contre terre. Les enquêteurs ne trouvèrent aucune pièce d’identité sur eux. Les cadavres furent transportés à l’institut médico-légal de Lyon.
Le corps de François Viallard fut décrit comme suit par les gendarmes : « mesure I mètre 70 environ et paraît âgé de 25 ans. Il a les cheveux châtains clair ; front fuyant et découvert ; nez rectiligne ; yeux gris clair ; tout rasé. Il est de corpulence moyenne ; il a la canine supérieure gauche en retrait. Il est vêtu d’une veste bleue avec petites rayures blanches ; pantalon en drap bleu-marine, genre pantalon de marine, soutenu par un ceinturon militaire ; d’un tricot bleu-marine avec fermeture éclaire ; chemise bleue avec col adhérant ; chaussettes marron clair avec deux rayures rouges à la jambe ; chaussé de nu-pieds. Il était porteur d’un mouchoir blanc avec encadrement larges rayures mauve-clair. Dans la poche extérieure gauche de sa veste, il a été découvert une tranche de pain militaire de forme carrée ». D’après le rapport du médecin légiste, le corps de François Viallard avait été atteint de dix balles à la tête, au cou, au thorax, aux bras et aux jambes. Il fut identifié par son oncle, M. Bonfils, et le 8 juillet 1944, par sa mère.
Son nom est gravé sur trois plaques commémoratives : celle située à Lissieu, en bordure de la route départementale 306 (anciennement route nationale 6), sur la plaque « Morts pour la France 1939-1945 » dans la mairie de Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire) et sur la plaque commémorative de Bronzavia « à la mémoire des victimes de la barbarie nazie 1939-1945 », située 40 rue Maryse Bastié (Lyon, VIIIe arr.).
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W901, 3460W3, 3460W4, 3335W22, 3335W9. — Raymond Léculier, Alice Joly, A Montluc, prisonnier de la Gestapo, souvenirs de Raymond Léculier, 25 novembre 1943 – 25 août 1944, 2006. — Mémorial Genweb.

Jean-Sébastien Chorin

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